Luttes locales

Gilets jaunes, verts, rouges, roses, convergeons !

Par Jacques Bidet Philosophe, Philippe Boursier Professeur de SES, Patrick Chamoiseau Ecrivain, Stéphanie Chevrier Editrice, Laurence De Cock Historienne, Annie Ernaux Ecrivaine, Christine Delphy Féministe, Mathilde Larrere Historienne, Gérard Noiriel Historien, Willy Pelletier Sociologue, Barbara Romagnan Ex-députée

 

Tribune. La situation est quasi insurrectionnelle. Aux heurts des Champs-Elysées s’ajoutent les heurts de Marseille, Toulouse, la préfecture brûlée au Puy-en-Velay, un centre commercial ravagé à Saint-Etienne. Mais surtout des milliers de barrages permanents depuis trois semaines, nuit et jour, sous la pluie, le froid, la colère, les rires, les engueulades parfois, dans le mélange, le partage des grillades, des couscous, des thés, Ricard, cubis de rosé, les loukoums. Les barrages, ce sont aussi les anniversaires fêtés ensemble, les covoiturages, les solidarités concrètes qui s’organisent, les prêts d’outils, les coups de mains pour les enfants. Sur les barrages, avant, on ne se connaissait pas, les plus proches de soi, parfois, on les fantasmait menaces. Notamment en monde rural pauvre. Avant, on votait à l’opposé souvent, maintenant au moins, on est d’accord sur ce qui nous empêche de vivre : les cadeaux inconditionnés aux plus riches, l’apothéose de leurs coffres-forts, Macron qui les sert, nous méprise, ne nous connaît même pas, et les DRH qui licencient. Avant, on ne parlait pas d’écologie. Sur les barrages, chaque heure tout le monde en cause, et tombe d’accord : réduire les pollutions, c’est taxer les entreprises polluantes, taxer le kérosène, baisser le prix des voitures propres, refaire des lignes de train de proximité au lieu de les réduire, baisser les billets des transports publics, les rendre gratuits parfois, refaire des services publics de proximité au lieu de les détruire… Autrement sans voiture, on fait comment ?

Réduire ce mouvement à la violence est une erreur. C’est refuser de voir que s’y tissent des sympathies, tant d’affections neuves, et ce sentiment d’être ensemble, en commun, coude à coude, cause commune. Quand les modernisations libérales exacerbent les concurrences dans et pour l’emploi, insécurisent les carrières, les avenirs, explosent les collectifs de travail, séparent, isolent les souffrances, et empêchent qu’entre salariés se forge l’intérêt commun qui, hier, faisait voir le collègue, les jeunes, les travailleurs immigrés, comme des semblables. Ce mouvement ne divise pas, il réconcilie. Avant s’avivaient partout, le chacun seul, chacun pour soi, un «chacun sa merde» vécu dans l’isolement, un sauve-qui-peut général. Maintenant, nous sommes ensemble. Ce mouvement est une colère et un bonheur. La forme qu’il prendra dépend aussi de l’implication qu’y auront les différents militants de l’égalité, de l’écologie, de gauche.

Certains s’indignent de vitrines brisées, de voitures brûlées. Mais où est la violence, la vraie, dissimulée, perpétuelle, qui sans cesse ruine les vies ? Où est l’obscénité, l’insupportable ?

