Luttes locales

Forte reprise des expulsions sans décision de justice ni solution de relogement, particulièrement en Ile-de-France

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Recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles) en France – 1e et 2e trimestres 2017

Depuis le début de 2017, au total 4382 Roms ont été expulsées de 50 lieux de vie en France.

2689 personnes ont été expulsées de force par les autorités publiques, 897 ont fait l’objet d’une évacuation suite aux incendies qui se sont déclarés dans sept lieux de vie. En outre 796 personnes ont quitté leurs lieux de vie sous la pression d’une expulsion imminente.

Durant le premier trimestre 2017, 1182 Roms ont été expulsés de force par les autorités publiques de 12 bidonvilles et squats. S’y ajoutent 847 personnes expulsées de six lieux de vie à la suite d’un incendie. En outre 342 personnes ont quitté trois lieux avant l’arrivée de la police sous la pression d’une expulsion imminente.

Si les chiffres apparaissent en baisse par rapport à ceux du dernier trimestre 2016 (2 958), ils demeurent inquiétants au regard des conditions de leur mise en œuvre. Ils apparaissent particulièrement élevés alors que la loi « Egalité et citoyenneté » entrée en vigueur le 27 janvier 2017[1] reconnaît désormais la possibilité d’appliquer la trêve hivernale pour ces habitants précaires et d’apprécier les délais pour procéder à ces expulsions, notamment en cas d’engorgement des dispositifs d’hébergements d’urgence. Ces bonnes intentions de principe n’ont pas été appliquées pour ces familles roms, comme l’ont démontré les résultats du recensement du premier trimestre.

Durant le deuxième trimestre, au total 2011 Roms ont fait face à des expulsions de 29 squats et bidonvilles. 1507 d’entre eux ont été expulsés par les forces de l’ordre de 27 lieux de vie. Une seule évacuation suite à un incendie a été notée pendant le trimestre en l’occurrence, concernant 50 personnes. Cependant, on observe une augmentation du nombre de personnes ayant quitté leurs lieux de vie avant l’arrivée des autorités sous la pression d’une expulsion imminente. Ainsi 454 personnes sont parties avant le début de l’évacuation du terrain, ce qui fait une augmentation de 112 personnes par rapport au premier trimestre de 2017.

Depuis le début de 2017, le nombre de lieux de vie évacués faisant l’objet d’un arrêté de péril ou d’insalubrité pris par une autorité communale ou préfectorale reste élevé, relevant donc de la seule décision de l’administration. Moins de la moitié des expulsions recensées (23) faisaient suite à une assignation devant les tribunaux par les propriétaires des terrains ou des squats, alors que les autres 18 reposaient sur une simple décision administrative, sans intervention du Juge pour en apprécier l’opportunité, les modalités et le calendrier.

Sur les 39 expulsions de force effectuées par les autorités, 17 opérations ont été conduites sans qu’aucune solution d’hébergement, même partielle, ne soit proposée aux personnes concernées. Les familles ont donc été remises à la rue par les pouvoirs publics, déplaçant le problème et accentuant la précarité des familles. Une telle action est en flagrante contradiction avec les dispositions prévues par la circulaire de 26 août 2012[2], qui prévoit une obligation pour les autorités d’un diagnostic préalable, ainsi que des réponses de relogement adaptées. Des solutions d’hébergement ont été proposées suivant 4 évacuations à la suite d’un incendie, dans la plupart des cas il s’agit de solutions temporaires : une mise à l’abri ou de l’hébergement d’urgence.

Depuis le début de l’année, la région Ile-de-France concentre l’essentiel des opérations menées et représente 59 % du nombre total des personnes expulsées, suivie de loin par les régions Auvergne-Rhône-Alpes (11 %) et Occitanie (11 %). Cette situation témoigne de la crise aiguë connue dans la capitale en matière de logements accessibles, de structures d’hébergement adaptées et l’insuffisance chronique des moyens mobilisés pour faire face aux besoins.

