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Et la vérité sur les prêts toxiques?

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Crise économique et financière : si on vous disait enfin la vérité sur les prêts toxiques?

Depuis quelques semaines, avec la crise, on entend parler de « prêts toxiques » ! Comme d’habitude en pareil cas, tout est fait pour que le commun des mortels n’y comprenne rien. On appelle « toxique » ce qui n’est que de l’ingénierie financière relativement simple. Voici ce dont il s’agit : ces prêts « toxiques » sont en fait des produits dits « structurés ».

Qu’appelle-t-on un produit structuré ?

 


Les prêts structurés se définissent par opposition aux prêts classiques dont les intérêts sont calculés sur la base d’un taux fixe ou d’un index variable (par exemple l’Euribor*).

Un produit structuré est construit en plusieurs phases. Par exemple deux phases à taux fixe encadrent une phase à taux variable et la durée de ces phases à taux fixe peut être allongée en cours de vie du prêt.

Pourquoi ont-ils été souscrits très largement par les collectivités ?

Ils permettent, soit d’obtenir une couverture contre un risque financier (hausse des taux) ou économique (sensibilité budgétaire au prix de l’énergie ou à l’inflation), moyennant le paiement éventuel d’une surcote ; soit d’obtenir une décote du taux payé par rapport à un prêt classique, moyennant l’acceptation d’un risque de dégradation des conditions financières en cas d’évolution défavorable des marchés.

Cette seconde motivation fut la plus répandue durant des années.

Que sont les crédits toxiques et leurs dérivés « exotiques » ?



Les crédits ne sont pas créés « toxiques ». Ils n’ont pas connu les dioxines de l’incinérateur de Maubeuge ni les saloperies de la centrale à bitume de La Longueville ! Non, c’est très simple.

Ce qualificatif est utilisé depuis la crise pour les crédits qui comportent des éléments qui, du fait de la situation des marchés, sont susceptibles de dégrader très fortement les caractéristiques financières des prêts. Il s’agit, par exemple, des prêts indexés sur des matières premières, sur des devises étrangères, ou encore, sur l’inflation.

Avec l’évolution des index auxquels ils sont rattachés, ils peuvent être beaucoup moins avantageux que prévus. Parmi les produits structurés commercialisés auprès des collectivités locales, une seule catégorie semble vraiment très dangereuse : les produits à effet « boule de neige » dont le taux d’intérêt est calculé de manière cumulative.


Quand ces produits financiers sont-ils arrivés sur le marché ?

Avec la décentralisation et leurs nouveaux pouvoirs, les collectivités locales ont cherché à réaménager à moindre coût les prêts à taux fixe élevé (supérieurs à 10 %) contractés au milieu des années 1990.

Et puis, il fallait aussi emprunter ! Emprunter pour pouvoir « réaliser », surtout en fin de mandat d’ailleurs pour mieux se faire réélire !

En clair, prendre l’électeur pour un con !! Le « jeu politique » est ainsi fait !

Cette demande a favorisé l’essor de l’ingénierie financière et c’est sur le marché des produits structurés que l’on rencontre le plus grand nombre d’offres de la part des établissements bancaires, et ce segment est sans doute l’un des plus concurrentiels avec des produits rapidement copiés par les différents intervenants.

Dans cette démarche de réaménagement, les collectivités ont souvent eu recours à des cabinets de conseils financiers qui les « aident » dans leurs choix de produits en valorisant et comparant les politiques tarifaires des différentes banques mais parfois aussi en roulant des élus peu avertis dans la farine pour mieux encaisser leur commission !

Les offices publics HLM ou les hôpitaux peuvent être confrontés aux crédits toxiques.

Comme les autres collectivités locales, les hôpitaux et les offices publics de l’habitat ont été amenés à gérer « activement » leur dette et à recourir aux prêts structurés pour diversifier cette dette.

Tous touchés ??

C’est à craindre, en effet !! Beaucoup d ‘élus ont cédé au chant des sirènes financières, alléchés par la perspective d’emprunter plus pour réaliser plus, et élire plus !!

C’est qu’on ne fait pas dans la modestie quand on est élu et surtout un grand élu.

Ainsi Claude Bartolone a beau jeu de dénoncer les 97 % de « prêts toxiques » hérités de la gestion communiste de la Seine Saint Denis.

