Même si les élections ne sont pas l'alpha et l'oméga de la citoyenneté, et plus souvent un repoussoir, ce n'est pas une raison pour ne pas y réfléchir... Ci-dessous l'analyse des candidats de la liste "La Seine-Saint-Denis autrement"...

Pourquoi les candidats de Bondy autrement ont-ils participé à l'élection départementale ?

Lorsque nous avons pris la décision de participer à cette élection, nous étions partagés.

La décision prise l'a été sur les arguments suivants :

  • Besoin de présenter une alternative à la fausse opposition entre les politiques de droite PS et UMP

  • Besoin de faire apparaître notre orientation ailleurs qu'à Bondy, principalement Pavillons sous-bois.

  • Proposer une alternative citoyenne face aux partis politiques institutionnels qui dessaisissent les habitants de leur intervention politique.

  • Volonté d'une candidature unitaire de la gauche citoyenne et alternative.

Nous étions conscients que nous risquions de ne pas faire 5%, ce que nous avons manqué de 8 voix. En décidant notre candidature, nous étions certains que le PS serait battu par l'UMP-UDI, ce qui a été confirmé.

 

Comment comprendre nos résultats ?

La principale référence que nous pouvons avoir en tête est celle de Bondy autrement aux élections municipales de 2014 : 1255 voix au second tour et 10,7%, un bon résultat.

Si l'on regarde, y compris bureau par bureau, on constate que les résultats des élections départementales montrent que l'électorat de Bondy autrement s'est partagé entre notre candidature et celle du Front de Gauche (FdG : 706, BA : 624 aux départementales 2015 ; BA 1255 voix aux municipales 2014).

On peut expliquer cette perte vers le FdG par le discours original de celui-ci qui a enfin critiqué la politique du PS qu'il soutient tout le reste du temps à Bondy. Au deuxième tour le PC a d'ailleurs appelé à voter PS.

 

Comment interpréter le second tour ?

Le PS s'est réjoui d'avoir gagné à Bondy... tentant de dissimuler aux habitants qu'il avait perdu ses deux sièges de conseillers généraux.

Regardons les résultats du PS : il faisait 3849 voix au premier tour, il fait 5295 voix au second tour. Deux hypothèses peuvent être faites pour expliquer cette progression  :

  • le PS a su capter les voix du Front de Gauche, et même celles de Bondy Autrement. Ce n'est pas complètement impossible dans le contexte de « déculottée » électorale du PS face à une UMP vengeresse, avec la dramatisation du sursaut « anti-droite » que le PS a voulu susciter entre les deux tours.

  • la campagne téléphonique menée par l'équipe de campagne du PS, notamment Mme Thomassin, a fonctionné. Comme plusieurs d'entre nous l'ont su, elle a fait le point avec un certain nombre d'électeurs sur leurs proches qui avaient voté ou pas, pour les mobiliser. Cela pose un vrai problème quant à l'égalité des candidats devant le scrutin. Un point avec les autres candidats et/ou des juristes est sans doute souhaitable.

La crainte majeure du PS concerne la perspective de perdre les élections municipales de 2020. Et de ce point de vue, on peut dire effectivement que l'absence de liste FN favorise l'UMP-UDI (tout comme l'absence de liste PC favorise Bondy autrement). L'élection départementale ne marque pas de changement brusque à Bondy dans le rapport des forces PS/UMP, mais il faut rappeler que le PS (avec ses alliés Verts et PCF) n'avait que 650 voix d'avance sur l'UMP-UDI au second tour. La baisse de popularité de la maire Thomassin peut tout à fait être supérieure à 650 voix dans 5 ans, d'autant que la position plus officielle de l'UMP désormais qui a pris le siège de conseiller général peut pousser certains militants PS à changer de crèmerie...

 

Par Jean-Claude Guillebaud

Les deux soirs des départementales ont été studieux. Zappant d’une chaîne à l’autre, on a écouté de longues heures de débats, de conjectures, de sentences ; le tout dans une atmosphère de déroute. Au bout d’un moment, sauf le respect qu’on doit à la démocratie – même locale – on pensait à Raymond Queneau, l’auteur de « Zazie dans le métro ». C’est un peu la voix de Zazie qu’on entendait ces deux soirs-là, quand la même phrase revenait en boucle : « Çafaitmonterlefrontnational. » Cette drôlerie oulipienne nous aida à éviter le coup de cafard.

