par Agnès Rousseaux

 

Les inspecteurs généraux des finances représentent l’élite de la haute administration. Censés servir l’État et l’intérêt général, ils préfèrent souvent émarger dans la finance. Des allers-retours problématiques sur lesquels Basta ! s’est penché.

Emmanuel Macron, après moult revirements, a annoncé la suppression de l’École nationale d’administration (ENA) et celle des grands corps d’État. Serait-ce donc la fin de l’Inspection générale des finances (IGF) ? Ce corps d’État, dont est issu Macron lui-même, recrute les énarques les mieux classés à leur sortie de promotion. Le top du top, ceux qui partent travailler dans les hautes sphères du ministère des Finances, à la direction du Budget ou à celle du Trésor, d’où ils pilotent la politique économique de la France. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette « élite » de la haute fonction publique n’a pas une bonne image dans l’opinion.

Allers-retours entre secteur bancaire et ministères

C’est peut-être parce qu’elle incarne encore plus que d’autres le manque d’étanchéité entre secteur public et intérêts privés. Car le plan de carrière préféré des IGF, ce sont des allers-retours entre le ministère des Finances et le secteur bancaire, en passant par les cabinets ministériels. Est-il possible de conseiller un ministre des Finances quand on a travaillé juste avant pour le secteur bancaire ? Pour les IGF, cela ne semble pas poser problème. Est-il possible de participer au sein de la direction du Budget ou du Trésor, à la rédaction des régulations du secteur financier, quand on sait que l’on ira ensuite travailler pour celui-ci ? Pas de souci !

Pour lire la suite, cliquez ICI.

Nous présentons ici le projet très salutaire #AlloBercy, de l'Observatoire des multinationales.

Voilà trois semaines qu’avec notre grande enquête « Allô Bercy ? » nous alertons sur le scandale des aides publiques accordées aux grandes entreprises sans conditions. Explications en vidéo avec le nouveau média Blast.

51 milliards d’euros. C’est le montant que les groupes du CAC 40 vont verser à leurs actionnaires en 2021, soit 22 % d’augmentation par rapport à l’an dernier. Et ce, en pleine pandémie mondiale, alors que de nombreux plans de suppression d’emplois se profilent, que trop peu d’efforts sont accomplis par ces entreprises en matière climatique et que qu’elles bénéficient toujours du soutien financier de l’État. Qui sont les principaux bénéficiaires de ce montant astronomique ? Les grosses fortunes du capitalisme français (Arnaud, Bolloré, Bettencourt, Pinault…) ainsi que BlackRock, le plus puissant fonds d’investissement de la planète ou l’État Français lui-même, via ses participations.

C’est par ces révélations, reprises par de nombreux médias, que notre Observatoire des multinationales a lancé sa campagne « Allô Bercy ? », le 27 avril. Avec un triple objectif. D’abord informer, grâce à une investigation minutieuse, sur un sujet a priori complexe mais qui nous concerne toutes et tous – le ruissellement d’une partie de l’argent public vers de gros intérêts privés. Ensuite mobiliser les citoyens, ONG, élus, syndicats, personnalités médiatiques… pour obtenir un virage législatif. Enfin, financer par une campagne de financement participatif (sur KissKissBankBank) la poursuite de cette grande investigation tout en y impliquant les citoyens qui le souhaitent.

Blast, le nouveau média lancé par le journaliste Denis Robert, est venu prêter renfort à notre campagne. Dans une vidéo percutante, Salomé Saqué (Blast) et Maxime Combes (Observatoire des multinationales), démontent les rouages de ce scandale. 20 minutes pour tout comprendre.

Il reste encore 4 jours pour contribuer et nous aider bâtir la mobilisation en vue des échéances électorales de 2022. On compte sur vous ! C’est ici : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/allo-bercy

Pour voir la vidéo, cliquez ICI !

par Maxime Combes, Olivier Petitjean

 

Il y a un an, les grands patrons s’engageaient à réduire leur rémunération « par solidarité ». Une promesse vite oubliée, alors que certains continuent à verser de généreux dividendes, à supprimer des emplois, tout en profitant d’aides publiques.

Dans le rapport Allô Bercy ?, l’Observatoire des multinationales montre comment, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, les grands groupes français ont réussi un tour de force : capter une grande partie des aides publiques – alors qu’ils n’en avaient pas forcément besoin – sans aucun engagement social, fiscal ou environnemental. Au moins huit grands groupes suppriment des emplois, les filiales dans les paradis fiscaux demeurent actives, aucune réelle inflexion n’est donnée en matière écologique, et toujours plus de dividendes sont versés aux actionnaires, avec la bénédiction tacite du gouvernement. L’indice parisien va verser cette année près de 51 milliards d’euros à ses actionnaires. Tout laisse à craindre une nouvelle orgie de dividendes lorsque les autorités auront levé les dernières restrictions, si la sortie de l’épidémie se confirme. Dans le même temps, le CAC40 a annoncé plus de 62 000 suppressions d’emploi, dont la moitié en France. Le tout financé directement ou indirectement par les deniers publics !

Ces orientations fondamentales, les patrons du CAC40 en sont les garants et les exécutants. C’est précisément pour cette raison que leur rémunération est majoritairement liée à des indices de performance financière à court-terme : plus la valeur boursière de l’entreprise et les dividendes versés augmentent, plus leurs rémunérations sont faramineuses.