Mais l’éléphant socialiste ne voit que la paille du 93 et pas la poutre qui lui obstrue les mirettes !

Chez ses camarades socialistes, il n’y en aurait pas des « prêts toxiques » par hasard ?? Ben voyons !

A Bondy, par exemple, nos camarades élus d’opposition ont posé récemment des « questions qui fâchent » à Gilbert Roger, le Maire socialiste de Bondy (93) ; voici leur courrier :

Monsieur le Maire,

Lors du Conseil Municipal du 25 septembre 2008, ont été annoncés dans les décisions du maire des emprunts d’un montant de 4 millions d’euros auprès de la banque DEXIA, d’un million auprès de la Caisse d’Epargne Ile-de-France Paris et de 1.2 million d’euros auprès de la Caisse d’Epargne de Paris.

Je vous ai adressé un mail le 23 septembre pour avoir des précisions sur ces emprunts :

« Concernant les emprunts cités dans les décisions du Maire, nous regrettons une nouvelle fois d’avoir été les seuls à voter « CONTRE »  la possibilité pour le Maire de passer au-dessus du Conseil Municipal pour contracter des emprunts, ce sont tout de même 6.200.000 euros qui sont empruntés par la ville. Nous voudrions savoir leur taux, leur durée ainsi que leur affectation. »

Jusqu’à aujourd’hui vous n’avez pas répondu à ce mail.

Les citoyens sont inquiets de la crise actuelle et surtout de ses conséquences pour le monde du travail et je viens d’entendre le président du Conseil Général, Claude Bartolone  annoncer que 97% des emprunts du budget de la Seine-Saint-Denis sont « toxiques ».

Je me permets donc de reformuler ma question :

- Quels sont les prêts contractés par la Ville ?

- S’agit-il de ces prêts « sophistiqués », autrement appelés « toxiques » ?

Salutations citoyennes,

Nous sommes heureux de constater que notre petit camarade Vincent de Bondy a tout compris.

De plus Dexia et les Caisses d’épargne sont parmi les meilleurs pourvoyeurs de ce genre de prêts au collectivités locales.

La vérité dans tout ceci est, hélas, moins angélique que ne le suggère Claude Bartolone !

La vérité c’est que les élus de partis qui prônaient tous une autre société ou, à tout le moins un changement fondamental (dans leurs motions de Congrès surtout ….) ces élus donc, ont joué le jeu du système, le jeu du capitalisme financier qui nous dévoile aujourd’hui ses turpitudes.

Merci à nos camarades de Bondy autrement et à leur blog :

http://bondy-autrement.org//index.php?option=com_content&task=view&id=536&Itemid=153

Ils nous aident à illustrer cet article un peu théorique (mais comment faire autrement) sur les produits financiers.

Selon certaines informations, les prêts souscrits à Bondy seraient indexés sur Euribor (dixit le blog de Gilbert Roger) mais cela ne change rien à l’objection de nos camarades sur le pouvoir exorbitant qu’a le Maire de souscrire des emprunts et cela ne l’empêchait pas ni d’informer son conseil municipal ni de répondre à nos camarades qui l’interrogeaient !!

Comme Gilbert Roger avait soutenu Ségolène Royal lors des « primaires » socialistes, il donne là un bien mauvais exemple de « démocratie participative » dont on sait bien ce qu’elle vaut chez la Dame aux Caméras !!

Pour demeurer constructifs et citoyens, nous proposons que les textes qui encadrent les collectivités territoriales interdisent (comme cela se pratique en Italie) les emprunts à risque pour toute entité locale, territoriale ou publique

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

* L’Euribor est, avec l’Eonia l’un des deux principaux taux de référence du marché monétaire de la zone euro. Son nom est formé à partir de la contraction des mots anglais Euro interbank offered rate, soit en français : taux interbancaire offert en euro (Tibeur). Il fait partie des nombreux taux IBOR

L’Euribor 3 mois sert de base au deuxième plus grand marché de taux d’intérêt de la zone euro, où se traitent des maturités pouvant aller jusqu’à 50 ans, le marché des swaps..

Euribor est parfois traduit en français, par exemple dans certains contrats de prêts à taux indexés, par Tibeur.

L'article complet ICI.

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