Car enfin, Ce n’est pas bien difficile à comprendre, ce qui, depuis longtemps, « faitmonterlefrontnational ». Dans une récente chronique de Libération du 23 mars, Thomas Picketty évoquait la « double peine » qu’on impose aux classes dites populaires : d’abord, la peine économique (chômage, précarité accrue, etc.), ensuite, la peine politique (inégalité, moindre protection, etc.). À ces deux pénalités, il faudrait en ajouter une troisième : l’humiliation. Petit exercice de mémoire : dès après 1989, pour la sous-culture médiatique qu’on entend bruisser sur les radios et ailleurs, les « travailleurs » ont été métamorphosés en beaufs, en Dupont-Lajoie, voire en ploucs. Dans le même temps, les intellectuels télégéniques, petits marquis poudrés des palais républicains, ont déserté le terrain social, abandonnant les pauvres aux nouveaux puissants d’un côté, aux démagogues de l’autre.

Pour le reste, les troubadours du système marchand adjuraient depuis trente ans les socialistes de rompre avec « la gauche archaïque » pour entrer dans le fameux « cercle de la raison ». Les sociaux-démocrates, les uns après les autres, ont donc rendu les armes au libéralisme, sans réaliser qu’entre-temps ce dernier – avec la financiarisation et la déréglementation – s’était « ensauvagé ». Du coup, c’est comme distraitement que les socialistes, résignés, ont passé la main à l’extrême droite. Ajoutons que les classes populaires, vertement accusées de n’être pas assez européennes, n’ont pas digéré qu’on ne tienne plus compte de leurs votes. Le déni du « non » de 2005 n’a pas fini de peser sur le destin de nos élites, accusées de non-assistance de peuple en danger.

De fait, il est frappant de voir comment l’air du temps s’est « adapté » aux inégalités, à la misère sociale, aux durcissements des conditions de vie des plus pauvres. Même si, en effet, on n’est pas en Grèce ! L’un des pires aspects du nouveau racisme social, c’est ce qu’on pourrait appeler son ingénuité. Il se sent légitimé par l’invocation de prétendues fatalités : la mondialisation, les contraintes extérieures, les lois du marché, etc. On ne peut rien faire : chacun connaît le refrain. Autrement dit, les chômeurs et les pauvres sont déclarés – à mi-voix – responsables de leur échec. Ce discours « libertarien », façon Alain Madelin ou Pascal salin, hier encore pittoresque en Europe, voilà qu’il ressurgit du néant et qu’on l’accepte, cette fois, avec une indolente résignation.

Le plus grand scandale contemporain est sûrement celui de l’indifférence. Tourneboulée par le changement, désorientée par l’accélération des révolutions technologiques, anesthésiée par le buzz médiatique, l’opinion semble s’être résignée à n’importe quelle forme d’iniquité sociale, et cela au nom du réalisme. Au XIXème siècle, il se trouvait déjà des commentateurs « réalistes » pour justifier le travail des enfants en invoquant les nécessités industrielles. C’est ce qui faisait dire à Georges Bernanos que le réalisme devenait peu à peu la bonne conscience des salauds. Et, déjà, on reprochait à ceux qui s’insurgeaient d’être dépassés, ringards. On en est là, de nouveau.

Pour inverser la courbe et, comme dirait Zazie, « fairereculerlefrontnational », il faudra maintenant autre chose que des coups de menton et des admonestations empreintes de ce que Nietzsche appelait non pas la morale mais la « moraline ».

TéléObs N° 2631 du 11 avril 2015


 

Pour le premier tour des élections départementales 2015 sur le 6ème canton « Bondy » (regroupant Bondy, Pavillons-sous-Bois et un bureau de Bobigny), l'abstention a été colossale. Quand la monarchie républicaine sera-t-elle remplacée par un système qui permette aux citoyens de s'exprimer ?

 

Bondy autrement n'était pas implantée aux Pavillons-sous-Bois et l'échelon départemental n'est pas notre terrain naturel. Pour autant Bondy autrement obtient un résultat qui ne nous satisfait pas (4,95%), nous lançons une campagne d'adhésion et de souscription pour rembourser nos frais de campagne.

