Ecologie

Fête du lait bio : une agriculture sans glyphosate est possible !

 

PAR COLLECTIF 1ER JUIN 2018

Une agriculture sans glyphosate ni autres pesticides et sans OGM : bien sûr que c’est possible ! La 13e Fête du lait bio, un événement festif et familial de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), propose de découvrir l’agriculture biologique et ceux qui la font. Cet événement se tiendra le 10 juin dans neuf régions françaises. Voici le programme et la carte des fermes qui ouvriront leurs portes et proposeront un petit déjeuner gastronomique 100 % bio.

Près de 70 fermes de neuf régions de France vous invitent à déguster un copieux petit déjeuner 100% bio et proposent de nombreuses activités et animations : visites d’exploitations, découverte de la démarche bio, jeux pour les enfants, promenades, concerts, spectacles, marchés de produits bio et locaux… Les plus matinaux pourront même assister à la traite !

Cette 13e édition mettra particulièrement à l’honneur les fromages bio : sans additifs ni conservateurs, sans traces de pesticides ni d’OGM, respectueux du cycle naturel des saisons, ils sont le plus souvent artisanaux et fabriqués à la ferme avec du lait cru. Les fromages bio sont authentiques : venez les déguster et échanger avec ceux qui les produisent !

=> Le saviez-vous ? Dans un élevage bio, on ne compte pas plus de deux vaches par hectare et elles doivent obligatoirement avoir un accès permanent aux pâturages. En outre, lorsque la météo contraint de rester à l’étable, chaque animal dispose d’une surface lui permettant de se mouvoir librement. Et lorsqu’elles ne peuvent brouter l’herbe des prés, les vaches reçoivent une alimentation 100% bio et sans OGM produite à au moins 60% sur l’exploitation elle-même ! En bio, pas d’élevage hors-sol, pas de traitement antibiotique préventif, pas de pesticides ni d’OGM. Le bien-être animal et le respect des cycles naturels sont prioritaires !

- Retrouvez le programme de la “Fête du lait bio” dans votre région : Auvergne-Rhône-Alpes / Bretagne / Bourgogne-Franche-Comté / Grand Est / Hauts-de-France / Ile-de-France / Occitanie / Pays de la Loire / Provence-Alpes-Côte d’Azur
Plus d’informations sur le site fete-du-lait-bio.fr

La vacance de monsieur Hulot... Par Allan Barte

Zone à défoncer

Par Yann Fiévet

 

NDDL, quatre lettres qui résonnent depuis longtemps comme un emblème. L’emblème d’une résistance à la conception d’un monde cruellement dépassé mais auquel les acteurs dominants de l’économie marchande, de la finance omnipotente et de la classe politico-médiatique sans imagination s’accrochent désormais désespérément. L’un des slogans de cette remarquable Résistance était sans ambiguïté : « Non à l’aéroport et à son monde ! ». La lutte des zadistes, en partie victorieuse depuis l’abandon du projet d’aéroport, est maintenant également emblématique de la violence d’État que Monsieur Macron s’échine à incarner fièrement en maints endroits de la vie sociale. Les défenseurs les plus convaincus d’un système ne capitulent jamais sans dommages : lorsque la partie semble leur échapper leur méchanceté foncière, longtemps enfouie sous le couvercle de la bienséance trompeuse, éclate en pleine lumière.

Le 9 avril dernier, le gouvernement a rompu très brutalement le dialogue engagé après la décision d’abandon du projet d’aéroport surdimensionné. Par une opération de destructions de plusieurs dizaines de lieux de vie et d’activité de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes les forces de « l’ordre » ont fait des centaines de blessés. La prétendue retenue des 2 500 gendarmes colportée par la plupart des médias – du reste interdits de zone – n’est qu’une vue de l’esprit. Le choix des armes et projectiles massivement utilisés durant cette « semaine de terreur » aurait pu tuer. Il s’en est fallu de peu que ce ne fut le cas. Cette opération militaire a soulevé un formidable élan de solidarité dans le bocage et un peu partout en France, mobilisant des dizaines de milliers de citoyens. Malgré le refus du gouvernement d’étudier la proposition d’une « convention collective », les zadistes ont fini par accepter de déposer le 20 avril une quarantaine de projets individuels d’installation, souhaitant ainsi obtenir l’arrêt des expulsions que l’État entendait bien reprendre le 23 avril. Contrairement à ce que prétendait le gouvernement, là aussi servilement relayé par nombre de médias, il ne s’était pas agi pour les zadistes de refuser de se nommer et de présenter des projets, mais de s’assurer du maintien de la dimension coopérative et des liens entre les divers usages développés au fil des années sur la ZAD. Ils souhaitent toujours enraciner une vision des « communs » et d’une paysannerie solidaire, réellement soucieuse du soin du bocage et de l’environnement. Ils aspirent plus que jamais à un territoire vivant, habité, partagé qui laisse aussi la place à des projets non exclusivement agricoles.

