Luttes locales

Grève à Ourry Noisy : provocation de la direction, détermination des salariés

3ème jour de grève des salariés d’OURRY à Noisy Le Sec : La direction joue de la provocation
Les salariés répondent : détermination !

 

Les salariés du site de collecte des déchets de l’entreprise OURRY de Noisy le Sec, en sont à leur 3ème jour de grève. Mouvement suivi aussi massivement sur les sites de Courbevoie et Meaux.


L’annonce par la direction d’une « augmentation de 0,5% » sur une fiche de paie qui ne dépasse péniblement le salaire minimum que grâce aux primes, a définitivement convaincu les salariés de porter plus fortement leurs revendications. Cette proposition d’augmentation de salaire a été reçue comme une véritable provocation et a été jugée en tout point inacceptable par les salariés.


Inacceptable car elle est en dessous de l’élévation du cout de la vie.


Inacceptable compte tenu de la pénibilité des métiers.


Inacceptable compte tenu des risques sanitaires de la profession.


Aussi les salariés revendiquent :
- une augmentation de salaire base de 3%.
- l’embauche de personnel et l’attribution de moyens matériels supplémentaires.
- l’égalité des primes et le déplafonnement de la prime d’ancienneté.
- le respect des instances représentatives du personnel.
- la mise en conformité des sites.


La direction non seulement refuse d’ouvrir de véritables négociations mais usent de tous types de manoeuvre pour tenter d’entraver le droit de grève. Elle a par ailleurs fait appel à un huissier, qui ne fait que constater, la grève massive des salariés !


Nous sommes là face à des patrons qui essaient d’intimider et de démobiliser des travailleurs et alimentent les tensions au lieu de jouer la seule carte de l’apaisement, la négociation !


Ce climat dégradé a ainsi provoqué un évènement grave, puisqu’un chauffeur d’une benne à ordure, lors d’un contrôle CHSCT de son véhicule, a foncé sur un gréviste. Ce dernier a été blessé et conduit à l’hôpital. Voilà à quoi conduit la délégitimation du droit constitutionnel de grève, le mépris des travailleurs en lutte, la stratégie de pourrissement d’un mouvement social et de division des salariés par le chantage à l’emploi !


Ces faits témoignent de pratique managériale au sein de cette entreprise peu respectueuse des travailleurs. Les salariés en lutte sont décidés à y mettre fin, pour que chez OURRY on cesse de mépriser les salariés et de piétiner le dialogue social !


Les salariés d’OURRY sont à plus de 80% en arrêt de travail. Ils décident chaque jours de la reconduite de leur mouvement. Ils appellent les élus d’Est Ensemble, donneur d’ordre d’OURRY, à intervenir auprès de la société. En ce sens, la CGT 93 a écrit, ce jour, à Monsieur Cosme, Président d’Est Ensemble. Une délégation de service public ne peut s’accomplir au mépris des conditions des travailleurs.


Les salariés réitèrent leur demande d’ouverture rapide de négociation. Si la direction continue de refuser le dialogue, ils sauront, avec le soutien de la CGT 93, élever le rapport de force pour les salaires, les conditions de travail !


CGT93 et UL CGT de Noisy-le-Sec

Pour la réintégration de la caissière licencié pour 0,85 centimes!

Pour la réintégration de la caissière licencié pour 0,85 centimes !

 

A l'adresse suivante : https://www.change.org/p/auchan-city-tourcoing-pour-la-r%C3%A9int%C3%A9gration-de-la-caissi%C3%A8re-licenci%C3%A9-pour-0-85-centimes

 

Lancée par l'Union Locale CGT de Tourcoing.

Loi travail, non merci !

Petit rappel... La pétition avec l'analyse du texte : https://www.change.org/p/loi-travail-non-merci-myriamelkhomri-loitravailnonmerci

 

Parmi les éléments proposés dans le projet actuel 

☞  En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.

☞  Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.

☞  Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail

☞  Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos

☞  Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu

☞ Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine

☞  Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d'une loi antérieure).

☞  Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées.

☞  Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats.

☞  Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques.

☞  Après un accord d'entreprise, un-e salarié-e qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié.

☞  Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.

Loi sur le travail : #1 million de non merci !

 

Par Dan Israel

Mediapart a donné carte blanche, pour un événement exceptionnel de deux heures, au collectif « Loi travail : non merci ! » à l’origine de la pétition numérique qui a franchi le million de signataires ce vendredi soir 4 mars. Deux heures d’explications et d’appels à la mobilisation. Récit et vidéo intégrale.

