Economie

Darmanin au pays de l'or gris

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Encore des bisous aux vieux. Ils n'auront jamais été autant bisouillés devant les caméras. Après Macron, c'est Gérald Darmanin qui s'y colle. L'Emission Politique de France 2 a amené le ministre des comptes publics parler CSG dans un thé dansant. Trois bises, trois pas de danse : c'est pratique, le vieux. Trois bises, trois pas de danse, un air d'accordéon (le vieux n'aime que l'accordéon) et ça se laisse tondre gentiment. "On vous a augmenté vos retraites." "Huit euros par mois !" "C'est mieux que rien".

Sauf qu'après le thé dansant, Darmanin doit affronter un autre calibre : Olivier Besancenot. Lequel Besancenot commence par lui faire admettre que la hausse de la CSG sur les pensions de retraite, contrairement aux proclamations répétées du gouvernement, s'appliquera bien aussi à des retraités dont la pension est inférieure à 1200 euros, pour peu qu'ils vivent en couple. C'est le revenu fiscal du ménage, qui sera pris en compte (petit tour de passe-passe supplémentaire dans la présentation de la mesure). Réponse de Darmanin : il existe aussi des retraités à 1200 euros qui sont assujettis à l'ISF. Sans doute sans doute. Et il y a aussi des canards à cornes.

Tant qu'on est sur le sujet des vieux, glissons donc sur les EHPAD. Leurs personnels étaient justement dans la rue le même jour. On n'a jamais tant parlé des maisons de retraite médicalisées que depuis quelques mois. L'EHPAD est désormais un sujet politique, avec son manque de moyens de plus en plus éclatant. Les personnels ne craignent plus de parler de douches, d'incontinence, et du fameux "VMC" (visage mains cul) à quoi se résume parfois la toilette des résidents, faute de temps. C'est une révolution qui n'a pas été assez soulignée.

Une des particularités du secteur, c'est qu'il se partage entre public et privé. La lutte des classes divise aussi le quatrième âge. Soudain, une phrase citée par Besancenot : "le filon de l'or gris a de quoi faire rêver les investisseurs". Un journal, assure Besancenot, aurait écrit ça. Vérification faite, c'est exact. Un journal, Le Revenu, a écrit ça. Ce magazine s'adresse aux investisseurs désemparés, qui hésitent entre l'achat d'actions des deux géants français de la maison de retraite médicalisée, Orpea et Korian. Et oui : il y a bien des investisseurs, qui salivent sur le gros gâteau d'Alzheimer, et sur les délicieuses promesses de Parkinson. On se couche, des étoiles plein les yeux.

Darmanin au thé dansant

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