Ecole

Mobilisation de Jean-Renoir : bilan

Voici le communiqué des personnels de la Cité scolaire Jean-Renoir de Bondy. Une semaine de grève où ils auront montré leur unité et  leur exigence d'une école de qualité. Ils n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient mais leur mobilisation et celle des lycéens contraste avec l'attitude du pouvoir, violent et obtus, auquel ils ont fait face avec dignité.

Revendications et actions à la cité scolaire Jean Renoir

Plusieurs assemblées générales réunies depuis le début de l'année scolaire 2017-2018 — d'abord entre enseignants, puis avec les agents d'entretien et des personnels de la vie scolaire — ont constaté le manque de moyens humains dans l'établissement.

Le restaurant scolaire est saturé, les agents sont sous pression et en sous-effectif.

Concrètement, avec deux agents supplémentaires et sans trop de difficultés techniques, nous pourrions rouvrir l'ancienne file réservée aux enseignants et la mettre à disposition du collège par exemple. Cela permettrait de désengorger la file principale à la cantine, mais aussi de diminuer la taille des secteurs dont sont chargés les agents (entretien, nettoyage...)?

Les assistants d'éducation sont en sous-effectif, surtout à la Vie scolaire du collège.

Le recrutement de deux assistants d'éducation supplémentaires permettrait aux personnels de la Vie scolaire du collège et du lycée d'être davantage présents dans les couloirs pendant les cours, puis dans la cour aux heures de pause — durant lesquelles les petits incidents se multiplient depuis le début de l'année.

Le nombre d'élèves au collège (et dans tout l'établissement) a fortement augmenté depuis quelques années, mais notre CPE reste seule. Un(e) CPE supplémentaire permettrait une meilleure répartition des tâches, et un renforcement du lien entre la Vie scolaire et les élèves — ce qui est essentiel au bon fonctionnement de la cité scolaire.

Yves qui s'occupait (entre autres) de l'entretien des photocopieurs a malheureusement quitté l'établissement ce vendredi 24 novembre, date de la fin de son contrat.

Lui redonner son emploi pour une durée de 2 ans (afin de lui permettre d’atteindre l'âge légal du départ à la retraite) est essentiel au bon fonctionnement de notre cité scolaire de 2000 élèves et de 140 enseignants. Nous sommes une centaine par jour à faire au minimum 100 à 150 photocopies, ce qui fait 10 000 à 15 000 feuilles ! Notre usage des photocopieurs n'est pas ponctuel, il est permanent.

Sans la présence d’une personne chargée de les entretenir régulièrement, nul doute qu'ils vont se détériorer. De plus, Yves s'occupait aussi de la distribution des manuels et de la gestion des séries complètes de livres de poche pour les cours de français, sans lui ces taches vont retomber sur le personnel administratif et sur les enseignants.

Un mouvement de grève dans l'établissement a eu lieu du mardi 14 novembre au mardi 21 novembre.

Dans les premiers jours, plus de la moitié du personnel enseignant a arrêté le travail. Cela nous a semblé être le seul moyen à notre disposition pour nous permettre d’obtenir des réponses de la part du rectorat de l'académie de Créteil et de la Région Île-de-France : jusque là, nos courriers étaient restés sans réponse, notamment sur la question de l’emploi d'Yves.

Le personnel enseignant s'est rendu deux fois en manifestation devant le rectorat. La première fois, la réponse apportée n'a pas été à la hauteur des attentes, puisque M. Yves Espargilière s'est vu proposer seulement un contrat de deux mois au CIO de Bondy. La deuxième fois, représentée par quelques dizaines d’enseignants et 150 élèves, la cité scolaire Jean Renoir a été accueillie… par la police et par des gaz lacrymogènes — le rectorat continuant de ne pas répondre.

Une manifestation a également eu lieu devant les locaux de la Région. Elle a permis qu’un audit sur la situation à la cantine ait lieu le jeudi 23 novembre. À ce jour, nous n'avons pas de retour.

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