À 20 heures, ils étaient 999 740. Puis 999 800 à 20 h 30. Et c’est à 21 h 12 qu’a été franchie la barre du million. Un million de signatures pour la pétition s’opposant au projet de loi sur le travail, lancée pile deux semaines auparavant. Cette initiative est celle de tous les records, à commencer par celui du plus grand nombre de signatures réunies par une pétition numérique en France. Ce franchissement hautement symbolique aura eu lieu en direct, en plein cœur de la soirée organisée par les activistes à l’initiative de la pétition et accueillie par Mediapart, qui a fourni ses locaux et ses équipes techniques pour assurer la diffusion. Au moment fatidique du million, nul doute qu’est passée dans les esprits la fugace image d’une célèbre émission de télé, arrachant un sourire aux participants. L’occasion était trop belle, aussi, d’ironiser sur la pétition concurrente, soutenue par le Medef et atteignant péniblement les 15 000 signatures. Les organisateurs de la soirée n’ont pas raté cette cible facile.

Ces deux sourires auront été précieux : ce sont les seuls que le spectateur de la soirée aura pu savourer. En deux heures denses de déclarations et d’explications, sans pause, il n’y aura guère eu d’occasion de se réjouir. L’émission aura dressé un tableau très sombre des réformes que l’exécutif entend imposer à travers le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri. La présentation du texte en Conseil des ministres, initialement prévue le 9 mars, a été reportée de deux semaines, mais pour l’heure, le gouvernement a indiqué qu’il n’entendait pas modifier le fond de sa réforme. À moins que la mobilisation jamais vue sur Internet, qui sera relayée par des manifestations le 9 mars, ne le fasse changer d’avis. Cette mobilisation, nous l’avons raconté ici, est partie de nulle part, ou presque. Dans le rôle de catalyseur, la pétition montée à l’initiative de la responsable Ugict-CGT Sophie Binet, du « designer politique » Elliot Lepers, qui a participé à la campagne présidentielle de la Verte Eva Joly en 2012, et de la militante féministe Caroline de Haas (qui fut attachée de presse de Benoît Hamon, fondatrice d’Osez le féminisme, et membre du cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, avant de couper les ponts avec le gouvernement et le PS). Mercredi 2 mars, Caroline de Haas, voyant le nombre de signatures monter sans faiblir, a proposé à Mediapart d’accueillir une soirée spéciale pour célébrer le million de paraphes qui allait arriver. C’est donc au milieu de la soirée que le cap a été atteint. « Mediapart est un journal indépendant, mais qui ambitionne d’être au carrefour de tous les débats publics et des mobilisations de la société. C’est pourquoi nous avons très vite accepté la proposition », a indiqué en ouverture de la soirée le directeur éditorial de notre site, François Bonnet, assumant d’offrir « une totale carte blanche à ce collectif ».

La soirée a été animée par de Haas et par le militant syndical Karl Stoeckel, qui était en 2006 le leader de l’Union nationale des lycéens, en première ligne pour faire capoter le CPE, ce Contrat Première Embauche que le gouvernement de Dominique de Villepin voulait imposer pour les jeunes. Dix ans plus tard, Stoeckel salue « cette dynamique assez impressionnante » qui porte la pétition. Cette dernière, d’ailleurs, n’est « qu’un élément parmi d’autres de la mobilisation », souligne le syndicaliste. La soirée laissera en effet la place aux autres piliers du mouvement, en faisant intervenir l’un des initiateurs de l’appel sur Facebook à la grève et à manifester le 9 mars, et en diffusant une partie des témoignages réunis par le collectif de YouTubeurs « On vaut mieux que ça », qui appellent les internautes à raconter leurs conditions de travail. « En découvrant ce projet de loi, on s’est sentis insultés en tant que salariés, dénonce la maîtresse de cérémonie. Soit ces gens sont complètement déconnectés du monde du travail, soit ce sont des robots inhumains. » Les organisateurs de la soirée ont pris le soin de faire appuyer leur propos par les représentants des syndicats lycéens et étudiants. William Martinet, le président de l’Unef, critique « l’incompréhension complète de la réalité sociale de la part de ce gouvernement », qui croit le patronat lorsqu’il lui explique qu’il a peur d’embaucher, car il ne peut pas licencier. « Le parcours du combattant avant d’entrer en CDI, il existe déjà. Si un patron veut se rassurer sur l’emploi d’un jeune, il a déjà tous les outils disponibles », lance le syndicaliste étudiant. Samya Mokthar, présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL), appelle également à manifester le 9 mars : « Nous sommes déjà précarisés. À la sortie de nos études, nous n’avons aucune garantie d’avoir un emploi stable. Nous nous sentons trahis par ce qui est proposé par le gouvernement. »

