Ecole

Sans salaire depuis la rentrée, des enseignants reçoivent des bons alimentaires


Par Maïna Fauliot

Des enseignants du primaire en Seine-Saint-Denis, qui n’ont toujours pas reçu leur salaire depuis la rentrée scolaire, sont contraints à demander des bons alimentaires.

 Travailler sans être payé. C’est ce qui est arrivé à 231 enseignants du primaire, stagiaires (qui commencent à enseigner juste après avoir réussi le concours) ou contractuels, en Seine-Saint-Denis. À la mi-octobre, ils n’avaient toujours pas été payés depuis la rentrée scolaire. Pour s’expliquer, la direction académique de Bobigny avait évoqué un problème technique. "D’habitude, il faut deux mois à l’Éducation Nationale pour verser les salaires des nouveaux arrivants", a expliqué au Parisien Wilfrid Dulouart, du syndicat Sud Éducation 93. "Mais un acompte d’environ 70 à 75 % est versé dès septembre et la régularisation se fait lors du versement d’octobre. Là, le retard considérable met de nombreux jeunes enseignants dans une situation très difficile."

Bons alimentaires

Depuis, la situation s’est améliorée progressivement puisque la plupart ont touché un acompte de 1.000 euros. Mais, début novembre, ils étaient encore une trentaine à n’avoir reçu aucun acompte, selon les syndicats. La solution proposée par la direction académique de Bobigny ? Que les enseignants demandent des bons alimentaires. Une proposition a priori peu appréciée par les intéressés. "Je trouve cela scandaleux de proposer des bons alimentaires à des gens qui sont diplômés", s’était insurgée Joëlle le 4 novembre, l’une des enseignantes non payées. Pourtant, cette mère de famille de trois enfants a dû réclamer les fameux bons, à l’instar d’un certain nombre de ses collègues.

Grève prévue le 20 novembre

Les syndicats enseignants de la FSU 93 ont appelé à une grève le 20 novembre pour dénoncer "les conditions de travail dégradées comme jamais" dans le département. Les revendications sont nombreuses et ne concernent pas uniquement le salaire des enseignants. Ils réclament notamment des créations d’emplois "dans tous les métiers de l’Éducation nationale", puisque les retards de paiement des salaires de ces enseignants s’expliqueraient par une surcharge de travail de l’administration du personnel de l’académie (seulement 5 personnes pour gérer 1.500 dossiers).

En matière d’éducation, le département de la Seine-Saint-Denis n’est pas assez attractif. En septembre, Pôle Emploi s’était même lancé dans une campagne de démarchage téléphonique pour attirer des professeurs des écoles remplaçants afin de pallier la pénurie.

 

itele.fr

Informations supplémentaires