Economie

L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

 

par Morgane Remy

 

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions. Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités. Enquête.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Objectif : 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an. A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davantage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes. François Hollande estime qu’il ne s’agit pas « d’un report de l’âge de la retraite » mais d’une « liberté » laissée aux salariés... Quant aux syndicats, ils sont partagés : CGT et FO ont refusé l’accord de principe, ce dernier qualifiant le dispositif de « catastrophique ».

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééquilibrer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espérance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité...

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors »

La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié

L’OCDE, dans son rapport Mieux travailler avec l’âge en France souligne pudiquement que « la transition de l’emploi à la retraite est particulièrement précoce et problématique pour de nombreux seniors ». Seul un salarié sur deux est passé directement de son emploi à la retraite entre 2008 et 2011. Cela signifie que les autres (45%) connaissent le chômage ou des dispositifs intermédiaires de sortie de l’emploi. « Après 55 ans, le marché du travail est caractérisé par d’importantes sorties d’emploi », reconnaît même le très néolibéral Institut Montaigne, dans son enquête sur l’emploi des seniors [3].

La cause ? Les seniors, dont les salaires ont progressé tout au long de leur carrière, sont souvent jugés trop chers tandis que, à l’aune des critères de rentabilité immédiate, ils deviendraient moins productifs avec le temps. « Alors que les seniors sont tout à fait capables de s’adapter – y compris au numérique –, le monde du travail a tendance à considérer leurs compétences comme obsolètes, analyse Serge Guérin, sociologue et auteur de Vive les vieux ! [4]. Cela tient aussi au fait que les entreprises peinent à investir sur les seniors en terme de formations. »

Un tiers des salariés vulnérables sont mis à la porte après 50 ans

Les salariés âgés accèdent moins fréquemment que leurs cadets à la formation. En 2006, environ un tiers des salariés âgés de 50 ans et plus ont déclaré avoir suivi une formation au cours des 12 derniers mois, contre la moitié des salariés plus jeunes.
En outre, la pénibilité du travail n’étant pas gérée au fil de la carrière, les salariés concernés s’épuisent plus rapidement. La pénibilité concerne près d’un salarié sur trois, selon l’enquête Santé et itinéraire professionnel de 2007 [5]. Les personnes de 50 à 59 ans, qui ont été durablement exposées à de conditions de travail difficiles, sont alors moins souvent en bonne santé : une sur quatre se déclare limitée dans ses activités quotidiennes du fait d’un problème de santé, contre une sur six pour les autres salariés du même âge.

 

Plutôt que gérer cet aspect de santé tout au long de la vie professionnelle, comme certaines filières industrielles allemandes qui veillent à éviter de maintenir trop longtemps un employé sur un poste pénible [6], le patronat français préfère la solution de facilité : près d’un tiers des salariés les plus vulnérables sont mis à la porte des entreprises après 50 ans. « Nous avons vu beaucoup d’entreprises gérer les problèmes de pénibilité en encourageant les départs des seniors, témoigne Pierre-Yves Chanu, économiste à la CGT, qui a suivi les précédentes réformes de retraite. Par exemple chez un grand industriel où les ouvriers étaient exposés à de fortes températures, la rupture conventionnelle était présentée comme une solution « gagnant-gagnant », puisque le salarié cessait de souffrir et l’entreprise pouvait recourir aux services d’un ouvrier plus jeune. »

Quand la rupture conventionnelle remplace les pré-retraites

La rupture conventionnelle semble devenir le mode privilégié par les sociétés pour encourager les salariés quinquagénaires à partir. En moyenne, 16% des fins de CDI pour licenciement sont des ruptures conventionnelles. Leur part dépasse les 25 % pour les salariés âgés de 58 à 60 ans [7]. « Il y a un alignement des intérêts des acteurs (salariés comme entreprises) qui fait du départ anticipé des seniors un acte globalement consensuel », analyse l’Institut Montaigne. Un « alignement » qui se fait souvent sous la pression de l’employeur et qui se traduit par un accord avec l’employé pour une sortie anticipée. Comme les plus de 50 ans bénéficient de trois ans d’indemnisation au lieu de deux, les allocations chômage permettent souvent de faire la jonction avec la retraite à taux plein à 62 ans. « Ce ne sont rien de moins que des pré-retraites déguisées », résume Anne Sonnet, responsable seniors de l’OCDE [8].