Des réponses pérennes sont possibles, comme le montre le rapport annuel du Collectif national des droits de l’Homme Romeurope, avec vingt propositions pour une politique d’inclusion des personnes vivant en bidonvilles et en squats[3].

De même, dans son rapport annuel, la Fondation Abbé-Pierre met en avant la nécessité d’une redéfinition du « cadre de la mission nationale de résorption des bidonvilles, arrivée à son terme en décembre 2016 ». « Quelles que soient leur origine, leur situation administrative et leur localisation, les personnes contraintes de vivre dans des bidonvilles ne doivent pas continuer à subir une politique sécuritaire d’évacuations et expulsions à répétition sans solution, mais plutôt faire l’objet d’une politique sociale adressée à des personnes en situation de précarité, dans l’esprit de la circulaire de 2012[4]. »

 

Remarque :

Ce recensement est le fruit d’un travail commun entre la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le European Roma Rights Centre (ERRC), avec le soutien du Collectif national droits de l’Homme Romeurope. Sans avoir la prétention à l’exhaustivité de la situation étant donné le manque de données officielles disponibles, ce recensement voudrait cependant en être l’expression la plus objective possible.

 

Téléchargez le document complet

Version anglaise du recensement disponible sur ici et site du ERRC : www.errc.org

 

[1] Article 143 de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté

[2] http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/campements-illicites-cadre-action-pour-services-etat.html

[3] http://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2017/02/Rapport_2017_20-propositions-1.pdf

[4] Fondation Abbé Pierre, L’état de mal-logement en France, 22 rapport annuel, 2017, p.104

Le vrai "populisme"

La maire de Bondy vient de faire distribuer une lettre sous enveloppe « aux riverains de l’Avenue de Rosny et ses environs ».

L’ensemble (rédaction, papier, enveloppe, impression et distribution) est payé par vos impôts.

Elle y attaque Bondy autrement.

Ça change.

 

Il paraît que nous nous sommes opposés à l’expulsion du campement de Rroms Avenue de Rosny. En fait, nous avons publié sur notre site un texte des enseignants du lycée Renoir (http://www.bondy-autrement.org/index.php/luttes-locales/110-rroms/3451-campement-rrom-a-baudin-declaration-des-enseignants-de-renoir). La Ligue des Droits de l’Homme et le Réseau Education Sans frontières ont aussi partagé cette déclaration. 

Le site Alternative Libertaire du 93 (publicité gratuite) a également traité du fait : http://www.libertaires93.org/Bondy-Pas-d-expulsion-sans-relogement.html.

 

Mais c’est Bondy autrement que la maire attaque avec l’argent des Bondynois.

Bientôt quand ses chaussures Louboutin écraseront une crotte de chien, ce sera de notre faute.

Au lieu de courir derrière les électeurs des derniers quartiers pavillonnaires, elle ferait mieux de s’occuper des vrais problèmes de logement et de scolarisation des Bondynois.

 

Ça changera.

 

Situation d'extrême urgence pour 13 familles expulsées à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

 

 

Association Rom Réussite 70 rue du Capitaine Dreyfus

93100 Montreuil

 

à

 

Mme la Ministre chargée du Logement et de l'Habitat Durable Mme la Ministre chargée des Affaires Sociales et de la Santé,

Mme la Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, Mme la Sénatrice de Seine-Saint-Denis, en charge des Affaires Sociales,

M. le Député de la circonscription de Montreuil-Bagnolet

M. le Préfet de la Région Ile-de-France

M. le Préfet de Seine-Saint-Denis Mme la Préfète déléguée pour l'égalité des chances en Seine-Saint-Denis

M. le Maire de Montreuil,

M. le Président de l'Etablissement Public Terriorial Est Ensemble,

M. le Directeur de la DRIHL en Ile-de France,

M. Philippe Martel, Président d'Interlogement 93,

M. le Président du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis,

 

 

Montreuil, le 13 août 2016

 

Situation d'extrême urgence pour 13 familles expulsées à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

 

 

Le jeudi 28 juillet, 13 familles vivant depuis 2010 sur un terrain sis au 250 bd de la Boissière à Montreuil, ont été expulsées par la police, suite à l'arrêté pris par la Municipalité le 9 octobre 2015 en raison de « péril imminent ».