Défilé de réquisitoires implacables contre la loi

Mais l’essentiel de la soirée aura surtout consisté en un défilé d’avocats en Droit du travail (dont beaucoup sont affiliés au Syndicat des avocats de France, le SAF) et de syndicalistes, souvent CGT. Les uns après les autres, à raison de deux ou trois minutes d’intervention chacun, ils ont dressé un réquisitoire implacable contre les réformes en germe dans le texte. L’effet de consternation devant le démontage sec, point par point, de la future loi, est redoutable. Pour Alexandra Soumeire, « cette loi bouleverse totalement la question du temps de travail », et « c’est un peu le rêve du Medef qu’un gouvernement socialiste fait devenir réalité ». David Van der Vlist, auteur d’une brillante vidéo d’explication du texte, insiste sur le « dynamitage » des temps de repos, puisque la loi prévoit de mettre fin aux 11 heures consécutives obligatoires de repos quotidien, en permettant de les interrompre par le travail réalisé lors d’une astreinte. Jean-Luc Molins, cadre chez Orange, craint « une banalisation des heures supplémentaires ». Ludivine Denys et le militant CGT Marc Woto se sont inquiétés de la modulation autorisée du temps de travail, qui permettra à l’employeur de payer les heures supplémentaires des salariés seulement au bout de trois ans d’activité sous tension. « Les dérives sont simples, résume le CGTiste : s’il y a un accord d’entreprise, mon patron pourra presser un salarié comme un citron pendant deux ans, puis le faire travailler seulement 10 heures par semaine pendant la troisième année. Sans rémunération supplémentaire, donc. »

L’avocate Emmanuelle Boussard-Verrachia souligne les dangers des « accords en faveur de l’emploi », qui seront généralisés : en dehors de tout motif économique, un accord d’entreprise pourra imposer aux salariés de travailler plus longtemps tout en gardant la même rémunération. Et s’il refuse, le salarié récalcitrant sera licencié. Quant au référendum d’entreprise, il sera utilisé pour aller vers « le moins-disant » social, grince Olivier Dupuis, cadre en ressources humaines du groupe EDF. Rachel Saada, elle, rappelle que c’est Valéry Giscard d’Estaing qui avait imposé, en 1973, une indemnité minimum de six mois de salaire dans le cas d’un licenciement jugé abusif aux prud’hommes. Ce plancher disparaît, et il est remplacé par un plafond maximum de douze mois de salaire, pour les salariés avec la plus grande ancienneté. « C’est la fin du Droit du licenciement, et donc du Droit du travail », balance l’avocate. Sylvain Roumier complète, en insistant sur la très large facilitation du licenciement économique, sur le critère de variables facilement modifiables au gré des désidératas des entreprises. « Des salariés pourront être licenciés dans un groupe florissant qui n’aura pas fait d’investissement en France, qui les aura sacrifiés », souligne de son côté la syndicaliste Anne de Haro, juriste et salariée de Wolters Kluwer, qu’elle a participé à faire condamner pour un montage d’optimisation fiscale trop acrobatique.

Les avocats Pierre Bouaziz et Judith Krivine rappellent un autre point incontournable : les accords d’entreprise vont devenir prioritaires sur toutes les conventions collectives et tous les accords de branche existants. « On va se retrouver dans une inégalité généralisée » selon les entreprises, s’inquiète Pascal Pavageau, secrétaire confédéral Force Ouvrière, qui dénonce « un affaiblissement des Droits, individuels comme collectifs, pour l’ensemble des salariés ». Même discours pour Sidi-Mohammed Takioullah, technicien informatique et négociateur de branche pour la CGT : « La convention collective a un rôle, celui de rééquilibrer le déséquilibre structurel qui existe entre l’employeur et le salarié. Si cette loi vient donner la primauté à la négociation au niveau de l’entreprise, les salariés vont devenir l’instrument de la concurrence entre les entreprises. » Pour couronner ces alarmes à répétition, ne restait plus à Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’union syndicale Solidaires, qu’à rappeler que dès qu’une réforme aggrave la flexibilité du monde du travail, ce sont les femmes qui trinquent le plus. Une donnée à garder en tête à l’approche du 8 mars, journée des Droits des femmes. Pour enrichir encore le débat, il aura peut-être seulement manqué une voix dissonante au milieu de cette avalanche d’analyses convergentes et bien noires. Cette voix différente aurait pu venir d’un des économistes (dont le prix Nobel Jean Tirole) qui avaient signé quelques heures plus tôt un appel dans Le Monde en défense de la loi. Selon eux, la réforme « va dans le bon sens » et pourrait « donner accès à un emploi durable » aux moins diplômés et aux plus fragiles, qui sont les plus durement touchés par le chômage.