Les ruptures conventionnelles à l’initiative des employeurs sont légions. « Mes confrères et moi-même le constatons : il y a des recours aux ruptures conventionnelles à répétition, souligne Sophie Bourrier, psychologue du travail proposant des consultations dans le cadre du réseau Souffrance et Travail. Mais certaines sociétés font attention à les limiter en nombre et dans le temps afin d’éviter un contrôle de l’inspection du travail. » Cette dernière risquerait alors de les requalifier en licenciement. « Pour la CGT, ce dispositif est surtout favorable aux employeurs qui mettent une pression sur les salariés afin qu’ils acceptent, note Pierre-Yves Chanu. Surtout, ils ne les informent pas que cela réduira de fait le niveau de leur pension. »

Des seniors qui se battent pour leurs droits

Difficile de savoir quelle est l’ampleur de ces pressions pour la signature d’une rupture conventionnelle. Cependant beaucoup de témoignages concordent. Comme celui de Jean-Pierre, aujourd’hui âgé de 67 ans et à la retraite. Il raconte, ce qu’il a vécu il y a sept ans quand il était salarié et conseiller prud’homal CFDT : « Dans une mission locale du Languedoc Roussillon, le directeur avec lequel j’entretenais de bonnes relations m’a proposé une rupture conventionnelle qui ne présentait, selon lui, que des avantages pour moi. Après une longue réflexion, j’ai finalement refusé. Dès lors, j’ai été sujet à de nombreuses et malveillantes pressions professionnelles jusqu’à ce qu’une procédure de licenciement soit engagée contre moi pour faute grave. Bouleversé psychologiquement par cette démarche, après conseils de mon syndicat et au vu des pièces de mon dossier, j’ai entamé une démarche judiciaire pour harcèlement moral et discrimination syndicale. » L’affaire s’est conclue par un accord transactionnel qui lui a permis d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans mais aussi un dédommagement financier.

Agnès, âgée aujourd’hui de 53 ans, basée en Rhône-Alpes, a pour sa part finalement accepté la rupture conventionnelle que son employeur lui proposait. Après avoir géré pendant 20 ans l’exploitation d’un logiciel de gestion très spécifique, l’entreprise pour laquelle elle travaillait a opté pour une mutation informatique. « En 2013, nous avons fait la migration. Ayant été mise à l’écart du projet et me retrouvant sans fonction précise, j’ai demandé une formation et proposé de mettre mes compétences au service d’une autre équipe de l’entreprise », raconte cette dernière.

Le traumatisme du chômage de longue durée

La quinquagénaire n’est alors pas étonnée quand elle obtient un rendez-vous avec le service des ressources humaines…. qui lui propose finalement une rupture conventionnelle. « Deux ans auparavant, ils avaient déjà procédé ainsi avec quelques postes occupés par des plus de 50 ans », se souvient-elle. Agnès ne veut alors pas quitter son entreprise, anticipant les difficultés qu’elle rencontrera sur le marché du travail. « Mais c’était peine perdue. Quand un poste de vendeuse à domicile de produits innovants allemands s’est présenté, j’ai accepté de lâcher prise mais j’ai vécu cette rupture conventionnelle, après 20 ans d’ancienneté, comme un licenciement. » Aujourd’hui, elle bénéficie encore de deux ans de chômage. Elle a conscience que son temps est compté… même si elle se remet encore doucement du choc de ce départ. « J’aurais du mal à reprendre un poste dans l’immédiat. Une mission courte, même pour un poste sans qualification, me permettrait de remettre un pied à l’étrier. »

Une fois au chômage, le risque principal est que la situation s’enlise. « Tout le monde peut se retrouver au chômage, analyse Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE [9]. Mais quand on est senior, parfois dès 50 ans, on tombe dans une trappe dans laquelle il est très difficile de sortir : le chômage de longue durée. » En clair : si les entreprises ne licencient plus massivement les seniors, ils ne les recrutent pas non plus. Tandis qu’en 2007, les plus de 55 ans ne représentaient « que » 8% des chômeurs très éloignés de l’emploi, ils correspondent désormais au quart (24%) de cette catégorie en 2013.

