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Nathalie Godard, 

Présidente du collectif Romeurope,

Elle était l'invitée de La Midinale de Regards,

 

 

Sur la semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme

« Les problèmes de discriminations contre certaines minorités est vraiment un obstacle dans l’accès aux droits de beaucoup de personnes. »

« Au collectif Romeurope, on se bat pour l’accès aux droits des personnes qui sont perçues comme Roms et qui font l’objet de beaucoup de stigmates dans la population française. »

« On peut parler de racisme anti-roms dans certains cas : il y a encore beaucoup de sentiments anti-roms dans la population française. »

« Il y a un sentiment décomplexé de racisme par rapport aux Roms pour lesquels on s’autorise à exprimer un certain nombre de positions de rejet, plus que d’autres populations pour lesquelles il y a encore un peu de retenue. »

 

Sur les clichés roms

« Il y a un certain nombre de clichés autour des populations roms. »

« On essaie de déconstruire ce qui a été fabriqué dans l’imaginaire sur ces populations. »

« Il n’y a pas de culture de la saleté ou de culture du bidonville chez les personnes roms. »

« Il y a une précarité des Roms qui est liée à une histoire et à des mécanismes qui mènent à la précarité. »

 

Sur l’histoire des Roms

« Beaucoup des personnes que l’on appelle Roms viennent de Roumanie, de Bulgarie, de Serbie, c’est un peuple qui est né en Inde et qui a migré vers l’Europe. »

« Les Roms sont souvent des personnes qui viennent de l’Europe de l’Est mais j’ai du mal à parler des Roms comme d’une masse. On est toujours très prudents et on parle des personnes qui se définissent ou sont perçues comme Roms. »

 

Sur les expulsions et la situation des enfants roms

« Une expulsion, ça veut dire que tout ce qui a été mis en œuvre en matière d’insertion, s’arrête. »

« Les enfants roms  sont une génération sacrifiée : ils ont du interrompre leur scolarité plusieurs fois. »

« Contrairement à ce qui est véhiculé, ça n’est pas les parents qui empêchent les enfants d’aller à l’école. »

« C’est pas facile pour un enfant de s’intégrer dans une école où il subit aussi le rejet de ses camarades. »

« Certaines municipalités ne facilitent pas l’accès à l’école en empêchant des inscriptions pour des enfants qui n’ont pas une adresse administrative dans la ville. »

« Le droit commun doit s’imposer pour ces populations roms pour faciliter leur inclusion. »

 

Sur la solidarité 

« Il n’y a pas d’indifférence, il y a une banalisation. »

« On s’habitue à ce malheur-là. À partir du moment où ça s’installe dans le paysage, on finit par s’habituer à ce qui est insupportable. »

 

Sur la politique d’Emmanuel Macron

« Il y a eu une première évolution positive que l’on reconnait : on est passé du discours de Grenoble en 2010 où l’ancien président appelait les Roms à rentrer chez eux, à l’instruction du 25 janvier 2018 avec l’objectif de résorber les bidonvilles. »

« Malgré l’affichage politique, il y a peu de choses qui se passent sur le terrain. »

« C’est en Ile-de-France qu’il y a le plus d’expulsions. »

« Il y a peu de préfets qui se sont saisis de la circulaire de janvier 2018 qui vise à résorber les bidonvilles. »

« Il faut sortir de la logique de l’expulsion sans solution de relogement, et il faut des moyens supplémentaires. »

 

Sur ce que peut l’Europe 

« Fermer les frontières n’est pas la solution que l’on va prôner. »

« On est pour un accueil digne des personnes qui arrivent en France. »

« On est pour une Europe plus ouverte, plus accueillante, qui respecte la dignité des personnes et qui reconnait l’importance d’accorder des droits fondamentaux à tous. »

« On ne peut pas imaginer une réponse sans composante européenne. »

« Il ne faut pas non plus rejeter la faute sur l’Europe, la France - l’Etat et les collectivités - a aussi une responsabilité. »

 
 

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