Nous publions l'assignation au civil de Nadir Kitatni contre les trois élus de la majorité socialiste de Bondy qui l’ont accusé d’avoir proféré des menaces de mort lors du conseil municipal du 22 mars 2012. L'assignation vise également Sylvine Thomassin, maire de Bondy, présentée comme l’instigatrice de ces plaintes qui ont conduit Nadir à être privé de liberté pendant 53 heures.

Le Parisien du 29 mars 2012 rapporte que le cabinet de la maire avait déclaré "Nous ne pouvions pas prendre le risque qu'il perturbe le meeting » de Hollande à Bondy le 26/03/2012.

 

L’avocat de Nadir, Maître Slimane Gachi, a attendu que le traitement judiciaire des deux autres plaintes en diffamation (déposées par la maire de Bondy et sa directrice de cabinet Cécile Mexandeau) soit suffisamment avancé pour déposer cette assignation au civil.

 

Chronologie et éléments de contexte

De 2009 à 2010, Nadir Kitatni, a travaillé en tant qu’attaché territorial à la ville d’Evry

En 2009, le maire d’Evry Manuel Valls tient des propos qui feront polémique. Filmé par la chaîne Direct 8 on l’entend dire "tu me mets quelques white, quelques blancos".

 

Nadir dénonce sur son blog (« Evry 2014 », fermé depuis) ces mots qui laissent supposer que Manuel Valls estime qu’il y a trop de gens de couleur sur le marché d’Evry.

Depuis, Manuel Valls est l'un des followers du compte Twitter de Nadir, détail important pour la suite.

 

Nadir est élu conseiller municipal de la majorité lors des municipales de 2008.

En octobre 2011 Gilbert Roger, devenu sénateur et touché par le cumul de mandats, choisit de laisser son mandat de maire à "sa dauphine" Sylvine Thomassin.

Le jour de son intronisation, Nadir se présente contre elle et prononce ce discours qui gâchera un peu la fête. La nouvelle maire lui retire aussitôt sa délégation puis les Verts entament les démarches pour l'exclure de leur parti, exclusion qui sera prononcée quelques mois plus tard.

 

Sylvine Thomassin débute son mandat en voulant rajouter illégalement un 17ème adjoint au maire.

Les conseils municipaux sont houleux et celui du jeudi 22 mars 2012 ne déroge pas à la règle.

 

Le samedi 24, Nadir publie sur son blog Bondy démocratie « un appel aux jeunes à venir dénoncer les injustices de la ville de Bondy ».

 

Mais quatre jours plus tard, le lundi 26 mars 2012, trois conseillers municipaux, le mari de la maire et deux proches du conseil, portent plainte à quelques minutes d'intervalles contre Nadir pour "menaces de mort". Nadir est géolocalisé puis convoqué téléphoniquement, il se rend de lui-même au commissariat de Bobigny à 11h55. Après un interrogatoire de plus d’une heure il se retrouve placé en garde à vue à 13h05. Il restera privé de liberté pendant 53 heures.

 

Problème, personne ne se souvient que Nadir aurait fait une allusion à la tuerie de Nanterre tout en mimant une rafale de mitraillette pendant le conseil municipal. Bondy autrement publie le soir de son arrestation ce communiqué "Hollande à Bondy, Nadir Kitatni en garde à vue".

 

Nadir subit une analyse d’urine pour vérifier s’il est toxicomane puis un entretien avec un psychiatre. Ces deux expertises contredisent les déclarations de Mme Thomassin : « En mon for intérieur je suis persuadée que oui [M. Kitatni est consommateur de drogue]. En tant qu’ancienne sage-femme et habitué au corps médical, je pense déceler au travers de la gestuelle (toujours agitée) de Kitatni les effets liés à une probable consommation de produits stupéfiants » et « Je pense personnellement que son cas peut relever de la psychiatrie »

 

Pendant ce temps, son appartement est perquisitionné à la recherche d’armes et de stupéfiants. Négatif. Les policiers interrogent la sœur de Nadir afin de savoir s’il est lié à l’islamisme radical.

En effet, Sylvine Thomassin, Yannick Saint-Aubert et Charles Nabal affirment avoir entendu Nadir prononcer « Allah Akbar », la maire de Bondy précisant même qu’il s’agissait selon elle d’un « appel à la guerre sainte ».

 

Deux plaignants retirent leurs plaintes puis Charles Nabal la redépose. L’affaire est déjà si trouble que l’hebdomadaire Politis publie un article intitulé « A Bondy défense de critiquer le PS ».

 

Le 8 juin 2012, le TGI de Bobigny prononce la relaxe de Nadir Kitatni.

Lire l'interview de son avocat Me Gachi du 19 juin 2012.

 

Il faut pas moins de 16 pages à Maître Slimane Gachi pour pointer les très nombreuses incohérences, contradictions et affirmations sans preuves des trois plaignants et de la maire de Bondy.

16 pages très instructives que nous vous invitons à lire et à méditer.

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