« J’étais prêt à balayer les cours mais cela n’intéressait personne »

Ils vivent alors souvent le chômage comme une expérience d’exclusion durable. Ce fut le cas pour Didier, aujourd’hui âgé de 66 ans. Il a connu une traversée du désert sur le marché du travail, entrecoupé de quelques expériences, jusqu’à sa retraite. A 45 ans, alors qu’il occupait un poste de cadre et manageait une quinzaine de personnes, il est licencié. Il se bat, obtient des stages, des missions courtes en comptabilité pour des entreprises et même pour le Diocèse de Marseille. Mais pour mieux revenir à Pôle Emploi, la case départ.

A 50 ans, il tente sa chance et lance sa boite. « C’était avec un collègue chômeur », précise-t-il. Ils lancent ensemble une entreprise de machines-outils testant l’étanchéité de contenants. Mais l’investissement initial n’est pas rentabilisé. L’entreprise meurt. « J’avais 52 ans ; j’étais au tapis, explique-il aujourd’hui, la voix encore chargée d’émotion. Plus l’âge avançait, moins j’avais de réponse à mes sollicitations… Je me marginalisais. »

Dans le cas d’un chômage de longue durée qui pèse tant sur les finances que sur le moral, la retraite représente alors un soulagement. « Je rentrais à nouveau dans un schéma normal. Je retrouvais ma fierté. Je cessais d’être demandeur, en permanence. C’était ça le plus difficile : j’étais prêt à balayer les cours mais même cela n’intéressait personne. » Un rejet qui illustre le fait que le marché du travail n’est pas clément et l’est encore moins vis-à-vis des seniors.

Création d’entreprise : une solution réservée aux cadres qui en ont les moyens

Souvent la solution face à la réticence des entreprises à recruter des seniors est, pour ces derniers, la création de sa propre entreprise. C’est le choix qu’a fait Sonia, suite à un plan de départs volontaires, en Ile-de-France. « J’étais responsable commerciale pour un groupe hôtelier et je souhaitais redevenir assistance de direction, avec des missions plus larges, souligne Sonia, actuellement âgée de 52 ans. Mais je me suis heurtée à la réalité du marché du travail : j’étais trop vieille pour un CDI. »

Elle envoie des CV sans préciser son âge mais, à l’occasion de nombreux entretiens, réalise que cela coince. Beaucoup de non-dits. « On me disait que je connaissais trop de monde dans mon secteur, que j’étais trop qualifiée ou on ne me rappelait simplement pas », se souvient-elle. Pleine de bonne volonté, elle décide de s’investir dans une association professionnelle et, au bout d’un an, crée son auto-entreprise. « J’ai eu de la chance. Mon ancien employeur, présent au sein de cette association, m’a proposé de faire une mission proche de ce que je réalisais pour lui. » Elle utilise alors son carnet d’adresses pour promouvoir le lancement d’un nouvel hôtel. Le client – ancien-employeur – est ravi de la prestation et lui commande d’autres missions. La responsable commerciale à son compte a ainsi accepté d’être flexible – et a été en capacité de le faire – en espérant, qu’avec le temps, son carnet de commande sera suffisamment conséquent pour recruter à son tour. « Au moins, aujourd’hui, je dégage un salaire correct. »

Des pensions inférieures de 40% à celles des hommes

Cette perspective est bien loin d’être garantie pour les femmes à l’approche de la retraite. « Malgré huit lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tous temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard », pointe un collectif d’associations pour le droits des femmes, dans une lettre ouverte adressée aux trois syndicats signataires de l’accord [10].

