Par Nolwenn Weiler

Quel est l’impact des polluants sur la santé ? C’est l’une des questions que pose l’Association santé environnement France (Asef), fondée en 2008 par des médecins. Son président, Pierre Souvet, critique « l’inertie et un manque de moyens » des autorités sanitaires pour prévenir nombre de maladies, dont les cancers pédiatriques. Entretien.

Basta ! : « Les cancers pédiatriques sont rares, il est difficile d’en expliquer les causes », s’entendent dire les familles. Que pensez-vous de cette explication ?

Pierre Souvet [1] : On ne connaît pas les causes des cancers pédiatriques, mais on ne les cherche pas suffisamment. Les enquêtes qui sont menées par les Agences régionales de santé (ARS) ne sont pas faites correctement, ni au bon moment. Elles interviennent trop tard. De ce point de vue, l’exemple de Sainte-Pazanne est frappant. Les premiers cancers ont été diagnostiqués en 2015 et les enquêtes ont été menées en 2019. Identifier des causes à des cancers pédiatriques, c’est d’une grande complexité mais si on enquête cinq ans après l’apparition des maladies, c’est encore plus difficile. Dès que l’on est informé qu’il y a des cancers, il faudrait faire des prélèvements de toxiques chez les enfants malades (par exemple des perturbateurs endocriniens ou tout autre produit classé CMR [2]), puis il faudrait faire des prélèvements de ces mêmes toxiques dans l’environnement, mais pas cinq ans après !

Par ailleurs, trop d’informations restent inaccessibles ou ne sont pas recherchées lorsque des enquêtes sont menées par les ARS. Reprenons l’exemple de Sainte-Pazanne : on ne sait pas ce qui a été épandu ces dix dernières années dans les campagnes qui entourent la commune. Or, il y a nécessairement un cocktail extérieur qui explique les maladies de tous ces enfants. Se contenter d’incriminer les comportements individuels, ce n’est pas sérieux. Et dire aux familles qu’on ne sait pas ce n’est pas possible.

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