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Budget départemental : la révolte molle

Nous avions suivi le 8 avril 2010 le vote du budget du Conseil Général du 93 (ICI), depuis plus rien ! Nous reprenons l'article suivant du site www.expression93.fr.

 

Budget départemental : la révolte molle

Claude Bartolone n’est pas content. un garnement lui aurait fait les poches. Alors il fait les gros yeux. Sauf que le voleur est autrement galbé que lui et se fend bien la poire devant la menace...


Le vote du dernier budget départemental début avril tourne au psychodrame. Le conseil général y a inscrit environ 80 millions d’euros de remboursement par l’Etat d’une partie de sa dette envers le département.

En effet, l’Etat a la fâcheuse habitude de refiler des missions aux collectivités territoriales, mais sans le pognon qui va avec. Ou plutôt, il prétend compenser, mais il sous-estime les sommes dans les grandes largeurs, et surtout ne les réévalue quasiment jamais. Aux collectivités de se démerder pour faire ce que l’Etat ne fait plus, en particulier en matière d’aides sociales (revenu de solidarité active, aide sociale à l’enfance, etc.) mais sans les ressources qui vont avec. Ca permet toujours à Sarkozy et ses sbires de fustiger la gestion locale à bon compte, en cachant avec la complicité de media aux ordres que c’est bien l’Etat qui est le premier responsable de cette situation. Sarkozy peut ainsi à peu de frais répéter qu’il « n’augmente pas les impôts », puisqu’il oblige les collectivités locales à le faire à sa place !

Devant l’arnaque, Bartolone a donc fait voter un budget qui prend en compte la dette de l’Etat, pompeusement intitulé « budget de révolte ». Une révolte bien molle, quand même !

Tout d’abord, ce n’est qu’une minuscule partie de la dette de l’Etat à l’égard des habitants et habitantes de la Seine-Saint-Denis qui est ainsi réclamée. Sur 5 ans, celle-ci s’élèverait à environ 640 millions d’euros ! Bartolone en réclame donc moins d’un huitième ! Ce n’est pas souvent qu’on voit un créancier renoncer ainsi aux 7/8 de sa créance ! Sauf que les vrais créanciers, ce sont les séquanodyonisiens, et que Bartolone a décidé tout seul, sans demander leur avis aux habitants et habitantes concernés, de faire ce cadeau à l’Etat. Car strictement rien n’a été annoncé sur le reste de la dette, apparemment passé par pertes et profits.

Ensuite, Bartolone a déjà commencé à se plier aux diktats de l’Etat sarkozyste en coupant dans les activités du Conseil général. Dans un premier temps, ce sont les initiatives culturelles qui trinquent, comme Livre au trésor.

Enfin, les moyens que se donne le conseil général pour obtenir satisfaction semblent bien dérisoires comparés aux enjeux : un budget « non conforme » qui va être examiné par la cour régionale des comptes et qui sera sûrement revoté sans la dette de l’Etat dans quelques mois, une pétition purement virtuelle et assez confidentielle, et une banderole bien discrète. Ajoutons certes quelques interviews dans la presse nationale, mais elles semblent davantage destinées à la promotion d’un président de conseil général donné pour premier-ministrable en cas de victoire social-démocrate en 2012 qu’à réellement semer un vent de « révolte ».

Bref, tout ceci reste d’un molasson assez pathétique. En attendant, ce sont bien les bénéficiaires d’aides sociales de Seine-Saint-Denis qui sont pris en otages par l’Etat, sans être défendus avec beaucoup de conviction par « nos » élu-e-s.

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