Devenir un créateur d’entreprise quand on est un « senior chômeur » n’est pas à la portée de tous. Les ouvriers et employés au chômage ne disposent pas des ressorts et des réseaux d’un cadre. Ceux qui peuvent compter sur la solidarité de leur famille et, surtout, de leur conjoint ont plus de chance de réussir. Ce qui signifie que leurs proches doivent aussi en avoir les moyens. La solidarité privée succède alors à celle, publique, de la société. De quoi encore renforcer les inégalités. Est-ce bien la volonté des organisations syndicales qui s’apprêtent à signer l’accord ?

Morgane Remy

Photo : Manifestation à Brest contre la réforme des retraites de 2010 / CC Jyc1 via Flickr

Notes

[1] Voir les indicateurs de la Sécurité sociale.

[2] Voir ici.

[3] A consulter ici.

[4] Editions Michalon, 2008.

[5] A consulter ici.

[6] Voir ici.

[7Chiffres de 2012 du ministère du Travail.

[8] Voirici.

[9] Voir ici.

[10] Lettre ouverte signée par Attac, la Fondation Copernic, Osez le féminisme, le Planning familial, Les effronté-e-s... à lire ici.

Les retraités à l’Elysée dénoncent la poursuite de l’austérité

Communiqué Intersyndical

Les neuf Organisations de retraités (UCR-FO, UCR-CGT, UNAR-CFTC, UNIR/CFE-CGC, FSU-Retraités, UNIRS-Solidaires, FGR-FP, Ensemble et Solidaires-UNRPA et LSR) ont été reçues par le Conseiller social du Président de la République, Monsieur Michel YAHIEL.


Elles lui ont remis les cartes postales-pétitions signées par 92 776 personnes auxquelles il faut ajouter 3 178 autres signatures en ligne, sachant qu’en outre des milliers d’autres ont été déposées dans les Préfectures sur tout le territoire national le même jour.


Elles ont rappelé leurs revendications touchant au pouvoir d’achat en demandant l’arrêt du gel des pensions et des retraites, l’abrogation des mesures fiscales qui frappent les retraités, l’amélioration du pouvoir d’achat et le retour à une indexation au 1er janvier calculée sur l’évolution des salaires et non des prix.


Le Conseiller a indiqué que la Loi de financement en préparation changerait le mode de calcul des revalorisations. Elles seraient désormais calculées sur l’évolution des prix des douze mois précédents et non plus en fonction d’une prévision qui aurait conduit, certaines années, à une évolution négative des retraites.


Mais, il a confirmé que la date de revalorisation resterait au 1er octobre et ne serait pas ramenée au 1er avril comme toutes les autres prestations (cela entraînera des dates de revalorisations différentes pour l’ASPA -minimum vieillesse- et le minimum contributif).


Les retraités se sont étonnés qu’aucune annonce n’ait été faite au 1er octobre, ce qui confirmerait la poursuite du gel des pensions en vigueur depuis le 1er avril 2013. Le Conseiller social a indiqué que l’annonce viendrait bientôt. Mais le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale prévoit que les pensions de retraite devraient être revalorisées de 0,1% au 1er octobre (ce qui représenterait environ 1 euro de revalorisation par mois sur une pension moyenne !).


Le Conseiller social a reconnu que les mesures fiscales avaient touché les retraités, mais a estimé que les mesures récentes (la suppression de la première tranche d’imposition sur le revenu) vont alléger la pression fiscale pour une partie d’entre eux !


S’agissant du projet de Loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV), les neuf Organisations de retraités ont rappelé leur demande de participation aux Instances de consultation, tant au niveau national que local. Le Conseiller social a confirmé la publication de la Loi au 1er janvier 2016 et relayera la demande des Organisations de retraités d’être consultées régulièrement, reconnaissant ainsi que la représentation des retraités devra être assurée dans le cadre de la nouvelle organisation.


Au final, c’est bien la poursuite de l’austérité qui a été confirmée, faute de mesures concrètes pour améliorer les retraites. Les Organisations réunies ce jour rappellent que 10% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté.


Les Organisations de retraités ont décidé de poursuivre la campagne d’information et de mobilisation et envisagent de construire une nouvelle journée de mobilisations le 24 novembre 2015.


La baisse du niveau de vie des retraités n’est ni acceptable, ni inéluctable !


Paris, le 5 octobre 2015

Mardi 17 mars : mobilisation pour les retraites !

