Par Sophie Chapelle

 

Dix ans après les premiers cas de grippe aviaire en France, le virus est de retour dans plusieurs élevages du Sud-Ouest. En dépit de l’absence de dangerosité pour l’être humain, le gouvernement veut imposer des mesures radicales y compris dans des départements où aucun foyer du virus n’a été identifié. Des centaines de petits producteurs risquent de mettre la clé sous la porte. Les intérêts industriels prendraient le pas sur les enjeux sanitaires, dénoncent-ils. Des producteurs fermiers et vétérinaires se mobilisent pour faire la lumière sur la responsabilité de la filière industrielle et des élevages intensifs dans la diffusion du virus.

D’abord l’incompréhension, puis la colère. Benoit Liogé, producteur fermier bio de canards et d’oies en Dordogne, enchaine les réunions depuis la découverte d’un foyer d’influenza aviaire – appelé grippe aviaire si elle se transmet à l’homme, ce qui est rare – le 24 novembre dernier dans son département [1]. L’avenir de sa ferme comme celle de centaine d’éleveurs de palmipèdes est désormais incertain. En cette fin janvier, le gouvernement dénombre 69 foyers répartis dans huit départements du Sud-Ouest [2]. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, il n’y aurait pas d’inquiétude à avoir sur la qualité des produits issus d’animaux contaminés par la grippe aviaire [3]. Le gouvernement a pourtant décidé de sortir l’artillerie lourde pour éradiquer l’épidémie.

Dans un arrêté pris le 15 janvier, il élargit les mesures d’assainissement à 18 départements du Sud-Ouest dans lesquels il interdit de nouveaux élevages de canetons jusqu’à début mai. L’objectif est qu’il n’y ait plus aucune canard sur toute cette zone à la mi-avril. Une fois les vides sanitaires effectués dans chaque exploitation – le virus influenza est très sensible aux désinfectants – les éleveurs pourront redémarrer leur production en mai prochain. Face aux promesses de compensations financières annoncées par le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, nombreux sont les acteurs de la filière volailles qui dénoncent la disproportion des mesures et le manque de transparence sur ce dossier.

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