Une affaire d'État, dans des tas d'affaires…

 

Les comptes de campagne de Balladur en 1995 seraient irréguliers ???

 

" Sans blague, meeerde !!! "   Pourrait-on répondre à la manière de Coluche, comme dans son formidable sketch du CRS arabe. La sous-évaluation des comptes de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur (plus de 13 millions de francs : deux millions d'euros) aurait pu donner lieu à de lourdes pénalités, selon des pièces saisies par la police et publiées par Médiapart.

 

 


Le rapport officiel sur les comptes de campagne d'Édouard Balladur, ainsi que les pièces comptables,  ont été placés sous scellés par la police en mai dernier, dans le cadre d’une enquête pénale. En effet, le financement de cette campagne serait lié à la vente de sous-marins au Pakistan, opération sur laquelle pèseraient maintenant, des soupçons de corruption.

Á l’époque, les rapporteurs du Conseil constitutionnel, sous la présidence du socialiste Roland Dumas, avaient proposé de rejeter les comptes de campagne d'É. Balladur, mais après une réunion à huis clos le 3 octobre 1995, cette "honorable" institution avait finalement pris la décision de modifier ces comptes, pour rester en dessous de la limite légale des 90 millions !…

 

Selon Maître Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi en mai 2002, "Tout remonte au refus de Jacques Chirac, en 1996, de verser les commissions liées à la vente de sous-marins, lorsqu'il apprend qu'il existe des rétro-commissions destinées à son rival Édouard Balladur ".

Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Chirac, le confirme :  " Ce qui est certain, c'est que peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétro-commissions. C'est ce qui a été effectué : chacun d'entre eux a fait l'objet d'une expertise particulière. "

 

C’est un signe supplémentaire de la dimension politique de cette affaire, assure Olivier Morice :  " La déclaration du ministre de la Défense de l'époque ne me surprend pas. Nous sommes bien en présence d'une affaire d'État. La volonté politique d'arrêter le versement de commissions était due à l'existence de rétro-commissions illicites. " 

 

"Grotesque", "ridicule", "respectons la douleur des victimes. Qui peut croire une fable pareille ?", avait répondu Nicolas Sarkozy, interrogé sur cette affaire de Karachi, lors de sa conférence de presse du 19 juin 2009 à Bruxelles. "On est dans un monde où la notion de secret d'État n'existe plus" avait-t-il ajouté, alors même que l'État et son président, chef constitutionnel des armées, s'employaient à élargir la notion juridique du "secret défense"…

 

Bref, "si c'était vrai, ça se saurait", pour Sarkozy... Et si ça se sait, c'est forcément faux !

 

 

 

Lionel de Cahors

P’tit Billet  / 46-10

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