 


Depuis plusieurs années, les 16 millions de retraités de ce pays, du secteur public comme du privé, constatent que leur situation ne cesse de se dégrader. Par dizaines de milliers, les 3 juin et 30 septembre, ils ont montré leur colère et leur détermination à ne pas laisser se poursuivre la dégradation de leur pouvoir d’achat, de leurs droits et garanties en matière de retraite et de protection sociale.


Pour nos organisations, la retraite n’est pas un privilège ou une prestation sociale.


Elle est un droit obtenu par le travail et son niveau est directement le résultat des rémunérations perçues pendant la vie professionnelle et le nombre d’années cotisées, corrigé de mesures de solidarité.

Inacceptable que 10 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, que 7 % des retraités de 60 à 69 ans occupent un emploi en 2012, chiffre qui a doublé depuis 2006.


La moitié d’entre eux y sont contraints par le montant insuffisant de leur pension.


Inacceptable, aucune revalorisation des pensions depuis le 1er avril 2013 alors que le pouvoir d’achat des retraités baisse depuis des années du fait de l'augmentation constante des dépenses contraintes et des multiples mesures fiscales (CASA, disparition de la demi-part parent isolé, fiscalisation de la majoration pour 3 enfants, augmentation de la TVA, modification de l'assiette de la CSG, …). Aujourd'hui trop de retraités, et particulièrement des femmes, sont en dessous du seuil de pauvreté, y compris avec une carrière complète. L’aggravation de la baisse du pouvoir d’achat des retraités ne résoudra en rien les difficultés financières des régimes de retraites, ni ne favorisera le retour de la croissance.

Inacceptables les reports successifs de la mise en oeuvre de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement, alors que le reste à charge des personnes en perte d'autonomie ne cesse de croître. Les 0,3 % de la CASA prélevés sur les pensions doivent être intégralement attribués au financement de la perte d'autonomie.


Inacceptable que l'accès aux soins devienne de plus en plus difficile du fait du manque de médecins, des dépassements d'honoraires, du désengagement de la Sécurité Sociale provoquant l'augmentation du prix des complémentaires santé.


Dans l'immédiat, les retraités revendiquent :

- La fin du gel des pensions et l'amélioration du pouvoir d'achat des retraités avec l'indexation des pensions sur l'évolution des salaires et un minimum de retraite équivalant au SMIC pour tout retraité ayant une carrière complète.

- La mise en oeuvre courant 2015 de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement et la prise en charge de la perte d'autonomie par la Sécurité Sociale.

- Le développement et le renforcement des services publics indispensables à une vie digne, en particulier dans le domaine de la santé.

 

MANIFESTATION DES RETRAITES le 17 MARS
à l'appel de 8 organisations
 
à 14h00 de la place Léon Blum (métro Voltaire)
 
en direction du ministère des finances.

Retraites et financement : il est où le problème ?

 

C’est reparti pour un tour, on nous parle de passer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et à 68 ans, sans décote. Peu à peu l’on insère dans nos esprit que ces mesures sont inéluctables et qu’au final chacun devra préparer sa retraite suivant ses moyens car l’âge de départ sera sans cesse repoussé. Si les gens font un petite calcul ils s’apercevront rapidement que c’est le retour à Germinal, car seul les hauts revenus pourront se payer une retraite, pour les autres ce sera le travail jusqu’à leur mort !

 

La retraite c’est le transfert des richesses de ceux qui travaillent vers ceux qui ne travaillent plus, sans que cela ne dépende le moins du monde du nombre d’actifs ! Si dans les années 60 il y avait trois actifs pour un retraité, si actuellement il y a deux actifs pour un retraité, et si demain il n’y a qu’un actif pour un retraité, ce n’est pas un problème. Grâce aux gains de productivité et au progrès technique un actif d’aujourd’hui produit plus de richesse que trois actifs de 1960 et beaucoup moins qu’un actif de demain. Dans les années 50 il y avait quinze millions d’agriculteurs pour nourrir 40 millions de français, actuellement, il n’y a plus qu’un seul million d’agriculteurs qui nourrissent 65 millions de personnes. Cela grâce aux nouvelles technologies et à un meilleur rendement. Le nombre de personnes à nourrir n’est pas dépendant du nombre d’agriculteurs !