La violence est à Pôle Emploi, aux guichets sociaux des services publics, avec des agents empêchés d’aider. Et des millions de chômeurs ou de pauvres, surtout des femmes, des jeunes, méprisés, sans prise sur l’avenir, dans l’insécurité économique ad vitam, qui ne reçoivent rien.La violence est chaque mois, quand au 12, plus un centime, carte bancaire rejetée, et qu’enflent les découverts. La violence est aux urgences des hôpitaux publics sommés d’être rentables. La violence est dans les impayés de loyer, de gaz, d’électricité, qui s’amoncellent, et les lettres de recouvrement chaque jour. La violence, elle est sur les chantiers, dans les usines, les hypermarchés. Dans l’intensification du travail. Sur un chantier, André a eu le bras broyé. René s’est fait amputer de deux doigts par sa machine. Caissière, Samia rentre chez elle cassée du dos, en CDD, avec un emploi du temps «à trous» qui l’empêche de voir sa fille. Tous pour un salaire de rien : 1 000 euros, trois restaurants pour ceux qui ne payent plus l’ISF. Depuis 1995, les maladies professionnelles ont plus que doublé, les salaires, les retraites, dégringolent, les droits au travail ont été cassés, les profits flambent et ne sont plus imposés quasiment. Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Des vies de douleurs, d’angoisses. Des vies où se soigner devient difficile, car il faut payer de sa poche les forfaits et franchises, les dépassements d’honoraires, les médicaments plus remboursés, les mutuelles qui augmentent. La violence, ce sont les cantines des enfants impossibles à régler, les Ehpad sans secours. Dans certains clubs de judo dans l’Aisne, la cotisation est de 20 euros, un tiers des parents demandent à payer en trois fois. Le prix du diesel est cette goutte de trop dans l’océan des «emmerdes» et des mépris reçus.

Notre gilet est jaune, mais il est vert aussi, rouge aussi, rose aussi. Notre gilet jaune n’est pas Marine Le Pen, toutes les couleurs de peau sont sur les barrages, tous les âges. Notre gilet est lourd des colères refoulées, longuement contenues, enfin dites.

La violence est dans les phrases du Président des riches : «Traverse la rue pour trouver un job», «Apprends à te nourrir tout seul», «Pognon de dingue des aides sociales», et tellement d’autres. La violence est dans les inégalités criantes, partout, inégalités fiscales, inégalités à l’école, inégalités entre «beaux quartiers» et territoires abandonnés.

Nous appelons les organisations de gauche et les inorganisés à se rencontrer, nous appelons certains à une trêve électorale, pour fabriquer ensemble un plan d’urgence sociale qui permettra aux salariés, aux précaires, aux retraités, aux locataires qui galèrent, aux étudiants pauvres, d’exister avec les moyens qu’il faut. Alors que l’argent dans ce pays ruisselle, mais du bas vers le haut, des pauvres vers les plus riches. Un plan Orsec d’urgence sociale. Vite. Avant d’être plus ambitieux, de rebâtir l’Etat social. Il est temps de converger, plus que temps vraiment, ou bien nous servons à quoi ?

Agissons : Urgence, salaires, emplois et justice sociale


Des salariés actifs et retraités, des citoyens expriment une colère légitime pour avoir les moyens de vivre dignement, pour plus de justice sociale. Cette colère, la CGT la comprend et la porte au quotidien depuis plusieurs mois et au travers de nombreuses journées d’action et de grèves.


Alors que la France est en 2017 le 5ième pays producteur de richesses dans le monde, le chômage, le travail précaire s’accroissent et plongent dans le désarroi de plus en plus de familles, de citoyens.

La préoccupation d’une partie grandissante de la population est de boucler les fins de mois. Ca ne peut plus durer.

Une société qui n’offre pas de perspectives à ceux qui produisent les richesses par leur travail, ni à la jeunesse pas plus qu’aux retraités, est une société sans avenir.

Le gouvernement joue avec le feu en banalisant les revendications, en ignorant les organisations syndicales. Pire, le président de la république, ses ministres sont régulièrement méprisants vis-à-vis des citoyens au travers de « petites phrases ».

Cette politique lui revient en boomerang en plein visage. La responsabilité du gouvernement est énorme. Le surnom de président des riches est bien justifié. À force de tirer sur la ficelle, les premiers de cordée seront bien seuls au sommet.

Il y a donc urgence à répondre aux attentes sociales comme :

- L’augmentation du SMIC à 1800 euros avec répercussion sur l’ensemble des grilles de salaires mais aussi des pensions et des minima sociaux

- La prise en charge des transports par les employeurs,

- Une TVA à 5,5% pour les produits de première nécessité, notamment le gaz et l’électricité

- Une fiscalité juste, tenant compte des revenus, avec en premier lieu le rétablissement de l’impôt sur la fortune.

