Bondy-Noises

Révélation : Darcos est un farceur !

Le ministère est amer…  mais Darcos est un farceur !

(Arrête ! On t’a reconnu !)

 

            Si M. Darcos n’avait pas le Ministère de l’Education à sa charge, il aurait pu occuper celui de l’Humour. En effet, pas un jour ne passe sans qu’il ne réponde à une mobilisation qui prend de l’ampleur par une petite sentence drolatique.

 

            M. Darcos fustige les enseignants grévistes qui « manipulent » leurs élèves… Sans doute soucieux de nous amuser, il donne l’exemple. Ainsi peut-on lire dans « Mon quotidien » journal destiné aux enfants, auquel sont abonnés la plupart des écoles et des collèges qu’« un bon professeur est quelqu’un qui enseigne par ce qu’il est et non par ce qu’il dit. Quelqu’un qui râle, qui fait grève est-il un bon modèle ? ». Foudroyés par la pertinence du trait d’humour, nous nous interrogeons le sourire aux lèvres : un ministre qui fait le contraire de ce qu’il recommande, est-il un bon ministre ?

           

            Espiègle, M Darcos peut déclarer au sujet des syndicats enseignants: « Où sont-ils passés ceux-là, pourquoi est-ce que je me retrouve aujourd’hui confronté directement à un dialogue avec les jeunes ? » alors que depuis des mois il refuse obstinément de les recevoir ainsi que les nombreuses délégations qui se sont présentées au Ministère à la fin de chaque manifestation…Canaillou, il ne les avait pas informés…qu’il jouait à cache-cache !

             Lorsqu’il ne joue pas, il propose des pistes de réflexion innovantes. Alors qu’il constate qu’il y a « de plus en plus d’enseignants et des résultats en baisse »… il conclut qu’en baissant le nombre de professeurs…les résultats progresseront ! Pour faire un vrai saut « qualitatif », il propose de supprimer 80 000 postes dans les 4 ans…sauf dans « les lycées d’excellence » qui conserveront leurs moyens, en raison des difficultés scolaires des élèves ! Dialectique, tel est l’esprit de M Darcos. Tant de souplesse intellectuelle peut effectivement être mal comprise par les « mineurs ignorants » que sont les lycéens qui manifestent et les manipulateurs sournois que sont leurs enseignants. 

 

            Mais certains restent rétifs. Sans doute est-ce notre « sclérose idéologique » qui nous empêche de comprendre toute la subtilité du propos. Rabâchant depuis presque deux mois des « slogans conservateurs et réactionnaires » les lycéens et les enseignants sont lobotomisés.

            Le ministre a beau nous affirmer qu’à la prochaine rentrée «  il y aura le même nombre d’élèves moyen par classe dans les lycées de France et les mêmes services, la même offre éducative » malgré la suppression des 11.200 postes prévue, nous persistons à nier l’évidence et à affirmer que selon ses propres services, la baisse démographique ne « justifierait » que la suppression de 1500 postes (alors qu’une remontée démographique est prévue dans le second degré dès 2009 !) et que la forte augmentation des heures supplémentaires ne compense que 3500 postes et que plus des deux tiers des professeurs ont dit qu’ils n’en voulaient pas … Ce ne sont donc pas seulement des options, des dédoublements ou des heures de soutien aux élèves en difficulté qui ne seront pas assurées mais bien des classes entières qui risquent de ne pas avoir d’enseignement dans certaines disciplines à la rentrée prochaine du fait de l’impossibilité d’imposer légalement plus d’une heure supplémentaire par professeur. Entêtement absurde de notre part, sans doute, que de ne pas comprendre ses calculs…Mais il est vrai que M. Darcos maîtrise la règle de trois comme personne…

            Toujours avec la même fougue, face aux lycéens qui manifestent aux cris de « des postes, des postes, oui on veut des postes » M. Darcos promet de réorganiser « l’enseignement pour que les élèves obtiennent ce qu’ils demandent : non pas plus de profs mais plus de présence adulte auprès d’eux » !

 

            Certains esprits grincheux ont relevé cette phrase du ministre : « C’est d’abord une logique de respect en ce qui concerne la Dette » qui anime sa politique. De là à dire que la réussite des élèves n’est pas au cœur de sa politique…

 

            Pourfendeur de la « bien-pensance », soixante-huitard attardé, il n’a pas hésité avant l’anniversaire de mai à proclamer qu’il est « interdit d’interdire…la réforme ! ». Si monsieur le ministre venait à perdre son poste en raison de tous les tristes sires que compte le monde de l’éducation nationale, en exemple de vertu, il n’hésiterait sans doute pas à monter que les fonctionnaires sont capables de mobilité professionnelle, en se faisant clown.

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