Des arguments balayés sur le plateau par l’économiste Anne Eydoux (que nous avons récemment reçue). « On a l’impression que les nouveaux précaires, ce sont les employeurs », ironise-t-elle, avant de s’élever contre les théories qui opposent les insiders, ces « travailleurs stables, qui savent défendre leurs conditions d’emploi », au détriment des outsiders, « les chômeurs qui ne parviendraient pas à rentrer dans l’emploi ». C’est justement la philosophie qui sous-tend l’appel des économistes au Monde. Le débat entre ces deux mondes intellectuels n’a pas eu lieu, et reste à organiser.

mediapart.fr

Mobilisations du 9 mars : la carte des actions contre le démantèlement du droit du travail

 

par Rédaction de Bastamag (Cliquez ICI)

Après la pétition Loi Travail : non merci ! qui a recueilli près d’un million de signatures à ce jour, une carte interactive recense tous les appels à la manifestation en France, le 9 mars prochain. C’est à cette date que le projet de loi El Khomri devait initialement être présenté en Conseil des ministres. Le 29 février, le Premier ministre Manuel Valls a finalement annoncé le report de l’examen du texte d’une quinzaine de jours, le temps pour le gouvernement de « lever un certain nombres d’incompréhensions ».

Des mobilisations auront lieu dans plus de 130 villes. « Peu importe le calendrier du gouvernement, le 9 mars doit marquer le début d’une mobilisation qui conduira au retrait pur et simple de ce projet de loi qui menace notre avenir. Nous nous réjouissons du foisonnement d’initiatives, ça fait super plaisir ! Pour permettre à tout le monde de se retrouver dans la joie et la détermination, rendez-vous place de la République le 9 mars à partir de 14h. Apporte ton talent, ton témoignage et ta créativité ! Et d’ici là rendez-vous sur Facebook », lance ainsi la coordination citoyenne à l’origine du rassemblement parisien, Place de la République. Un peu plus tôt dans la journée, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL et FIDL manifestera pour exiger le retrait de la loi en partant à 12h30 « du siège du MEDEF, "rédacteur" de la loi, jusqu’au Ministère du Travail qui devra l’appliquer ».

À l’origine de cet appel à la mobilisation nationale, un « événement » Facebook a été lancé le 23 février par « des salariés, des hommes et des femmes sans l’appui d’une organisation quelle qu’elle soit ». Écrit à l’attention des salariés, étudiants, lycéens, précaires, chômeurs ou retraités, qui survivent « avec des minimas sociaux en constante baisse », il appelle à mobiliser « contre le projet dit « loi travail » et plus largement contre la politique des Gattaz-Hollande-Valls-Macron-El Khomri et autres ».

Près de 50 000 personnes envisagent d’ores et déjà de répondre présentes à cet appel. Une nouvelle manifestation est envisagée dès le 10 mars « et les jours suivants jusqu’au retrait total de ce projet de loi ! ». Des préavis de grèves ont été déposés par plusieurs organisations syndicales dans de nombreuses entreprises et secteurs d’activités, parmi lesquels la SNCF, la RATP et l’Éducation nationale. Plusieurs organisations syndicales étudiantes et lycéennes, ainsi que des mouvements de jeunesse, ont annoncé qu’ils se joindront à la journée du 9 mars.

- L’occasion aussi de découvrir notre dossier « Transformer le travail ».

Les premiers témoignages sollicités par l’initiative #OnVautMieuxQueCa évoquant la réalité du travail et de la précarité, en particulier chez les jeunes, ont été diffusés (voir la vidéo ci-dessous) [1] :

Ancien inspecteur du travail et militant socialiste, Gérard Filoche revient dans un entretien avec Daniel Mermet sur la web radio Là-bas si j’y suis, sur « cette offensive dictée par le Medef ». Il rappelle que si la loi est adoptée, les libertés et droits fondamentaux de la personne seront soumis aux « nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise ». Soit une contre-révolution juridique, théorique, pratique, qui remet en cause un siècle d’avancées sociales.

 

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