Conseil Consultatif de Quartier Mainguy du 25 novembre 2010

Quand des gens payés par la mairie empêchent un débat sur l'eau dans un conseil de quartier, c'est qu'ils doivent vraiment pas être sûrs de leurs arguments...

22h30… Le froid s’immisce dans la maternelle Mainguy et le débat ronronne sur les compétences de la communauté d’agglo. Les gens, pourtant venus nombreux (un grosse cinquantaine) commencent à quitter la salle.

 

Bernard Vernet pose la question de la compétence eau d’Est Ensemble, expose les inconvénients à rester tributaire d’une distribution de l’eau par Veolia qui facture plus cher et entretient mal nos réseaux ce qui cause d’importantes pertes par des fuites qui pourraient être évitées.


Xavier Blot précise les raisons de l’intervention d’environ 150 citoyens qui ont fait annuler le vote du conseil communautaire prévu le 23/11 à Romainville. Il s’agissait d’un passage en force puisque la seule question posée était « pour ou contre une réadhésion au SEDIF ? »

La Commission Consultative des Services Publics Locaux (CCSPL) avait été court-circuitée alors que le Code Général des Collectivités Territoriales impose sa saisine, ce qui sera jugé par les tribunaux administratifs. Or réadhérer au SEDIF c'est redevenir prisonnier de Veolia pour 12 ans. Jamais aucune commune n'a pu ressortir du SEDIF depuis 1923.

Il ajoute aussi qu’aux problèmes de tarifs et de manque d’entretien des réseaux pointés par Bernard, se pose aussi les dangers des sels d’aluminium que Veolia introduit pour rendre l’eau plus transparente et dont le lien probable avec la maladie d’Alzheimer est établi. Eau de Paris a choisi de modifier son process de production d’eau et livre une eau sans sels d’aluminium. Veolia s’y refuse.

Il est rappellé que le tarif d’appel de 1,41 € HT/m3 proposé par Veolia peut être réévalué tous les 3 mois et que sur les 6 années précédentes leur tarif a augmenté de 17%.

Enfin, il note que les citoyens n’ont pas été informés, encore moins consultés, que le maire n’est venu expliquer sa position (contradictoire avec le vœu adopté à l’unanimité du conseil municipal quelques jours avant) que pendant une demi heure lors du débat du 10/11, que le seul débat qui ait lieu actuellement se fait sur Internet via des blogs de quelques initiés, que ni lui ni Sylvine Thomassin n’ont daigné répondre aux questions posées.

 

Yves Duguet intervient en précisnt qu’on ne parle que de tarifs hors taxe, que l’eau distribuée par Veolia en Ile de France est la plus chère de France et qu’elle peut monter jusqu’à 4,72 €/m3 alors qu’il s’agit un élément naturel gratuit comme l’air.

Il évoque les méthodes de corruption bien connues de la multinationale Veolia, qui procède notamment en embauchant des anciens élus de tous les partis (à l’exception des Verts).

 

Laurent Quinet, ancien chef local du MODEM devenu conseiller communautaire PS, répond en récitant sa leçon : tout le monde est pour une gestion publique de l’eau mais il y aurait des idéologues aventuriers qui croient que ça se fait en 5 minutes et d’autres élus responsables et pragmatiques qui veulent prendre le temps de faire les études nécessaires parce que tout ça c’est un problème technique et pas du tout politique ou idéologique.

 

Puis les chiens de garde de notre maire venus en masse en fin de conseil de quartier donner de leur voix virile. C’est parti pour les invectives et les monologues offusqués de Djamal Amoury, (conseiller municipal PS) Laurent Cotte (maire-adjoint PS) et Eduardo Rihan Cypel (chef de cabinet du maire) qui ne manqueront pas de dénoncer les méthodes fascistes des militants de la coordination eau-IdF qui ont empêché de reconduire Veolia pour 12 ans.

 

Maribé Durgeat, présidente Verts du conseil de quartier, attristée que les échanges prennent un tour si politique (pourquoi c’est un gros mot la politique ?!), se refuse à remettre un peu d’ordre et préfère écourter les échanges en sortant bouteilles de cidre et petits gâteaux. Une autre occasion d’informer les Bondynois-e-s s’envole….

 

Les grosses voix testostéronées l’ont emporté largement et réussissent haut la main leur mission. Les gens s’en vont se coucher toujours si peu informés de ce qui se trament dans leur dos…

Ceux qu'on a vu hurler « mais je suis calme !!! » s’en vont eux aussi. Visiblement satisfaits de s’être vengés. Peut-être rêveront-ils cette nuit que leur maître saura les récompenser pour leur intervention.

Ils auront seulement démontré que le patron de la mairie préfère saborder son propre conseil de quartier plutôt que de permettre aux habitants du quartier de se l'approprier...

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Bondy autrement, comme le collectif Eau – Ile de France dont nous sommes membre, et les nombreux citoyens vigilants, revendiquons :

 

- Le retour à une gestion publique de l’eau est bien un problème politique, et surtout de volonté politique, bien avant d’être technique.

- Un réel débat avec tous les citoyens concernés suivi par une large consultation ou, mieux encore, une votation citoyenne

- De soumettre au vote la possibilité d'une convention provisoire avec le SEDIF, seule façon de sortir de l'emprise du privé tout en réalisant les études techniques nécessaires

- Que l’annulation du simulacre de vote prévu le 23/11 est légitime et les citoyens ne doivent s’interdire aucune action dès lors que leur droits d’information et de consultation sont piétinés.

 

Et nous publions bien volontiers la réponse de Maribé Durgeat, présidente "Les Verts" du CCQ : 

DROIT DE REPONSE DE MARIBE DURGEAT, PRESIDENTE "LES VERTS" DU CONSEIL DE QUARTIER 

Je n'étais absolument pas attristée mais déterminée et convaincue que dans ce Conseil de Quartier, le principal n'était pas de se renvoyer des arguments à la figure pour justifier la position des uns et des autres par rapport au vote du 23 11 10 ! ce n'était pas l'objet du débat de ce jour ! J'étais pour un débat sur la démocratie, sur la concertation des gens sur les sujets traités par l'interco. Une information pour poser la situation sur l'eau sans aucun parti pris était tout à fait possible dans un premier temps. Dans un deuxième temps, les participants auraient pu s'interroger sur la place qui leur avait été réservée dans ce débat. Ce qui aurait été positif, par rapport à l'idée que je me fais de la démocratie participative, c'était qu'en sortant, les gens se disent qu'en effet, ils n'avaient pas été informés du problème de l'eau et  qu'ils se décident à demander une réunion d'informations afin de faire connaître leur position et réclamer une instance pour pouvoir débattre et être consultés avant un vote définitif sur le sujet en question des différents élus de l'interco.
Alors plutôt servir à boire aux courageux qui ont dû subir une telle soirée et ne pas m'immiscer dans de telles pratiques politiciennes qui me sont complètement étrangères.

Maribé Durgeat

 

 

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