FALLAIT PAS !

 

Fallait pas jeter le linceul de la guerre sur ces contrées martyres ! Fallait pas la guerre ! Et maintenant l'image de cet enfant, de ce déjà corps d'enfant échoué sur la plage de Bodrum me déchire les yeux, me fermente de colère. Je suis en colère, je suis en rage contre les surpuissants de la terre. C'est vous ! C'est totalement vous qui avez fertilisé la géhenne par votre regard de spadassin et par vos armées envoyées.

 

Cet enfant que les vagues auront été dernières à bercer, il est un. Un parmi les milliers d'invisibles déchiquetés, brulés, rejetés. Il est un parmi les horribles fruits de la guerre. Votre guerre. Notre guerre.

 

Ces morts sont nos morts.

Ce malheur est notre malheur.

Cette inhumanité est notre inhumanité.

 

Ce sont nos bombes qui tuent. Ce sont nos obus qui perforent. C'est notre fric qui domine et écrase. C'est notre regard qui impose. Oui nous sommes pères de Daesh et autres barbares parce que nous les avons enfantés. Nos interventions humanitaires armées ont été bien fécondes, bien prolifiques. Nous, les intelligents, les modèles à suivre, les valeurs à prendre, avons été bien moyenâgeux ! Revenir à la guerre pour solution ! Sombres crétins ! Kant, Jaurès, Hessel sont piétinés sur les plages ensanglantées. Et maintenant cet enfant au souffle des vagues, cet enfant qu'il est si horrible d'admettre qu'il est mort... La mer, plus humaine que nous, tente de lui insuffler les dernières souplesses de son corps. Et elle nous le rend.

 

Nous avions été des millions à clamer qu'il ne fallait pas. Il ne fallait pas en Irak. Il ne fallait pas. Il l'on fait, et encore, et encore. Partout, notre monde s'embrase. Le couvercle de la boite de Pandore a été ouvert, pulvérisé. La guerre se propage, les éclaboussures de sang entrent dans nos trains, nos musées, nos journaux...

 

Nous allons « accueillir » 100 000, 200 000...  migrants et continuer la guerre, continuer à dominer, continuer à imposer. Nos valeurs sont si grandes. Nos valeurs sont si belles. Mais nos valeurs n'imaginent même pas comment refermer le couvercle de la boite de Pandore. Nos valeurs puent le fric et ne sont rien d'autre.

 

Pour que nos enfants ne s'ajoutent à cet enfant des flots bleus, il serait grand temps que nous regardions dans les yeux ces valeurs qui sont les nôtres.

 

Serge Grossvak

Deuil la Barre, le 03/09/2015

L'édito de notre Lettre de mars, consacrée à la liste "La Seine Saint-Denis autrement", candidate aux élections départementales du 22 mars.

 

Pour Bondy Autrement, la citoyenneté doit s’exercer tous les jours. Pourtant, comme en 2008, nous avons décidé de nous présenter aux élections départementales (nous avions fait 8,5%). En effet, l'alternance du PS, de l'UMP et du FN ne peut pas nous convenir. Il faut construire des mobilisations citoyennes, ne plus laisser les élus décider sans nous, contre nous. Aucun des partis ne prône cette orientation.

 

A Bondy, aux Lilas, à Bagnolet, au Pré-Saint-Gervais existent déjà des associations qui agissent pour une démocratie participative, pour que les citoyens décident toute l'année au lieu de se contenter de voter une fois tous les 6 ans.

 

Le département a des pouvoirs et des compétences : il peut favoriser la cantine dans les collèges, mieux entretenir ces établissements, cesser de favoriser les banques et les multinationales, et même organiser un budget participatif.

 

Le 22 mars, mobilisons-nous pour rendre le département à ses habitants.

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