A la généralisation des attaques, répondons par la généralisation de nos ripostes !   

Dans l’Education nationale, depuis près de 2 mois en Ile-de-France, nous sommes entrés en lutte suite à l’annonce du gouvernement de ne pas renouveler un départ sur deux à la retraite dans la Fonction publique. D’ici 4 ans ce sont 200.000 postes qui devraient être supprimés dont 90.000 dans l’Education nationale.            

Ce vaste plan social de liquidation de la fonction publique signifie pour les usagers  un accès dégradé aux services publics, et pour les personnels la précarisation de tous les emplois.  

La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et le « livre blanc la Fonction publique » sont très clairs quant à leurs objectifs : multiplication des contrats de droit privé, salaire au « mérite », évaluation pouvant déboucher sur le licenciement. L’objectif est de diviser les salariés et de mettre en minorité les fonctionnaires comme à la Poste, pour attaquer la stabilité de l’emploi et renforcer l’arbitraire des hiérarchies administratives.

La loi sur la mobilité des fonctionnaires permet la mise au chômage d’un fonctionnaire dont le poste est supprimé et qui refuse 3 emplois même à temps partiel dans des administrations différentes (!), ce qui favorisera le recours à l’intérim. Le poste fixe ne sera plus la référence : ainsi,  dans l’éducation, le concours ne donnera plus droit qu’à l’éventualité d’un recrutement local.

Toutes ces mesures ont pour modèle le secteur privé.  Pour faciliter ces réformes, et pour ne pas répondre aux exigences salariales, le gouvernement prétend imposer des heures supplémentaires. Alors que le chômage est élevé, comment admettre ces restrictions à l’accès à l’emploi des jeunes ? Travailler plus ? Les enseignants travaillent déjà, selon le ministère, 40 heures en moyenne, et donc 1 heure supplémentaire de cours équivaut à 3 heures de travail (préparation, correction...). Est-il acceptable qu’un postier allonge encore des nuits qui ruinent sa santé ? De même, que des infirmières déjà mises sous pression, travaillent plus, avec les risques que cela implique ?         

En bref, il s’agit d’augmenter la productivité du travail en précarisant l’emploi et les rémunérations en détruisant les garanties collectives. Si une telle politique est inacceptable pour les salariés, elle a aussi des conséquences dramatiques pour les usagers.             A l’hôpital, on mesure déjà le désastre : sous prétexte d’«économies » des structures de proximité sont fermées, les délais pour obtenir une consultation sont sans fin, les frais de santé sont en  hausse (+16,8% en 2006-2007) pour les patients qui, du fait de l’incapacité croissante de l’hôpital public à répondre aux besoins, se tournent vers les médecins de ville et les cliniques (tous deux aidés par des fonds publics !).                        

La politique de Darcos vise un résultat analogue dans l'Education nationale. « L'autonomie » des établissements et des écoles favorise leur mise en concurrence et à terme la fermeture de certains, remplacés par des boîtes privées. C’est aussi la porte ouverte à la remise en cause de l’unité du service public d’éducation avec des enseignements différents à Neuilly et à Bobigny… Rentabiliser l’offre scolaire va conduire à supprimer des dédoublements, les options, rendre le bac plus sélectif.

Toujours par souci d'économies, les réseaux d’aide du primaire et les BEP sont supprimés, le Bac pro en 3 ans offre une année de moins d’études aux élèves, ce qui va pénaliser avant tout les élèves des milieux populaires.                       

Comme pour les retraites, le gouvernement prétend que les caisses sont vides et qu'il faut résorber la dette. Ces prétextes budgétaires cachent des choix idéologiques qui visent à remettre en cause les services publics et à accroître les profits des plus riches... La preuve, les économies espérées seraient de 7 à 14 milliards alors que le seul paquet fiscal de l'été dernier était d’un montant de 15 milliards. Il ne s’agit nullement de fatalités économiques, mais de choix politiques. Imposons les nôtres : la satisfaction des revendications et des besoins sociaux ! 


La grève du 15 mai, exprimera le refus de toute la fonction publique de cette politique.

Pour faire reculer le gouvernement, nous devons dès à présent envisager de lui donner des suites, tous ensemble. 


Prochaine AG Ile de France après la manifestation à la Bourse du Travail (République)

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