Féminisme

"Je déclare avoir été violée"

"Je déclare avoir été violée"

Ce texte signé de 313 femmes est paru dans Le Nouvel Observateur. Il nous a semblé nécessaire de le relayer : la société d'égalité que nous voulons implique une absolue égalité en droits et pouvoirs des hommes et des femmes. Quittons aussi l'idée très télévisuelle du violeur étranger : dans 80% des cas, le violeur est un proche, parent, époux, etc.

En savoir plus sur http://tempsreel.nouvelobs.com/viol-le-manifeste/20121119.OBS9861/je-declare-avoir-ete-violee-l-obs-lance-le-manifeste-des-313.html

 

Le "Manifeste des 313" : "Je déclare avoir été violée"

En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.


Trop de stéréotypes entourent le viol. Dans l’imaginaire collectif, il se déroule dans une ruelle sombre et est perpétré par un inconnu physiquement menaçant. Dans la vraie vie, les violeurs sont le plus souvent connus de la victime et leur arme ressemble plus au chantage affectif qu’à un couteau, à la menace professionnelle ou financière qu’à un pistolet. Là se niche toute la complexité de ce crime qui s’inscrit dans un rapport de domination historique, celui du masculin sur le féminin.

Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique. Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant".


Elles ont déjà signé le Manifeste :  
Clémentine Autain, 39 ans, femme politique ; Frédérique Hébrard, 85 ans, écrivain et scénariste ; Isabelle Demongeot, 46 ans, ex-championne de tennis ; Caroline de Haas, 32 ans, conseillère au ministère des Droits des femmes, Marie-Laure de Villepin, 50 ans ; Marie Pauline Ferrari, 51 ans, vice-consule à l’ambassade des Seychelles ; Lea Belek, 43 ans, directrice de clientèle dans la publicité ; Caroline Sinz, 49 ans, journaliste...

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