Démocratie salariée

 A Bondy, lors des dernières élections municipales, 49,17% des électeurs inscrits se sont abstenus le 9 mars 2008. Et encore, oublie-t-on régulièrement de faire une estimation de tous les citoyens en âge de voter et qui, pour des raisons idéologiques, sociales ou religieuses, voir par simple négligence, ne se font pas inscrire sur les listes électorales.

 

Il y a plus de deux cent ans, d'Alembert, dans ses "Mélanges de littératures", portait sur la politique un jugement que d'aucun pourrait qualifier d'outrancier, puisqu'il déclarait qu'elle "est l'art de tromper les hommes". Il semblerait que la formule, remise au goût  du jour par les soixante-huitards avec "élections, piège à cons", fasse toujours un tabac. Pour ne pas être aussi catégorique ou tranché, il faut quand même s'interroger sur ce qui pourrait raviver l'intérêt du vote, car la persistance d'un abstentionnisme aussi massif laisse la voie totalement libre aux ennemis de la démocratie.

 

Démocratie qui n'a d'intérêt que par les garanties que le candidat à une élection peut apporter aux citoyens avant même le scrutin. Il faudrait, en premier lieu instaurer un droit de contrôle sur l'exécution du programme tel qu'il a été établi et présenté lors de la campagne électorale. En second lieu, établir une possibilité de sanction, par la remise en cause du mandat, pour un élu qui n'appliquerait pas son programme tel qu'il l'a présenté lors de sa campagne. Ces deux premiers éléments pourraient faire, de la part de tous les candidats, l'objet d'un engagement par écrit, diffusé dans la population par voie de presse et d'affichage. Soyons certains qu'une telle prise de position redonnerait une confiance totale aux abstentionnistes de tout bord.

 

Enfin, il existe actuellement une indemnité liée aux fonction de maire et d'adjoint au maire. Cette indemnité a bien sur une légitimité et même une utilité, puisqu'au départ, elle est prévue pour compenser une éventuelle perte de revenus. Elle a quand même l'inconvénient majeur de mettre adjoints à la merci du maire puisque, en cas de désaccord avec la politique municipale, les dits adjoints ne peuvent démissionner sans perdre cette indemnité. A Bondy, elle s'élève, depuis le conseil municipal du 27 mars 2008, à 2.839,61 euros par mois, soit un apport très appréciable dans un budget personnel ou familial. Et on peut comprendre la tentation, pour les adjoints au maire, d'être toujours officiellement d'accord avec leur patron...

 

J. A.i.h. (avril 2008)

Informations supplémentaires