 

Ces familles n'ont pas été prévenues de la date de l'expulsion et n'ont pu récupérer l'intégralité de leurs affaires.

De plus, aucun diagnostic social, aucune proposition de relogement, préalables à l'expulsion n'ont été effectués par la Préfecture.

Ni l'esprit, ni la lettre de la circulaire du 26 août 2012 n'ont été appliqués.

 

Depuis plus de quinze jours, les familles Lacatusi, Ciurar, Ciki, Bancu, Moldovan, Sobolan, Rostas, _ soit 61 personnes dont 32 mineurs, 4 sont des nourrissons _ tentent de survivre à la rue.

 

Ces familles vivent depuis des années, certaines depuis dix ans, à Montreuil. Les premières années, elles ont dû s'installer dans différents lieux de la ville, n'ayant jamais pu bénéficier des dispositifs publics d'aide.

 

Boulevard de la Boissière, leur habitat était certes précaire et insalubre. Mais elles avaient trouvé une relative stabilité, leur permettant, avec l'unique soutien, depuis 2014, de l'Association Rom Réussite, d'entamer un processus d'insertion. Une Convention d'Hébergement Provisoire avait même été signée avec la Ville le 29 décembre 2010. Suite à une première demande d'expulsion au printemps 2015, ces familles ont réglé au Trésor Public 800 euros « d'indemnités d'occupation » pour 2015 (LOC 35413).

 

Ces familles sont référencées auprès des Services Sociaux, 6 sont domiciliées au CCAS, 2 étaient en attente d'acceptation; quatre familles avaient déposé une demande de logement social.

Les enfants sont nés à l'hôpital de Montreuil et sont suivis par la PMI.

Six d'entre eux sont scolarisés en élémentaire et au collège _ un dispositif pour élèves allophones (UP2A) va même être mis en place à la rentrée dans l'école du secteur Boissière. L'Association Rom Réussite prévoyait de finaliser cet été les inscriptions scolaires des plus jeunes, dont six enfants en maternelle.

Neuf adultes sont inscrits depuis 2014 à Pôle Emploi ; l'un a monté son entreprise de recyclage.

 

L'alphabétisation des femmes était la prochaine étape prévue dès septembre 2016. Rom Réussite oeuvrait également à la création d'une entreprise par et pour ces familles.

 

Ce processus d'insertion a donc été stoppé net le 28 juillet au matin.

Selon la Municipalité, deux nuits en hébergement d'urgence, avec séparation des couples parentaux, ont été proposéesà4familles.Souslechocdel'expulsion,effrayéesparlesdéplacementsimposésetleurnonmaîtrisedelalanguefrançaise,3famillesontdemandéuncourtdélaipours'organiser_la4eavaitrentrerenRoumaniepourraisonsfamiliales (en ayant prévenu le CCAS) et n’a pu être informée àtemps.

Ces délais ont été considérés comme un refus!

 

Siunesolutionpérennen'estpastrouvéeauplusvitepources13familles,leurvolontéetleursdémarchesd'insertionserontréduitsànéant,lascolarisationdesenfantsneseraplusassurée_sansparlerdelasituationsanitaireactuelle,catastrophique, notamment pour les plusjeunes.

 

 

Ces familles, l'Association Rom Réussite, tous leurs soutiens, montreuillois et nationaux, demandent, en urgence:

 

_ à Mme Marisol Touraine, Ministre chargée des Affaires Sociales et de laSanté,

_ à Mme Ségolène Neuville, Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contrel’exclusion,

_ à Mme Aline Archimbault, Sénatrice de Seine-Saint-Denis, en charge des AffairesSociales,

_ à M. Razzy Hammadi, Député de la circonscription deMontreuil-Bagnolet,

 

de tout mettre en oeuvre pour que les obligations légales en cas d'expulsion (diagnostic social, propositionsderelogement)soient,mêmeaposteri,respectées,etpourquelesinstitutionsdel'Etatremplissentleursobligationsdesolidarité vis à vis de ces familles;

