Mathieu Colloghan expose !

 

De notre ami Guy Dutron sur notre ami Mathieu Colloghan.

Notre camarade Mathieu Colloghan expose ses œuvres !

Peintures-Luttes, une exposition de peintures de saison (et à l’huile) de Mathieu Colloghan du 19 octobre au 2 novembre, à la Galerie Bizz’art, 189 rue de Charonne, Paris M°Alexandre Dumas.
Vernissage le 19 à partir de 18h.
La galerie est ouverte du lundi au samedi de 12h à 19h.

Y’a donc de l’huile mais n’y aurait-il pas aussi un peu de vinaigre ?

Guy Dutron

 


Ramasser un pavé !

Pour Mathieu Colloghan et Warren Buffet. Par Daniel Mermet

tiré du site de Mathieu : http://colloghan.net/

Pourkipintu ? La question ne se pose plus. Bientôt, un beau matin, la peinture aura disparu avec le dernier peintre. Accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle. Bientôt l’échelle aura disparu. On a d’autres moyens de voir les choses de haut et de se distinguer aujourd’hui. Le peintre restera accroché à son pinceau et puis salut,   fini le « fait à la main ». On fait les images autrement, virtuelles, numériques, on les regarde autrement, le « fait à la main » n’impressionne plus le pèlerin. Le pèlerin connaît Photoshop et tous les maquillages et tous les nouveaux langages de l’image. Et le peintre resté accroché à son pinceau n’intéresse plus grand monde.

Bolivienne Bolivarienne

Jadis on pouvait faire la guerre pour un tableau. On pouvait changer le monde en changeant la vision du monde. Voyez Diego Rivera sur les murs de Mexico, voyez Guernica de Pablo Picasso, voyez la Bataille de lances de Paolo Uccello. Voyez les voyants. Voyez la main. Voyez le chemin de l’œil à la main en passant par la tête, par le cœur et par les intestins du peintre pour arriver jusqu’au tableau. Et le retour ; le chemin du tableau jusqu’au cœur, à la tête, aux tripes du spectateur qui contemple, qui médite, qui se dilate, qui se délite, qui n’en revient pas de Velasquez, de Géricault, de Pissaro.

Et cette émotion, ce moment où vous découvrez des grandeurs que vous ignoriez en vous-mê-me, commence par la main du peintre. Par la trace physique du corps du peintre, dans le moindre coup de pinceau. Voilà ce   qui nous trouble tant devant l’Origine du monde de Gustave Courbet.

Aujourd’hui, il y a la distance froide de l’appareil photo, il y a l’écran de la société écran. Autre manière de voir et de faire.

Tout ça mérite que l’on s’intéresse encore un peu au peintre accroché à son pinceau. Surtout Colloghan. Car Colloghan parle encore le langage commun de la peinture. À l’école, on apprend qu’il y a des langues vernaculaires et des langues véhiculaires. Au cours du vingtième siècle, la peinture s’est peu à peu repliée dans une multitude de langues locales et limitées, accessibles à de moins en moins d’initiés. D’autres   au contraire  se sont efforcés  d’utiliser la langue véhiculaire, qui veut rester un outil le plus universel possible, une langue qui relie les hommes au lieu de les séparer. Sur l’île de Pâques comme à Aubervilliers, comme à Tegucigalpa on peut sourire ou serrer le poing de la même façon devant une toile de Colloghan.

Pour le reste, c’est à vous de voir. Ce qu’il dit, les signes qu’il fait, ce à quoi renvoie ce qu’on voit, tout ça c’est à vous de voir. Vous le savez, le regard est plus important que la chose regardée. Ah, bien sûr, on voit clairement de quel côté de la barricade il nous cause. Il fait partie de celles et ceux qui finissent d’user leur belle jeunesse à reboucher les trous dans la digue. Lui c’est avec des dessins de presse, avec  des toiles, avec des pinceaux, avec des mémoires de luttes, avec des trous verts dans la tête et des  drapeaux rouge sang et le bleu de nos ancêtres prolétaires et leurs chants déchirants. Et des pavés.

Depuis que les frères Van Eyck ont inventé la peinture à l’huile au XVe siècle, personne n’avait réussi à peindre les pavés aussi bien que Mathieu Colloghan. Ce qui nous conduit à évoquer son sens de la beauté. Tout récemment l’archi milliardaire Warren Buffet, première fortune mondiale, déclarait « Si je voulais, je pourrais embauche dix mille personnes qui, jusqu’à ma mort, ne feraient rien d’autre que de peindre mon portrait ».

Je doute fort que l’on reconnaisse Mathieu Colloghan parmi les dix mille portraitistes. Ou alors ce sera celui qui ajoute un pavé, un beau pavé, et qui laissera dans l’histoire cette fameuse expression « Beau comme un pavé dans la gueule de Warren Buffet ».

Mais alors la peur aura changé de camp.

Daniel Mermet

Le genre de chose qui arrive en France

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