Évidemment, tous ceux qui n’ont toujours pas compris que le temps était venu de revoir « le système » de fond en comble se sont jetés sur ce geste d’apaisement des zadistes comme la misère – de leur réflexion – sur ce pauvre monde en lutte pour la survie de l’humanité. Ils se félicitent qu’une partie notable des zadistes rentrent dans le rang, acceptent les standards proposés par l’Administration si conformes à l’immobilisme systémique. Ils ne sont certes pas haineux comme l’ineffable patronne du Front National – « tous les crasseux de Notre-Dame-des-Landes » - mais sont pétris d’un conformisme confondant. ll est donc permis de considérer que le problème reste entier. Les zadistes portent un contre-modèle de société reposant sur l’autonomie des acteurs à l’égard des canons (!) du capitalisme régnant en maître absolu . Et c’est bien pour cela qu’il convenait d’en écrabouiller les principaux lieux construits patiemment par des individus armés… d’un rare courage, à commencer bien sûr par la « ferme des cent noms ». Ceux qui ont fait l’effort d’aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes au cours des dix dernières années en sont revenus ébahis. La ZAD n’est pas qu’un lieu de nature, c’est tout autant un lieu de culture, évidemment pas celle des salons parisiens. Par exemple, la bibliothèque développée là est foisonnante. On y trouve des livres devenus introuvables ailleurs depuis que les bibliothèques normalisées – marketing éditorial oblige – nettoient régulièrement leurs rayonnages. Quelques chercheurs en sciences sociales sont venus y consulter certains ouvrages précieux, notamment sur l’histoire des luttes ouvrières. Les journalistes, parisiens souvent, qui ne craignent pas d’affirmer que les zadistes n’ont pas su faire connaître leur projet auraient pu faire depuis longtemps le déplacement. Heureusement, Jade Lindgaard de Médiapart ou Hervé Kempf deReporterre ont fait leur boulot pour nous informer de la réalité du combat des zadistes, notamment du foisonnement des idées germant à Notre-Dame-des-Landes. Chacun avait le loisir de les lire. Il n’est sûrement pas trop tard.

 

La toile de fond de l’affaire nous impose une double critique. La critique de la répression policière – tout comme celle de l’État d’urgence du reste - doit s’accompagner de la nécessaire critique du néolibéralisme économico-financier aux effets anti-sociaux et anti-écologiques de plus en plus sévères. Ne pas affronter cette double critique revient à accepter un monde devenu banalement violent, tragiquement inégalitaire et définitivement sale. Qui sont alors les vrais crasseux ? Ceux qui acceptent sans sourciller ce monde-là et sont prêts à le défendre rageusement ou bien ceux qui sont impatients de le changer et commencent sans attendre La construction d’un autre avenir pour la planète et ses générations futures ? À suivre…

Yann Fiévet

Le Peuple Breton – Mai 2018

Réforme de la bio : bonne nouvelle pour les paysans, les consommateurs et l’environnement.

 

L’UE autorise les agriculteurs bio à vendre leurs propres semences. Les eurodéputés ont voté une nouvelle législation qui autorise les agriculteurs bios à vendre leurs propres semences. Jusqu’ici, seules les espèces figurant dans le cahier officiel pouvaient être commercialisées. Or la majorité appartenaient à des multinationales comme Monsanto.

La lutte des agriculteurs bio a porté ses fruits. Ce jeudi à Strasbourg, le parlement européen a adopté une nouvelle législation visant à soutenir la production biologique. Parmi les nouvelles mesures, qui entreront en application à partir de janvier 2021, on en trouve une qui autorise « la reproduction végétale de matériel hétérogène biologique ». Derrière cette expression jargonneuse se trouve l’aboutissement d’un combat mené depuis plusieurs années par les agriculteurs bio : la possibilité de commercialiser les semences paysannes.

Les semences dites paysannes sont celle qu’un agriculteur va directement prélever dans sa récolte afin de les replanter, elles sont issues des semences utilisées par les paysans avant l’industrialisation de l’agriculture. Cette appellation s’oppose aux « semences de ferme » qui, elles, ont été achetées à un semencier (une entreprise qui commercialise des semences). Cette transaction est rendue possible car contrairement aux semences paysannes, les semences de ferme sont inscrites au catalogue officiel.