Ces revendications sont urgentes et légitimes.

Le gouvernement instrumentalise les enjeux environnementaux, alors que rien ne se fera si on ne prend pas en compte le lien unissant cause sociale et cause écologique. Nous refusons cette nouvelle division orchestrée par l’Élysée entre les citoyens qui seraient responsables en matière environnementale et les autres.

Nous refusons de mêler nos voix avec ceux, comme le Patronat, qui font volontairement l’amalgame entre taxes et cotisations sociales.

Dans cette période de clair-obscur où peuvent surgir les monstres, la CGT appelle les citoyens à ne pas laisser dévoyer leur colère par ceux distillant des idées xénophobes, racistes, homophobes. C’est bien tous ensemble que nous pourrons infléchir la politique du Président des riches.

Par ses initiatives, sa volonté de rassemblement et d’unité, la CGT est au service des salariés, des citoyens pour un monde de progrès et de justice sociale. Elle prendra toutes les initiatives dans la période pour permettre à ceux qui luttent de s’organiser afin de gagner sur leurs justes revendications.

Le 1er décembre, la CGT appelle tous les citoyens, les salariés actifs et retraités à se joindre aux manifestations des privés d’emploi pour exiger des réponses immédiates et précises de la part du gouvernement et du patronat

Montreuil, le 20 novembre 2018

Petit à petit tout passe... par Denis Pessin

17 novembre : Entre exaspération et instrumentalisation

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux comme les grands médias se font l’écho d’un appel à « bloquer » le pays pour condamner la hausse du prix des carburants.

Si la colère peut s’entendre car le prix des produits pétroliers devient exorbitant et intenable, il est nécessaire de regarder de près les contours de cette initiative.

Il faut examiner, aussi, avec attention les enjeux réels liés au pouvoir d’achat des Français, en lien avec les dispositifs et autres prélèvements assurant notre modèle social et la solidarité nationale.

L’appel lancé un samedi, sans réelle ambition de bloquer l’économie, s’appuie sur une colère légitime mais dont les ressorts sont obscurs et les solutions préconisées pour sortir de cet engrenage sur le long terme demeurent floues, voire dangereuses pour le monde du travail.

Plusieurs partis d’extrême droite semblent être à la manœuvre. Ils se font le relais d’une action qui, au final, encouragera à mettre taxes, impôts et peut-être demain cotisations sociales dans une même logique, alors que chaque dispositif joue un rôle différent et déterminant dans le cadre de notre modèle social et républicain.

Nous sommes clairement dans une instrumentalisation de l’exaspération !

Effectivement, depuis un an, les prix à la pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence, dépassant dans les deux cas 1,50 euro le litre ; des taxes qui, à l’image de la TVA, sont les impôts les plus injustes, frappant, sans discernement, nos concitoyens comme les travailleurs de ce pays. Le patronat des sociétés de transport, pourtant exonéré de certaines taxes, joue un rôle sournois, espérant à terme de nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers.

Il est évident que le gouvernement veut trouver une manne financière importante après plusieurs mois de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, faisant suite à de nombreux allégements et autres aides au patronat qui ne donnent, par ailleurs, aucun résultat économique. Le gouvernement cherche donc plus à boucler son budget qu’à répondre à l’urgence de transition énergétique face aux enjeux environnementaux.

Le gouvernement met en difficulté des millions de Français qui, pendant des années, ont été encouragés à investir dans des véhicules diesel. Il semble plus guidé par la volonté de ponctionner que de préparer la transition écologique, il va empocher d’ailleurs plus de 23 milliards d’euros de taxes sur les énergies fossiles, alors qu’il va consacrer seulement 3 milliards d’investissement aux énergies renouvelables.