 

Nous nous réjouissons d'abord que le FN ne puisse pas se maintenir malgré sa percée. Les restrictions des libertés démocratiques qu'il propose ne peuvent pas répondre aux problèmes sociaux. Cependant même s'il n'est pas dans les urnes, il a gagné les esprits à droite et jusqu'au discours de certains dirigeants du PS.

 

La politique anti-sociale du gouvernement Valls-Hollande a aussi montré qu'on ne pouvait pas attendre de changement politique de la part de ceux qui promettaient « le changement c'est maintenant » et qui n'ont pas changé notre vie depuis.

 

Les bons résultats de l'UMP sont d'abord la conséquence de la politique menée par Mme Thomassin à Bondy : promesses électorales non tenues, marche forcée des nouveaux « rythmes scolaires », manques dans le logement social, refus de la cantine gratuite, gestion personnelle du pouvoir, mépris des citoyens et refus du débat. Nous dénonçons tout cela depuis des années, mais ces gens-là n'ont rien voulu entendre. Parions qu'ils vont continuer sur la même voie.

 

La victoire de la liste UMP-UDI n'améliorera rien évidemment : eux trouvent qu'il y a trop de social actuellement et veulent privilégier « la liberté d'entreprendre » et « la responsabilité individuelle ». On sait que les villes du département gérées par la droite ont fermé des lieux de culture (Le Blanc-Mesnil), développé des pratiques politiques guère enviables qui ont fait la une des journaux (Bobigny), ou refusaient carrément d'appliquer la loi sur le logement (Le Raincy).

 

Nous n'avons donc rien à attendre de ces gens-là.

 

Nous appelons les habitant-e-s et les salarié-e-s de Bondy et Pavillons-sous-Bois à continuer à se mobiliser : les élections ne sont qu'un moment de la citoyenneté.

 

Toute l'année faisons avancer nos revendications écologistes et sociales dans les amicales de locataires, les syndicats, les associations de parents d'élèves, les collectifs de lutte, les associations citoyennes, etc.

(Pour répondre à l'appel aux dons des candidats, adressez vos chèques à Yves Pierronnet mandataire financier de Hakim Kadri, 55 rue de Metz, 93140 Bondy. Vous bénéficierez d'une réduction fiscale de 66 % des sommes versées dans la limite de 20 % du revenu imposable.)

Rappel des propositions de la liste "La Seine Saint-Denis autrement" pour les élections départementales des 22 et 29 mars. Nous les avons déjà publiées dans notre journal de mars.

 

Le département a la compétence des bâtiments des collèges. Rappelons que la part des personnes sans diplôme en Seine-Saint-Denis est de 30% (contre 18% en France).

Le PS du 93 se vante des constructions des collèges en Partenariat Public-Privé (PPP). Mais cela implique un surcoût pour la collectivité. Un collège estimé à 25 millions d'euros coûte 62 millions avec un PPP puisque le Conseil Général paiera un loyer pendant 20 ans ! Au bout de 20 ans, il récupérera un bâtiment qui demandera vraisemblablement de gros travaux... Les entreprises Fayat et Eiffage se frottent les mains et disent merci le Conseil Général !

La taille des nouveaux collèges pose aussi problème. Ils sont construits pour une capacité d’accueil de 700 élèves, alors que les spécialistes de l'Education Nationale préconisent plutôt des collèges de 450 élèves afin de favoriser une cohésion sociale dans la mesure où les élèves et les adultes se connaissent mieux et diminuerait de fait les actes de violence et d’incivilité. Ça aurait coûté plus cher par élève. Mais l'avenir de nos enfants ne le vaut-il pas ?

Dans ces collèges, l'entretien est très déficitaire. Nous pensons qu'un entretien régulier des collèges est aussi une condition pour que les lieux soient respectés et appréciés par les élèves.

Enfin, concernant la cantine, nous souhaitons une étude permettant d'aller à la gratuité des repas. Immédiatement, nous voulons le retour au plafond de 2 € pour un repas, et non 4 comme actuellement. Rappelons que cette mesure avait été prise par le Conseil Général et avait eu beaucoup de succès.

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