La richesse d’une nation se définit par le produit intérieur brut : le PIB. Le produit intérieur brut de la France, c’est-à-dire la richesse créée au cours de l’année 2014 est évalué à 2 134 milliards d’euros, par comparaison, celui du Royaume-Uni est de 2 232 milliards d’euros, mais pour l’anecdote, le Royaume-Uni prend en compte les revenus de la drogue et de la prostitution dans son PIB, contrairement à la France. Et l’on sait que même avec une croissance extrêmement faible de 1,7 % par an, le PIB doublera en 40 ans. Aujourd’hui le PIB de la France est donc de 2 134 milliards, auxquels il faut prendre 280 milliards pour financer les retraites et il reste donc 1 854 milliards pour les autres dépenses de la nation. En 2054, le PIB sera donc de 4 308 milliards auxquels il faudra soustraire 700 milliards pour les retraites, et il restera donc 3 608 milliards pour les autres dépenses de la nation : il est où le problème ?

Le problème, c’est qu’une poignée de privilégiés se sont accaparés une grande partie des richesses de la nation. Ce que les travailleurs et salariés produisent disparait dans les poches des actionnaires et alimente les paradis fiscaux ! Les différents gouvernements UMP ou PS déversent des flots d’argent aux grandes entreprises privés sans aucune contrepartie : Le budget de la nation est de 280 milliards d’euros et sur la même période, les aides, subventions, allègements fiscaux, et autre compensations de cotisations représentent 230 milliards d’euros ! On est dans une logique aberrante ou les entreprises privées coûtent plus cher aux contribuables que les services et entreprises publics… cherchez l’erreur ! Les médias, journaux, télévision et radio à la solde de la classe dirigeante nous mentent quotidiennement et déversent leur propagande : « qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. » Au moment où Sarkozy dans son projet pour 2017 nous dit qu’il veut supprimer l’impôt sur la fortune, il est bon de rappeler que la fraude fiscale approche les 80 milliards par an. Ce n’est pas loin de deux fois le coût annuel de la dette.

De l’argent il y en a, il y en a même beaucoup. Et c’est en allant le chercher là où il se trouve que l’on pourra payer de bonnes retraites à 60 ans et assurer une protection sociale de haut niveau à l’ensemble de la population ! Et méfiez-vous des bonnes âmes qui vous disent qu’il faut préparer sa retraite, en sous-entendant que le système de financement est à bout de souffle. Le meilleur moyen de préparer sa retraite c’est de se battre pour la garder !

2ccr.wordpress.com

Action unitaire pour les retraites

 

Les organisations syndicales de retraités : UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, SFRN-FSU, UNIR-Solidaires, UNRPA-Ensemble et solidaires, FGR-FP, LSR se sont rencontrées le lundi 9 février.

 

Elles ont fait le constat que la situation des retraités se dégrade de manière continue, ce que les derniers éléments des rapports du COR et de l’INSEE confirment.

 

Les organisations syndicales de retraités dénoncent la baisse du pouvoir d’achat, la dégradation des conditions d’accès aux soins, le délitement des services publics, le report scandaleux de la mise en œuvre de la loi d’adaptation de la société au vieillissement.

 

Elles ont donc convenu du principe d’une mobilisation des retraités sur les quatre thèmes ci-dessus dans les semaines à venir dont la date sera précisée prochainement.

 

Les retraités n’accepteront pas d’être les oubliés de la société.

 

 

Cette action unitaire aura lieu le 17 mars prochain.

Nous vous informerons des formes d'actions proposées elles prendront des formes différentes dans chaque région ou département. N'hésitez pas à vous renseigner près de votre lieu de domicile.

Les 4 thèmes

  • la baisse du pouvoir d’achat,

  • la dégradation des conditions d’accès aux soins,

  • le délitement des services publics,

  • le report scandaleux de la mise en œuvre de la loi d’adaptation de la société au vieillissement

Informations supplémentaires