Au début du premier confinement, au printemps 2020, dans la communication des sociétés du CAC40 et de leurs dirigeants, il n’était question que de dons de masques, de gel hydroalcoolique et autres nécessités de base. Beaucoup de patrons français ont annoncé qu’ils réduiraient leur rémunération par solidarité avec les efforts et les sacrifices de leurs propres salariés, des personnels soignants et des travailleurs de « première ligne ». L’Association française des entreprises privées (Afep), lobby du CAC40, a même émis une recommandation officielle de réduction de 25 % de la rémunération des dirigeants.

Les dirigeants du CAC40 avaient promis une baisse de 25 % de leurs émoluments, ils se sont réduits de 8 % en moyenne...

Pour lire la suite, cliquez ICI.

par Maxime Combes, Olivier Petitjean

On a pu espérer que la crise sanitaire mondiale bousculerait les logiques néolibérales de rentabilité financière, c’est hélas l’inverse qui se produit. Ne rien changer au monde d’avant est le seul credo des entreprises du CAC40 et du gouvernement.

Il y a un peu plus d’un an, alors que la première vague de l’épidémie de Covid-19 frappait la France, on a pu croire un moment que les cartes allaient être rebattues. Le « quoi qu’il en coûte » annoncé par Emmanuel Macron pour faire face à la crise a semblé marquer la fin des politiques d’austérité et de coupes budgétaires pour remettre à l’honneur la dépense publique et les services publics : il n’était plus question de « déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner », ni les laisser « aux lois du marché ».

L’État s’est retrouvé de fait au centre du jeu économique. Les arrêts d’activité et les restrictions imposées par la situation sanitaire ont entrouvert la possibilité d’un monde recentré sur l’essentiel, où s’inventeraient d’autres manières de travailler, de se déplacer de vivre – le fameux « monde d’après ». Les grands patrons n’avaient que le mot « solidarité » à la bouche. Syndicats, associations et parlementaires appelaient l’exécutif à ce que les aides publiques aux entreprises s’accompagnent d’une suspension des versements de dividendes, d’une garantie de protection de l’emploi et d’un véritable engagement dans la transition écologique. Les ministres se sentaient obligés de prétendre, en apparence au moins, qu’ils partageaient les mêmes objectifs.

Sauf que… le gouvernement a délibérément choisi de ne pas suivre cette voie en refusant d’assortir les aides publiques massives qu’il était en train de débloquer à de véritables conditions sociales, fiscales et environnementales. Un temps, le gouvernement a prétendu que ce n’était pas nécessaire parce que les grandes entreprises feraient tout cela d’elles-mêmes, de manière volontaire. Aujourd’hui, il ne s’en donne même plus la peine, alors que les grandes entreprises font la démonstration qu’il n’est pas question pour elles de changer.

Priorité réaffirmée aux actionnaires

Le tableau dressé aujourd’hui par le rapport Allô Bercy ? Pas d’aides publiques aux grandes entreprises sans conditions publié par l’Observatoire des multinationales, qui complète et met à jour une première étude réalisée l’année dernière, est sans concession :

- Alors que l’on ne sait pas bien quand finira la pandémie, les sommes versées par le CAC40 à ses actionnaires repartent à la hausse (+22 %), avec 51 milliards d’euros prévus cette année.

- Cette somme représente 140 % des profits réalisé par le CAC40 en 2020. Autrement dit, non seulement les grandes entreprises françaises n’ont gardé aucun de leurs bénéfices pour investir, ou même récompenser leurs salariés, mais elles ont même puisé dans leur trésorerie et lignes de crédit pour complaire aux marchés financiers.

Pour lire la suite, cliquez ICI.

 

Qui sont les premiers profiteurs des 51 milliards d’euros de dividendes versés cette année par les sociétés du CAC40 malgré la crise ? Le gestionnaire d’actifs BlackRock mais aussi Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou l’État.

À qui vont bénéficier les 51 milliards que les groupes du CAC40 vont verser malgré une épidémie qui se prolonge et les nombreuses aides publiques dont ils bénéficient ?

Sans surprise, le principal bénéficiaire de la cuvée 2021 des dividendes du CAC40 est… BlackRock. Le gestionnaire d’actifs est présent au capital de la quasi-totalité des grandes entreprises françaises, et notamment de celles qui versent le plus de dividendes comme Total et Sanofi. Il touchera à ce titre près de 1,7 milliard d’euros de la part des grands groupes français, selon les informations publiquement disponibles.

La somme touchée par BlackRock représente l’équivalent de la rémunération de près de 35 000 personnels hospitaliers (soignants et non soignants) sur une année, ou de quoi payer l’hospitalisation en réanimation d’environ 33 000 personnes infectées par le Covid-19 et souffrant de symptômes graves. Cela correspond aussi à l’équivalent de la construction de 42 lycées ou 1200 kilomètres de lignes TER, ou à la mise en place d’une aide sociale de 1000 € par étudiant.e. Le puissant gestionnaire d’actifs est également connu pour influencer des politiques publiques, comme la récente réforme des retraites.

Pour lire la suite, cliquez ICI.

Informations supplémentaires