Europe

Retour en Wallonie (2)

CETA : la "petite Wallonie" impose ses volontés

Par Pierrick Tillet

Lorsque la Belgique annonça qu’elle était désormais prête à signer le CETA, beaucoup crièrent à la capitulation de Paul Magnette et de ses “petits Wallons”. Totale erreur. Dans son désormais célèbre discours, le ministre-président précisait bien que son objectif n’était pas de refuser en bloc le traité d’accord Canada-UE, mais d’en amender certains abus criants, notamment sur les services publics et les exceptions nationales.

On peut critiquer, la position wallone mais, comme le note Raoul Marc Jennar, le fait est que les revendications exprimées par Paul Magnette figurent presque intégralement sur le nouveau texte proposé par la Belgique :
- Le CETA n’empêcherait plus les pouvoirs publics de fournir des services publics précédemment assurés par des fournisseurs privés.
- Ni de ramener sous contrôle public des services précédemment privatisés. l
- Le CETA n’impliquerait plus que l’adjudication d’un service public à des fournisseurs privés le fasse irrémédiablement entrer celui-ci dans le domaine des services commerciaux soumis à d’opaques juridictions internationales.

« C’est la fin de l’effet de cliquet », constate Raoul Marc Jennar. « C’est la fin de l’irréversibilité des privatisations telle qu’elle se trouve dans le TISA. » Nos médias de propagande se sont bien sûr gardés de faire la publicité sur les nouvelles mesures de ce nouveau texte admis par des autorités occidentales aux abois pour sauver leur barcasse en péril. On peut néanmoins être sûr qu’elles feront tout pour revenir sur des dispositions qui effacerait totalement l’esprit néolibéral tordu de leur CETA primitif.

Enfin, le nouveau texte présenté par la Belgique sous pression wallonne va devoir être soumis aux 27 autres pays membres de l’UE (entendez “dirigeants des 27 autres pays”). Autant dire que rien n’est encore joué et qu’il est bien prématuré de hurler à la capitulation wallonne à l’heure qu’il est.

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