 

_ à Mme Emmanuelle Cosse, Ministre chargée du Logement et de l'HabitatDurable

_ à M. Jean-François Carenco, Préfet de la RégionIle-de-France

_ à M. Philippe Galli, Préfet deSeine-Saint-Denis

_ à Mme Fadela Benrabia , Préfète déléguée pour l'égalité des chances enSeine-Saint-Denis

_ à M. Patrice Bessac, Maire deMontreuil,

_ à M. Gérard Cosme, Président de l'Etablissement Public Territorial EstEnsemble,

_àM.Jean-MartinDelorme,DirecteurdelaDirectionRégionaleetInterdépartementaledel'HébergementetduLogement en Ile-deFrance,

_ à M. Philippe Martel, Président d'Interlogement93,

 

de proposer à ces familles toutes les solution d'hébergement disponibles à Montreuil ou dans les communeslimitrophes,afin qu'elles puissent aussi continuer les démarches engagées pour leur intégration sociale et économique, et permettrela scolarisation des enfants dans leurs établissements d'origine dès le 1er septembre 2016;

 

 

_ à M. Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental deSeine-Saint-Denis,

 

demettreenplacetouteslesactionsnécessairesàcesfamillesdanslecadredescompétencesduDépartementenmatièredepriseenchargedeleursituationdefragilité,d'exclusionsocialeetdemarginalisation,ainsiquedanslecadre de l'Aide Sociale àl'Enfance.

 

 

LesfamillesLacatusi,Ciurar,Ciki,Bancu,Moldovan,Sobolan,Rostas,ettouslescitoyensquilessoutiennent,vousremercient pour tout ce que vous pourrez mettre en oeuvre afin de remédier au plus vite à cettesituation.

 

 

Signataires :

 

Pour l'Association Rom Réussite, sa Présidente, Liliana Hristache Pour l’Association Ecodrom93, sa Présidente, Jeanne Studer Pour Romeurope93, Marie-Geneviève Guesdon

Pour la Ligue des Droits de L’Homme (Montreuil-Romainville), Anne-Marie Thibout Pour la Fédération 93 du MRAP, son co-président, Sylvain Goldstein

Pour RESF, Richard Moyon (Co-fondateur), Brigitte Wieser, BrigitteCerfPour RESF Montreuil et RESF 93 : José Quazza, Yara Makdessi,

Pour le Secours Catholique 93 : Xavier Vandromme Droit au Logement

Emmaüs France

Pour l'Union de Coordination Locale des FCPE de Montreuil : Nathalie Baneux, Cédric de Mondénard Pour le Collectif Le Béton de la Colère, Olga Papp

Pour les membres de l’association Tant qu’on Sème, son président Yahya Adji Pour Attac 93sud, Daniel Rome

Pour le Parti de Gauche 93, Michel Lamboley

Pour le Parti de Gauche Montreuil, son secrétaire, Claudio Calfuquir

Pour Ensemble ! - Front de gauche Montreuil : Pierre Vila, Nathalie Lana, Franco Bianciardi et John Mullen Pour L'Union départementale CGT 93, son secrétaire général Hervé OSSANT

Pour L’Union syndicale Solidaires, Sébastien Peigney et Verveine Angeli

 

 

 

Et :

