Culture

Djamel KELFAOUI vit encore !

Le 22 mai 2009, la triste nouvelle du décès à l’âge de 48 ans de Djamel KELFAOUI circulait dans les rues de Bondy.

Parti en Algérie pour réaliser la seconde partie de son film «  Cheb HASNI, je vis encore », Djamel nous a quittés en laissant une œuvre inachevée. Il est mort après avoir reçu un coup d’un militaire auquel il s’était opposé dans la circulation parce que celui-ci se montrait arrogant avec les automobilistes. Il n’avait pas supporté cette injustice. C’était Djamel.

A Bondy, il restera pour nous une figure du mouvement interculturel, un acteur social qui a mené des actions éducatives qui ont pris naissance dans le quartier de son enfance : De Lattre de Tassigny.

Dans les années 80, une violente attaque d’un groupe de fachos contre des jeunes de sa cité a blessé sérieusement l’un d’entre eux. L’alerte était donnée et il fallait répondre autrement que par la violence. Djamel a pris l’initiative d’aider les jeunes à se regrouper et se constituer en créant l’association «  SOS çà bouge ! » et lancera quelques années plus tard le festival «  Y’a d’la banlieue dans l’air » mêlant musique, théâtre, cinéma, sports, sans oublier des concerts que nous conservons en mémoire (La Mano négra, Zebda, Youssou N’dour, Cheb Mami…). Par ce biais, il permettra à la jeunesse de se projeter vers un meilleur avenir malgré leurs conditions de vie qui commençaient, déjà, à l’époque, à se dégrader progressivement. Il fallait être un peu utopiste pour partager sa passion de la musique et du cinéma à des générations et des communautés différentes de sa ville. Peu impressionné par la hauteur de la tâche, fonceur, Djamel mettait tout en œuvre pour accomplir ses projets et les concrétiser. Homme de culture comme lui, Claude FUZIER, Maire de la ville de 1977 à 1995, n’avait pas hésité à l’encourager dans ses démarches.

Ces dernières années, avant sa disparition, Djamel s’inquiétait pour ces jeunes qui désespérés, perdaient confiance en eux, quitte à perdre dignité pour se laisser acheter par des politiques sans scrupules avec des « Carambars, des Malabars » pour reprendre son expression qui, déjà, signalait l’alerte.

Avec la transformation du quartier De Lattre en éco quartier, lors de conseils municipaux, j’ai demandé à notre Maire, à de nombreuses reprises, une reconnaissance officielle de la Municipalité à Djamel KELFAOUI pour l’inauguration de cette réhabilitation urbaine. Peine perdue pour lui, pour nous. Dans ce nouveau quartier figure le nom des Frères DARTY, mais pour nous, il manque inévitablement celui de Djamel KELFAOUI, ce que nous regrettons vivement.

En cette période qui va devenir électorale, un miracle pourrait apparaître ! Qui sait ?

Toute l’équipe de Bondy autrement et moi-même tenons à témoigner en cette triste date anniversaire toute notre reconnaissance et sympathie à cet homme, trop tôt disparu, qui a fortement marqué notre ville, notre département pendant plus de 20 ans.

Amicale pensée à sa famille à laquelle nous disons que Djamel nous manque beaucoup et que nous ne l’oublions pas.

Hakim KADRI

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