Nous publions le commniqué du syndicat des professeurs des écoles du 93 après la visite d'Edouard Philippe hier à Bobigny...

 

 

Les 23 mesures annoncées par le 1er ministre sont insuffisantes pour la Seine-Saint-Denis et ne répondent pas à l’urgence du territoire. Ce jeudi 31 octobre, un an et demi après le rapport parlementaire dénonçant « la République en échec » dans le 93, le premier ministre a annoncé un ensemble de 23 mesures pour le département de la Seine-Saint-Denis.

Une prime de fidélisation de 10 000 euros versée en une seule fois, à l’issue de 5 années de service effectif accompli est proposée aux agents qui sont en « première ligne » de l’action de l’Etat, ou aux services de l’Etat qui connaissent des difficultés manifestes en matière de ressources humaines. Elle devrait être mise en place pour une durée de 10 ans. Un projet de décret est en cours de préparation pour instaurer cette prime exceptionnelle, destinée à fidéliser les agents sur les territoires en déficit d’attractivité avec une mise en œuvre prioritaire en Seine-Saint-Denis au cours du premier semestre 2020. Face à la crise de recrutement des enseignant-es du 1er degré, 483 places perdues au concours 2019, les professeur-es des écoles devraient être concerné-es par cette mesure. Sera-t-elle suffisante pour fidéliser les enseignant-es ? Les agents déjà en poste depuis plus de 5 ans en bénéficieront-ils immédiatement ? Et au bout de 5 ans, que se passera-t-il ? Le SNUipp-FSU 93 interroge l’institution et informera la profession dès que possible (inscrivez-vous sur notre liste de diffusion). Le SNUipp-FSU continue par ailleurs d’exiger le rattrapage du décrochage salarial des enseignant-es du 1er degré (gel du point d’indice, peloton de queue dans le classement des pays comparables, etc).

Une priorité aux agents de la Seine-Saint-Denis dans l’affectation des logements sociaux de la région Ile-de-France devrait débuter pour le début de l’année 2020. A suivre : quelle priorité si le parc concerné est insuffisant ?

L’annonce de "prérecrutements" dans le cadre de la préprofessionnalisation ne représente pas une nouveauté : elle a déjà commencé cette année. De plus ne réserver cette mesure qu’aux boursiers de Seine-Saint-Denis est une mesure trop restrictive. Pour le SNUipp-FSU 93, le prérecrutement tel qu’il est défini dans la loi dite de la confiance ne répond pas aux enjeux de démocratisation de l’accès au métier : les étudiants concernés travaillent dans les écoles au lieu d’être totalement disponibles pour leur formation, c’est une grave erreur qui revient à leur offrir une formation diminuée. Le SNUipp-FSU exige un prérecrutement sous statut de fonctionnaire stagiaire, sans que les prérecrutés servent de moyens d’enseignement de manière prématurée.

Par ailleurs, la compensation financière de 10 000 euros au bout de 5 ans est insuffisante. Si les conditions de vie et de travail ne s’améliorent pas, il y a fort à parier que cette mesure ne permettra pas le recrutement et la stabilité nécessaires. Ce sont aussi des postes qu’il faut créer : abaissement des effectifs dans toutes les classes, remplacement, RASED, « plus de maîtres que de classes », formateurs… pour que le travail change. Et des postes encore, pour que les droits des personnels puissent être respectés : temps partiels, mobilité, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement.

Dernière annonce : une enveloppe de 20 millions d’euros supplémentaires sur 10 ans, pour aider les collectivités à effectuer les investissements immobiliers nécessaires afin que les dédoublements GS / CP / CE1 soient effectifs. Le SNUipp-FSU tient à dire clairement que le dédoublement des classes concernées ne participe pas à l’amélioration des conditions de travail des enseignan-tes : la mise en place de la mesure 100 % de réussite s’est traduite par une augmentation des effectifs dans les autres classes, et surtout par des injonctions pédagogiques et des contrôles, des contraintes toujours plus fortes, faisant des enseignant-es de simples exécutants. Les enseignan-tes du département se sont fortement mobilisés ces dernières semaines pour dénoncer la perte de sens de leur métier, la souffr ance professionnelle qui se développe, ils et elles seront au ministère le 6 novembre dès 13h30, pour continuer à dénoncer les conditions qui leur sont faites. Ces conditions dégradées seraient encore aggravées si les annonces d’un statut pour la direction d’école devaient se concrétiser : c’est toute la spécificité et la richesse du 1er degré qui s’en trouveraient dynamitées…

Enfin, comment ne pas être frappés par le fait que la conférence de presse du 1er ministre, à Bobigny, s’est accompagnée de l’arrestation du secrétaire général de la CGT, venu manifester contre la dégradation des services publics en Seine-Saint-Denis… Le gouvernement aurait-il décidé de ne plus tolérer aucune expression critique et revendicative ?
Aucun respect des personnels n’est possible avec de telle pratique. Le SNUipp-FSU 93 juge cette arrestation grave et inquiétante, et a immédiatement exigé la libération d’Hervé Ossant.
Lire le communiqué intersyndical de Seine-Saint-Denis en cliquant ICI.

Le SNUipp-FSU 93 attend maintenant toutes les précisions nécessaires aux annonces, et demande :

- Que ces annonces soient suivies de la création de tous les postes nécessaires aux écoles du département et à l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignant-es ;

- Que la souffrance au travail, générée par les injonctions et pressions en cours cessent : la professionnalité des enseignant-es doit être respectée.

- Que tous les services publics autour de l’école soient remis en état de fonctionnement : la protection de l’enfance, par exemple, est sinistrée en Seine-Saint-Denis, que prévoit le gouvernement dans ce domaine ?


Le SNUipp-FSU 93 attend aussi les annonces imminentes sur l’Education prioritaire : si, à côté des 200 écoles REP+, les 300 écoles classées REP dans le 93 devaient être "délabellisées", quel poids garderait ce "plan" pour notre département ?

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