Mona Achache (cinéaste), Fouzia Adel (association Montreuil Palestine), Josiane Balasko (comédienne, cinéaste), Jeanne Balibar (comédienne), Catherine Marianne Bastard (membre du Conseil Citoyen de la ville de Montreuil), Luc Battiston (cinéaste), Omar Bekhaled (comédien, cinéaste), Fadila Belkebla (comédienne), Lucas Belvaux (comédien, cinéaste), Sandra Benedetti (journaliste), Emmanuelle Bercot (comédienne, cinéaste), Alain Bernier (syndicaliste CGT), Julie Bertuccelli (cinéaste), Aline Bonnafous (Amnesty International), Cendrine Bonami-Redler (graphiste-carnettiste), Fonfek Borelle, Emilie Bougeard, Geneviève Brisac (écrivaine), Sandra Buaillon, (syndicaliste CGT), Dominique Ca- brera (cinéaste), Laurent Cantet (cinéaste), A. Caizzi (ASET 93), Adeline Cerutti, Patrick Chaize (militant associatif), Catherine Chastaing (syndicaliste CGT de Montreuil), Judith Chemla (comédienne), Chad Chenouga (comédien, ci- néaste), Luc Chessel (comédien), Jean-Paul Civeyrac (cinéaste), Catherine Coquio (universitaire, P7), Catherine Corsini (cinéaste), Annick Coupé (syndicaliste, ancienne porte-parole de Solidaires), Richard Delumbee (syndicaliste CGT de Montreuil), Raphaëlle Desplechin (scénariste), Antoine Desrosières (cinéaste), Behi Djanati Ataï (comédienne), Lau- rence Doumic (cinéaste), Karim Dridi (cinéaste), Mathieu Dujardin, Elsa Duparey (Amnesty International), AnnieEr-naux (écrivaine), Abbas Fahdel (cinéaste), Frédéric Farrucci (cinéaste), Eric Fassin (professeur de science politiqueàl'université Paris VIII), Anissa Fathi, Philippe Faucon (cinéaste), Léa Fehner (cinéaste), Hélène Fillières (comédienne, cinéaste), Emmanuel Finkiel (cinéaste), Alain Frappier (auteur-illustrateur), Désirée Frappier (auteure-scénariste), Esther Garrel (comédienne), Tony Gatlif (cinéaste), Costa-Gavras (cinéaste), Karl Ghazi (syndicaliste CGT), Denis Gheerbrant (cinéaste), Khaled Ghorbal (cinéaste), Thomas Gilou (cinéaste), Yann Gonzalez (cinéaste), Anne Gorouben (artiste plasticienne), Rachel Gotmann, Romain Goupil (cinéaste), Robert Guediguian (cinéaste), Birgit Hilpert (syndi- caliste CGT), Raphaël Jacoulot (cinéaste), Agnès Jaoui (comédienne, cinéaste), Elie Jousselin (militant du PCF Paris), Stéphanie Kalfon (scénariste, cinéaste), Yannick Kergoat (monteur, cinéaste), Laurent Klajnbaum (adhérent PCF), Héléna Klotz (cinéaste), Nicolas Klotz (cinéaste), Gérard Krawczyk (cinéaste), Capucine Larzillière (conseillère muni- cipale Montreuil – Ensemble !), Laura Laufer, Camille Louis (dramaturge et philosophe), Fabienne Layani (travailleuse sociale), Samuel Le Cœur (président de l’association AMELIOR), Christophe Le Masne (cinéaste), Nolwenn Lemesle (cinéaste), Louis-Do de Lencquesaing (comédien, cinéaste), Annie Lobé, Paul Marques Duarte (cinéaste), Benoit Mar- tin (syndicaliste CGT), Marie Matheron (comédienne), Bania Medjbar (cinéaste), Julie Ménard (comédienne), Agnès Merlet (cinéaste), Patrice Milliet (Sud-Education), Jean-Louis Milesi (cinéaste), Jean-Marc Moutout (cinéaste), David Murgia (comédien), Sandrine Oberbek, Jamila Ouzahir (attachée de presse), Arnaud des Pallières (cinéaste), Élisabeth Perceval (cinéaste), Mireille Perrier (comédienne), Nicolas Philibert (cinéaste), Patrick Picard (syndicaliste CGT), Ma- rilyn Poulain (syndicaliste CGT), Aude Léa Rapin (cinéaste), Sandrine Ray (cinéaste), Michèle Ray Gavras (productri- ce), Natacha Régnier (comédienne), Bruno Rolland (cinéaste), Mireille Roques (Amnesty International), Vincent Rot- tiers (comédien), Brigitte Roüan (comédienne, cinéaste), Christian Rouaud (cinéaste), Christophe Ruggia (cinéaste), Véronique Ruggia (comédienne), Pierre Salvadori (cinéaste), Julien Sigalas (comédien, auteur-compostiteur,interprète),Claire Simon (cinéaste), Julie Albertine Simonney (comédienne), Brigitte Sy (cinéaste), Pascal Thomas (cinéaste), Jean-Pierre Thorn (cinéaste), Emmanuelle de Verdilhac (Amnesty International), Muriel Wolfers (syndicaliste CGT), Ysmahane Yaqini (comédienne), Sophie Zafari (syndicaliste FSU), Patrick Zocco (cinéaste)…

