Par Roni Gocer

Élue en juin dernier sur la promesse d’une gouvernance plus démocratique de la cité, la liste Poitiers collectif permet à la ville aux cent clochers d’occuper une place singulière dans la nébuleuse des communes converties au « municipalisme ».

L’image est classique dans l’iconographie de l’élection. Du haut du balcon massif de l’hôtel de ville de Poitiers – style Second Empire –, Léonore Moncond’huy salue la foule. Quelques heures plus tôt, c’était depuis un bistrot du centre qu’elle s’adressait aux soutiens de sa liste. Ce 28 juin 2020, elle remporte avec Poitiers collectif le second tour des élections municipales, avec 42,83 % des voix dans une triangulaire qui l’opposait au maire sortant Alain Claeys (PS, 35,6 %) et à Anthony Brottier (LREM, 21,56 %). Ni victoire personnelle ni victoire d’un parti : dès sa première prise de parole, la maire élue entend dépasser les poncifs du récit électoral. Au nom de « l’urgence démocratique » évoquée dans le programme, le collectif ambitionne de « réenchanter la démocratie locale ». Six mois plus tard, la réussite ou l’échec de cette nouvelle liste identifiée comme municipaliste sont scrutés bien au-delà des frontières du Poitou.

Direction horizontale

D’emblée, l’équipe de Poitiers collectif veut une direction horizontale pour sa campagne. Pendant deux ans, une organisation précise quadrille la confection du programme : les effectifs se divisent en quinze groupes de travail, dont émane par la suite un « collectif programmatique ». Puis, à mesure que s’approche la date du premier tour, se pose la question de l’attitude à adopter face aux partis. En interne, on débat, puis on tranche pour une inclusion. Plusieurs partis, comme le PCF ou EELV, se joignent à la liste. « On s’est fondus dans leur cadre, en gardant en parallèle notre fonctionnement interne, résume Yves Jamain, membre de la direction départementale du PCF. Au préalable, on a passé un accord politique avec eux, en décidant de régler en cours de mandature les divergences qui demeurent. »

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