par Ingrid Kragl

Sept ans après le scandale des « lasagnes à la viande de cheval », les conditions restent réunies pour que de telles fraudes aient lieu. Ingrid Kragl de l’organisation Foodwatch explique pourquoi dans l’ouvrage « Manger du faux pour de vrai ». Extraits.

Vous croyiez les lasagnes et autres plats préparés à base de cheval retirés des rayons ? Détrompez-vous ! Des canassons aux passeports falsifiés, des chevaux de course traités lourdement aux anti-inflammatoires, des bêtes maltraitées, malades, impropres à la consommation pénètrent aujourd’hui encore – et massivement – les circuits de distribution européens et français, sans que nous en soyons informés. Il existe en fait deux scandales dans le même scandale : du cheval a continué de se faire passer dans les supermarchés pour du bœuf, et ce bien des années après 2013.

La crise du coronavirus propice aux fraudes

Ensuite, des chevaux de loisir ou de course traités aux antibiotiques – notamment phénylbutazone, un anti-inflammatoire non stéroïdien – qui ne sont pas censés entrer dans la chaîne alimentaire ont fini sous vide avant d’atterrir dans nos assiettes. En juillet 2020, des animaux vivants et plus de 17 tonnes de viande chevaline ont été saisis dans plusieurs abattoirs européens. « Environ 20 % des passeports étrangers utilisés pour ces chevaux présentaient des signes de falsification », détaille l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire belge (AFSCA).

En Belgique, « 28 passeports falsifiés ont été identifiés, essentiellement pour introduire illégalement des équidés "exclus de la chaîne alimentaire" dans la chaîne alimentaire ». En avril 2020 déjà, soit en pleine crise du coronavirus, deux cargaisons frauduleuses de viande chevaline avaient été saisies au Danemark et aux Pays-Bas. D’après The Telegraph, il s’agissait de viande de cheval en provenance d’Allemagne « déguisée en bœuf [...], les criminels profitant de la fermeture des frontières et des fermetures d’entreprises pour vendre de faux produits ».

Le trafic dure depuis 2013

Alors que l’Europe importe d’outre-Atlantique la majeure partie du cheval qu’elle mange (80 % de la viande chevaline vendue dans nos hypermarchés arrivent des Amériques), de nombreux rapports d’audit des inspecteurs vétérinaires de la Commission européenne tirent la sonnette d’alarme quant à l’absence de traçabilité et aux conditions sanitaires déplorables constatées en Argentine, Uruguay, Mexique et même au Canada. Depuis des années, de nombreux voyants sont au rouge, et même rouge vif. Pourtant, on a assisté, impuissants, au cercle infernal des scandales alimentaires qui s’enchaînent selon un schéma quasi immuable : opacité pour les consommateurs, évident manque de traçabilité et sous-effectifs criants au sein des organes de contrôle.

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