Nous le savons, les salariés, les retraités, les privés d’emploi aux revenus les plus faibles sont les premières victimes aujourd’hui des stratégies géopolitiques des pays riches, des spéculations sur les produits pétroliers. Et, il nous faut apporter des réponses précises – avec des financements adéquats – aux questions énergétiques et de transport mettant à contribution les entreprises, en créant un pôle public de l’énergie, notamment pour piloter les ressources et les matières premières en vue de répondre aux besoins humains et au respect de l’environnement.

Dans le même temps, il faut impérativement ouvrir partout des négociations salariales, gagner l’augmentation des pensions, des minimas sociaux, en se mobilisant massivement dans les entreprises et établissements et relever le smic à 1800 euros.

Des ambitions peut-être moins tapageuses mais plus à même de répondre durablement aux besoins des travailleurs !

Communiqué confédéral de la CGT relatif à l'appel au blocage du 17 novembre

Montreuil, le 29 octobre 2018

L’homophobie ne recule pas malgré les avancées de la loi

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par Marie Pouzadoux

 

53 % des lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres ont déjà été confrontés à au moins une forme d’agression homophobe dans leur vie. C’est ce que dévoile une grande enquête de l’Ifop, à la veille de la Marche des fiertés parisienne.

LGBT HORS DE FRANCE. » L’inscription, en lettres capitales, a été découverte au milieu d’un carrefour du quartier du Marais à Paris, tandis qu’un passage piéton, habillé aux couleurs arc-en-ciel à l’occasion de la Marche des fiertés, était badigeonné de peinture blanche. Cet acte de vandalisme, contre lequel la maire de Paris, Anne Hildago, a annoncé sur Twitter qu’elle porterait plainte, est loin d’être isolé : l’homophobie ne faiblit pas en France, comme le révèlent les données d’une enquête Ifop pour la fondation Jean-Jaurès, publiée le 27 juin (1).

Agressions verbales, attaques physiques, menaces

« L’homophobie est la plupart du temps verbale, mais elle peut aller jusqu’à la violence corporelle », indique François Kraus, chargé du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle de l’Ifop. Un·e homosexuel·le sur deux (49 %) a déjà fait l’objet d’insultes ou d’injures homophobes. L’agression physique est loin d’être marginale : un quart des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) ont déjà été agressés sexuellement, et plus d’un sur six ont fait l’objet de violences physiques.

Deux tiers des homosexuel·le·s ont déjà été confrontés à au moins une forme d’agression homophobe au cours de leur vie : 53 % pour l’ensemble des LGBT, dont 17 % l’ont vécu au cours de l’année écoulée. Cela représente environ 565 000 victimes, sur les 4 millions de LGBT en France (soit 8 % de la population), selon l’Ifop. Loin d’être une expérience de jeunesse ou lointaine, les agressions touchent les personnes LGBT à tout âge.

Outre les agressions, « les menaces ne sont pas en reste », souligne François Kraus. Parmi les LGBT sondés, 18 % ont fait l’objet de menaces d’« outing », c’est-à-dire la révélation contre leur gré de leur homosexualité, bisexualité ou transidentité. Chez les homosexuel·le·s, le chiffre atteint 24 %. Un phénomène qui gagne du terrain, touchant notamment les plus jeunes en milieu scolaire.

Les discriminations liées à l’orientation sexuelle sont également quotidiennes et diverses : au travail (25 %), à l’école (21 %), dans la recherche d’emploi (19 %)… Ainsi, un tiers des LGBT affirment avoir déjà été discriminés en raison de leur orientation sexuelle, en particulier « par des représentants des forces de l’ordre (22 %) et des professionnels de santé (20 %) ».