Le GNIS, Groupement national interprofessionnel des semences et plants, vient de perdre une bataille décisive ... L’Europe vient de libérer les graines alors que les semenciers Français les avaient verrouillé !

agoravox.tv

Notre-Dame-des-Landes, l’expulsion des Zadistes est illégale et dangereuse

 

ENTRETIEN AVEC MAITRE DUJARDIN MEMBRE DU SAF

Daniel Roucous

Humanite.fr

L’opération d’expulsion des Zadistes de Notre-Dame-des-Landes par les forces de l’ordre, lundi 9 avril au lever du jour, fait craindre un nouveau Sivens surtout qu’elle est juridiquement illégale.

Trois questions à Claire Dujardin, membre du SAF, avocate des Zadistes de Sivens et de la famille de Rémi Fraisse. Pour elle « la situation de NDDL mérite, vu les années d’occupation, les activités créées, les projets alternatifs proposés mais aussi l’échec de telles opérations à Sivens, que l’Etat fasse preuve de discernement et de raison. »

L'Humanité.fr.- Vu l’état des procédures, les expulsions de certains Zadistes de NDDL ne seraient pas légale selon le communiqué du SAF du 29 mars 2018 (avant-veille de la fin de la trêve es expulsions). Confirmez-vous ? 

Claire Dujardin : " Dès lors que des occupants vivent sur des terres, au dela du délai de 48 heures permettant une expulsion des lieux sans décision de justice, leur expulsion répond aux régles de droit commun et ils doivent bénéficier des droits liés au logement, meme s'ils sont sans droit ni titre.  Ainsi, le propriétaire doit saisir le juge pour qu'il y ait un débat contradictoire, et ce, quelque soit la situation des occupants. 

C'est ensuite au juge d'examiner chaque situation, en fonction de leur situation personnelle et professionnelle. Des délais peuvent etre accordés, par exemple si la personne démontre qu'elle avait été expulsée avant et n'avait pas d'autres solutions d'hébergement, qu'elle a déposé un dossier DALO, que son habitation est liée à son activité professionnelle, qu'elle y vit depuis plusieurs années etc."

L'Humanité.fr.- Tous les Zadistes ont-ils le même statut sur ces terres et si non quelles solutions juridiques selon leurs situations ? Il y a aussi des agriculteurs qui ont été expropriés…

Claire Dujardin : "Il doit y avoir des occupants qui vivent sur les lieux depuis quelques mois, d'autres depuis plusieurs années et d'autres qui ont créée une activité sur place. Si des occupants ont leur activité professionnelle sur place, le juge doit prendre en compte cet élément et soit rejeter la demande d'expulsion car ils ont des titres les autorisant à exploiter les terres ou a avoir leurs activités professionelles sur place, soit accorder des délais importants. 

Le juge a un rôle de conciliation des parties, raison pour laquelle la procédure d'expulsion aurait dû passer par un débat contradictoire, pour permettre aussi de trouver des solutions convenables, acceptées par tout le monde et permettant une évacuation calme."

L'Humanité.fr.- Quelle est votre position par rapport à l’expulsion depuis lundi 9 avril au matin des Zadistes ?

Claire Dujardin : "cette expulsion est non seulement illégale mais dangeureuse et inefficace. 

Elle est illégale en raison des éléments développés dans le communiqué du SAF du 29 mars 2018 puisque les décisions de justice ont été prises sans débat contradictoire et sans éléments justifiant la saisine du juge sur requête. Il s'agit donc d'une voie de fait. L'opération d'expulsion de la ZAD est en réalité une opération de maintien de l'ordre alors qu'il n'y a aucun trouble à l'ordre public et aucune urgence à évacuer maintenant et dans ces conditions. 

Les dernières opérations de ce type ont eu lieu à Bure et les difficultés ne sont pas pour autant résolues et de nouveaux occupants vont s'y installer de nouveau. L'opération identique à celle qui avait eu lieu à Sivens, a donné lieu à des expulsions illégales, des violences importantes et des blessés, dont Elsa MOULIN, jeune femme qui vivait dans une caravane à Sivens et a été grièvement blessée à la main par une grenade de désencerclement envoyée par un gendrame dans la caravane. Le gendarme est mis en examen et sera poursuivi pénalement. Il y a eu d'autres blessés sur les journées d'évacuation à Sivens, des affaires personnelles brûlées en toute illégalité. 

La situation de NDDL mérite, à plus d'un titre, vu les années d'occupation et les activités créées sur le site, les projets alternatifs proposés mais également au vu de l'échec de telles opérations à Sivens, que l'Etat tire les leçons et fasse preuve de discernement et de raison. 

Nous dénonçons donc cette opération dangereuse, illégale et déstructrice. »

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