Campement Rrom à Baudin : déclaration des enseignants de Renoir

Plusieurs enseignants du lycée Jean Renoir sont allés au campement Rrom qui se trouvent rue Baudin à Noisy-le-Sec sous l'autoroute A86* pour dire notre refus des expulsions.

Les habitants du campement ont expliqué que leurs enfants sont scolarisés (dans des camions).

Les familles n'ont aucune autre solution si elles devaient se retrouver de nouveau à la rue.

Leur précarité actuelle est terrible mais dormir sous des tentes au milieu de nulle part serait encore pire.

Les personnes présentes nous ont dit qu'elles avaient été menacées d'être expulsées dès mardi 21 mars à 7h00. Nous appelons les personnes disponibles à se rendre sur place.

Nous demandons que des solutions de logement durables soient trouvées. Tous les enfants doivent pouvoir être scolarisés dans des conditions correctes.

A l'heure où des pays comme la Grèce, la Jordanie, le Liban, ou la Turquie accueillent des centaines de milliers de réfugiés, voire des millions, il est lamentable de constater qu'un pays riche comme la France se montre incapable de trouver une solution pour quelques centaines de personnes !

 

Jihane Ben Salah, Dominique Blanckaert, Julie Chaintron, Camille Comte, Simon De Gardelle, Lesan Diep, Vincent Duguet, Gabriel Giacomotto, Olympia Grajales, Aline Guedj, Magali Guedj-Amsallem, Paloma Haget, Matthias Hurni, Marie Jossilin, Tony Lampuré, Juliette Lefevre, Stéphanie Lemaitre, Jérôme Martin, Philippe Martinais, Marie-Cécile Michallet, Lucile Mons, Rocia Murillo, Aurélie Murua, Mohamed Nafii, Edmée Pesnot, Christelle Rosset, Sarra Tlili, Gwenaelle Vauzelle

 

* L'autre entrée est en face de l'arrêt "Baudin" du 143 (rue de Rosny).

Appel lancé par le cirque tzigane Romanès, pour que cessent les violences racistes dont le cirque est victime depuis qu'il est installé dans le Square Parodi (Paris 16e)

 

Cela fait vingt ans que le Cirque tzigane Romanès, unique en Europe, est implanté à Paris avec le soutien de la Mairie de Paris. Il nous permet de faire notre métier d’artistes en faisant rayonner et mieux connaître la culture tzigane en France. Nos spectacles ont déjà été accueillis par des milliers de spectateurs.

Depuis vingt ans, nous avons été déplacés dans divers lieux, de la Place Clichy (18e) à la Porte de Champerret (17e) en fonction de la disponibilité des terrains. En tant que Gitans Tziganes, nous avons souvent dû faire face à la méconnaissance de notre culture, voire parfois à des réactions agressives. Nous avons toujours relevé le défi de la peur de l’autre et du racisme.

Installés depuis le mois de juin 2015 dans un nouveau lieu, au Square Parodi dans le 16e arrondissement de Paris, nous faisons face, chaque jour, à un réel vandalisme qui nous fait comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus pour certains.

Chaque jour depuis deux mois, nous sommes confrontés à des actes de délinquance odieux, nos portes et fenêtres de caravanes sont défoncées, nos canalisations d’eau percées, notre branchement internet incendié, toutes nos archives photos ainsi que nos costumes de scène ont été volés, etc. Sans compter les multiples procédures judiciaires déposées contre nous, par diverses associations locales.