Un ratio représentatif

« C'est un sondage inédit, avec un intérêt méthodologique particulier, explique François Kraus. Jusqu’ici, il n’y avait que quelques rares données, produites par une fraction de la communauté LGBT (sites de rencontres, bars, associations…) : ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Nous avons interrogé toutes les personnes de l’échantillon qui se déclarent homosexuelles, bisexuelles et transgenres, soit 994 d’entre elles, un ratio représentatif. »

Tout comme pour le harcèlement sexiste, ce sont les établissements scolaires (26 %) et les lieux publics (23 %) qui « constituent un terreau des plus favorables » aux agressions verbales homophobes. Autre surprise pour François Kraus : « L’idée que l’homophobie est plus forte en milieu rural qu’urbain a été balayée : les actes discriminants et violents sont justement plus importants dans les aires urbaines, les centres villes et en région parisienne. »

C’est d’ailleurs dans les quartiers populaires de ces villes, selon lui, que l’on trouve les premières victimes des actes homophobes et sexistes. Le rapport de l’étude met en lumière la problématique de l’intersectionnalité : « Les LGBT appartenant aux minorités religieuses, ethniques ou culturelles tendent à souffrir d’une double discrimination portant à la fois sur leur identité sexuelle ou de genre et leur appartenance à une communauté ethnique ou culturelle. C’est particulièrement net en ce qui concerne l’exposition à au moins une forme de discrimination au cours des douze derniers mois (28 % chez les racisés, contre 11 % chez les non-racisés). » Ainsi, 87 % des LGBT interrogés condamnent les discriminations et violences homophobes au même titre que les actes racistes : pas de hiérarchisation, plutôt une lutte commune contre tous les ostracismes.

Le poids étouffant des normes sociales genrées

Avoir « l’air gay » est excluant. C'est un autre constat que dressent la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop. Un marqueur de féminité chez un homme ou de masculinité chez une femme augmente le risque d’exposition aux violences. Comme si l’opinion tolérait l’homosexualité tant qu’elle reste privée, cachée, mais la rejetait dès lors qu’elle devient visible. « Les LGBT décrivant leur apparence physique comme “androgyne” sont deux fois plus nombreux que la moyenne à avoir déjà fait l’objet de moqueries, de menaces d’agression, de violences physiques. De même, les femmes LGBT ayant les cheveux courts/rasés sont beaucoup plus nombreuses à avoir été victimes d’agressions physiques (7 %, contre 1 % des femmes ayant les cheveux longs). »

Pour contrer ces agressions, de nombreuses personnes LGBT mettent en place des stratégies d’évitement, se résignent à se conformer au style hétéronormé afin de ne pas attirer l’attention : 45 % ont déjà évité certains quartiers de peur d’être agressés ; un tiers renoncent à afficher leur orientation sexuelle sur les réseaux sociaux ; 60 % déclarent éviter d’embrasser ou de tenir la main de leur partenaire en public. Pour vivre heureux, vivons cachés…

Autant de victimes d’homophobie qu’il y a sept ans

Pour l’Ifop, tout comme pour SOS Homophobie qui publie chaque année un rapport fondé sur les actes homophobes déclarés à l’association, la tendance est à la stabilisation depuis quelques années. « Par rapport à notre enquête réalisée en 2011 pour le magazine Têtu (sur un échantillon moins important), on observe une stabilité. Néanmoins, il a eu des avancées légales et juridictionnelles pour les personnes LGBT depuis. Pourtant, le niveau d’agression et de discrimination reste le même : l’impact sur l’homophobie de ces changements est plus que décevant », commente François Kraus. Il n’est pas pessimiste pour autant : « Comme pour les violences faites aux femmes, libérer la parole permet aux victimes d’actes homophobes de se dire “je ne suis pas seul” et de faire prendre conscience du phénomène, loin d’être marginal, à l’opinion. En parler, évoquer la loi, peut faire baisser les actes homophobes et les rendre inadmissibles. »

La Marche des fiertés parisienne, dont le mot d’ordre cette année est « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! » , se déroule ce samedi 30 juin à 14 heures, entre les places de la Concorde et de la République.

(1) L’enquête a été réalisée par l’Ifop du 23 mai au 6 juin 2018 sur une population globale de 12 137 personnes, âgées de plus de 18 ans et vivants en métropole.

(2) 20 % des LGBT ont été victimes d’actes ou violences homophobes au sport et 17 % d’entre eux ne pratiquent pas un sport par peur des moqueries et de la stigmatisation.

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