Nous poursuivons notre tour de la vie citoyenne bondynoise, ce mois-ci le syndicat lycéen UNL, dont nous avons rencontré plusieurs militants.

 

Quelles sont vos activités ?

L'UNL est un syndicat lycéen national. Chaque département a une fédération qui organise les activités par lycée, par comité. Nous sommes organisés par exemple au lycée Jean Renoir.

En octobre dernier, nous nous sommes rassemblés à 300 élèves devant le lycée, nous sommes allés devant la mairie et ensuite nous sommes allés manifester à République pour demander des moyens.

 

Quelle est votre position face au gouvernement ?

Nous pensons que le lycée ne joue pas son rôle de rééquilibrage social par manque de moyens. Ils ne suffisent pas pour pallier les difficultés sociales dans le 93.

Même avec beaucoup de motivations des enseignants, on ne peut pas combler les lacunes à 37 élèves par classe. Même avec les dispositifs REP++, un lycée du 93 sera moins doté qu'un lycée parisien en terme de dépenses.

Cela ne règle pas les disparités sociales.

 

Quelles solutions proposez-vous ?

La question est de permettre la réussite scolaire des milieux populaires.

Contre le décrochage, il faut rendre le lycée plus attractif. Pour cela, le lycée doit donner des outils pour développer l'esprit critique, la citoyenneté. Il faut rendre les lycéens acteurs de leur lycée, de leur éducation. C'est le lieu où nous passons le plus de notre temps. Il faut développer la démocratie lycéenne.

Réduire le nombre d'élèves par classe est aussi une nécessité.

Par manque de temps et à cause de la pression de l'examen, les cours sont parfois réduits à des leçons magistrales.

Venir étudier doit être un choix positif, pas seulement une obligation légale.

 

Militer dans un lycée, est-ce difficile ?

Les relations avec les décideurs politiques sont plutôt faciles : ils nous respectent parce que nous pesons un poids politique.

Avec la hiérarchie scolaire, c'est plus dur, nous ne sommes pas reconnus comme un syndicat mais comme une association loi 1901.

Même si le ministère dit qu'il faut « s'engager » comme citoyens, mais concrètement on nous met des bâtons dans les roues. On nous dit aussi que le syndicalisme ne se fait pas dans un lycée.

 

Quelles sont vos perspectives ?

Nous voulons créer une Maison des Lycéens à Jean Renoir, il n'y en a pas alors que c'est une obligation légale.

Faire connaître leurs droits aux lycéens, aussi.

Nous proposons également la tenue d'un petit-déjeuner sur place parce que beaucoup d'être nous ne prennent pas de petit-déjeuner chez eux, par manque de temps ou de moyens. Cela permettrait de lutter contre les retards et montrer un côté plus positif du lycée.

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