Lorsque ce site nous a été proposé par la Mairie de Paris, au vu de la pénurie de terrains, nous n’avons pas eu d’autre choix que d’accepter cette proposition.

A ce stade, la situation est grave car notre avenir professionnel est menacé ainsi que notre sécurité. Pour ces raisons, nous demandons à toutes les bonnes volontés de nous soutenir en signant notre appel afin que cessent ces actes racistes. Nous demandons juste qu’on nous laisse faire notre métier d’artistes qui consiste à accueillir chaleureusement tous les publics et à faire découvrir la culture tzigane, dans toute sa beauté et son intégrité.

Premiers signataires :
Mona Achache, réalisatrice; Ariane Ascaride, actrice, réalisatrice, scénariste; Clémentine Autain, directrice de la revue Regard, porte-parole d’Ensemble; Marie Bastide, parolière; Nathalie Baye, actrice; Esther Benbassa, sénatrice ; Charles Berling, acteur, réalisatrice, scénariste; Jean-François Bernardini, I Muvrini ; Philippe Bertrand, producteur déléguée à France Inter; Olivier Besancenot, NPA ; Didier Bezace, comédien ; Marie Binet, cinéaste ; Jane Birkin, chanteuse; Dominique Blanc, actrice; Jacques Blanc, conseiller artistique ; Frédéric Bonnaud, directeur des Inrocks ; Brigitte Bornemann, chef d’entreprise; Michel Broué, mathématicien ; Calogero, chanteur; Philippe Calvario, acteur et metteur en scène; Cartmann, acteur; Clémentine Célarié, comédienne; Noëlle Châtelet, écrivain ; Stéphanie Chevrier, éditrice ; Yves Contassot, conseiller de Paris, Europe Écologie –les Verts; Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe écologie – les Verts; Yvan Dautin, chanteur ; Gilles Davidas, réalisateur ; Geneviève Dichamp, directrice Théâtre Montansier; Cécile Duflot, députée de Paris; Thomas Dutronc, Musicien; Fanny Gaillanne, conseillère de Paris, élu du 19e arr. Paris; Jérôme Garcin, journaliste, écrivain; Tony Gatlif, cinéaste; Anouk Grinberg, comédienne ; Robert Guediguian, réalisateur; Arthur H, chanteur; Anne Hidalgo, Maire de Paris; Angélique Ionatos, musicienne ; Agnès Jaoui, comédienne, réalisatrice; Olivier Jospin, pédagogue ; Bruno Julliard, Premier Adjoint à la Maire chargé de la Culture; Yolande Laloum-Davidas, directrice de communication ; Pierre Laurent, Sénateur de Paris – Secrétaire national du PCF; Yvan Le Bolloch’h, comédien et musicien; Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes; Michel Léviant, réalisateur ; Philippe Lioret, cinéaste; Noel Mamere, député ; François Marthouret, comédien ; Radu Mihaileanu, réalisateur et scénariste; François Morel, comédien ; Edgar Morin, sociologue ; Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ; Antoine Peillon, journaliste ; Fleur Pellerin, Ministre de la Culture; Patrick Pelloux, médecin urgentiste ; Denis Peschanski, historien ;Ernest Pignon-Ernest, plasticien; Olivier Poivre d’Arvor, écrivain et ambassadeur ; Jérôme Prieur, réalisateur ; Olivier Py, directeur festival d’Avignon et metteur en scène; Jean-Michel Ribes, directeur Théâtre du Rond-Point; Titi Robin, musicien; Tilla Rudel, attachée culturelle;Pierre Santini, comédien et metteur en scène; Claude Sévenier, directeur de théâtre ; Denis Sieffert, directeur de Politis; Charles Silvestre, journaliste; Jérôme Soubeyrand, cinéaste; Benjamin Stora, historien ; Karin Viard, actrice; Lambert Wilson, acteur; Uli Wittmann, traducteur...

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