Le PCF nous répond

Depuis des mois, nous demandons au maire PS un rendez-vous concernant les impôts : il avait promis que les impôts augmenteraient peu, c'est faux, il est normal de lui demander de faire le point. Surtout qu'il s'était engagé à rembourser la différence... Face à son silence gêné, il a été décidé avec les personnes concernées de s'adresser aux conseillers municipaux de la majorité municipale pour leur demander un rendez-vous.

Nous venons de recevoir la réponse du PCF. Elle vaut son pesant d'or. D'autres réponses nous sont parvenues, mais plus laconiques. Celle-là, nous la livrons in extenso.

Quelques remarques :

- le PCF nous insulte en nous qualifiant de "démagogiques" et "populistes", mais comment appeler des élus qui ne tiennent pas leurs engagements, mentent, et trahissent les classes populaires, et sont si peu courageux qu'ils refusent un rendez-vous à leurs concitoyens dont certains ont voté pour eux ? !

- prendre le prétexte que les déclarations du maire ont été faites au conseil municipal ou dans une publication comme le Bondynois pour ne pas s'estimer habilité à en parler est risible : c'est n'accorder aucun crédit aux déclarations du maire. Dont acte.

 - en prétendant que Bondy autrement ne remet pas en cause "la politique de casse du gouvernement", nous sommes confus : le PCF n'a-t-il pas refusé de voter un voeu pour défendre l'hôpital lors du dernier conseil municipal, le PCF n'a t-il pas été absent de la solidarité avec les hospitaliers de Jean Verdier, en lutte, le PCF n'a-t-il pas été absent à la réunion unitaire que nous avons convoquée pour obtenir  justement les subventions gouvernementales nécessaires à la ville de Bondy, le PCF n'a-t-il pas été absent de la manifestation pour le droit au logement ce dernier 13 mars 2010 ?

Décidément si le PCF n'a pas le sens de la défense des citoyens, il a beaucoup gagné en sens de l'humour.

Voici la lettre : 

Bondy, le 10 mars 2010

Bondy Autrement Monsieur Vincent Duguet Conseiller municipal

Monsieur le Conseiller Municipal,

Vous avez sollicité chaque élu de notre formation au sujet de l'augmentation des taux d'imposition votés il y a un an, au budget primitif 2009.

Voici la réponse du groupe des élus Communistes et Partenaire.

Votre courrier fait référence à des propos tenus par le Maire de Bondy ainsi qu'à des écrits parus dans le journal de la section socialiste locale.

Vous nous faites part également d'une demande de rendez-vous formulée auprès du Maire, suivie d'une fin de non-recevoir par le chef de cabinet.

Bien entendu, vous comprendrez que si le Groupe Communiste et Partenaire fait partie intégrante de la majorité municipale, il ne s'autorise en rien à parler au nom du Maire et encore moins au nom du journal « Le Bondynois » édité et diffusé par le parti socialiste.

Maintenant, sur la question des finances communales et des impôts locaux, nous avons une position publique que vous connaissez bien puisqu'elle a été exprimée lors du Conseil Municipal qui a acte le budget 2009 et rappelée dans le cadre du débat des orientations budgétaires 2010 cette année.

Nous regrettons d'ailleurs que la campagne menée par Bondy Autrement sur cette question, tout comme la lettre qui nous a été adressée, ne fasse nulle part allusion à la politique de casse nationale du gouvernement.

Cette politique vise à briser les résistances territoriales, à terme à supprimer les Communes et les Départements, à réduire le nombre des élus de proximité, à modifier le mode d'élection. Elle s'emploie à reformater notre région Ile-de-France en une vitrine financière compétitive au niveau international autour de la Société du Grand Paris dont les pouvoirs seraient recentralisés dans les mains du gouvernement.

Cette politique vise également, par la suppression de la Taxe Professionnelle, à offrir de nouveaux cadeaux fiscaux importants aux entreprises tout en coupant le lien existant entre l'activité économique et le territoire.

La suppression de cette ressource essentielle pour les Communes, qui à ce jour, n'est accompagnée d'aucune garantie de compensation pérenne par l'Etat, est une atteinte grave à l'autonomie des collectivités territoriales. Elle entrave considérablement la possibilité de mettre en application les engagements pris devant les habitants.

Ne pas poser ces préalables à toute analyse sur les décisions budgétaires relève de la pure démagogie ou de la seule volonté de nuire à l'équipe municipale sur des bases populistes.

L'équipe municipale a été amenée à prendre en 2009, des décisions budgétaires pour faire face à cette politique antisociale et anti-économique du gouvernement. Ces décisions ont été pesées, discutées pour tenir compte de la situation difficile des Bondynois que la crise enfonce dans la précarité et le chômage.

Une solution modérée a pu être trouvée notamment grâce à un relèvement des abattements qui permet une modulation des effets de la hausse des taux. Par ailleurs, nous avons pris l'engagement de ne plus procéder à de nouvelles hausses jusqu'à la fin du mandat en 2014. Nous pensons qu'il était difficile de mieux faire dans ce cadre imposé, sans devoir trancher dans les prestations sociales attendues par nos concitoyens.

Cela étant dit, nous ne saurions nous contenter de cette réponse pragmatique qui ne fait que gérer au mieux une situation de crise.

Notre groupe demande et agit avec l'Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) afin de nous opposer collectivement et sur tout le territoire à ces réformes régressives et liberticides.

Avec l'ANECR, nous proposons des vraies réformes progressistes qui mettent à contribution des actifs financiers des grandes sociétés et repensent l'impôt local en direction des entreprises, à partir de mesures incitatives pour l'emploi, en taxant fortement celles qui spéculent et en favorisant celles qui développent l'entreprise et l'emploi.

Nous avons à chaque fois qu'il nous a été possible de le faire, exprimé ces positions. Nous le ferons à nouveau au Conseil Municipal sur le vote du budget 2010.

Vous avez eu maintes fois la possibilité d'interpeller le Maire et la majorité sur les questions évoquées dans votre lettre, nous les connaissons donc parfaitement. De même, nos positions maintes fois présentées au Conseil et réaffirmées dans la présente, vous sont également parfaitement connues. Il ne nous semble donc pas opportun de donner suite à votre demande de rencontre, d'autant qu'elle s'appuie, comme nous l'avons noté au début de ce courrier, sur les différents que vous présentez au nom de votre groupe avec le Maire et le journal socialiste.

Nous ne doutons pas de Votre réactivité à reproduire notre position dans les meilleures conditions de loyauté démocratique en publiant, si telle était votre intention, l'intégralité de cette réponse.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Conseiller Municipal, à notre profonde détermination à combattre cette dérive droitière de la société et à gérer avec les pouvoirs qui sont les nôtres, au mieux des intérêts de notre population et de notre territoire.

Sylvie BADOUX

Présidente du groupe des élus communistes et Partenaire

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