Luttes locales

Pour l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et la régularisation de Bakary, jeune majeure scolarisé !

Nos amis nous demandent de passer cette information urgente. Avec plaisir ! A voir le lien suivant : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article55187

 

Nous, l’équipe éducative et les camarades de lycée de BAKARY ainsi que ses soutiens associatifs demandons l’annulation de l’obligation de quitter le territoire délivrée par le préfet de Seine saint Denis.

Bakary, de nationalité malienne, est arrivé en France en juin 2014, alors âgé de 15 ans et demi après un parcours migratoire passant par la Libye. Totalement isolé il a été recueilli par un compatriote qui n’a pu bien le conseiller dans ses démarches.

Ce n’est qu’en septembre 2015 que Bakary sera scolarisé dans un lycée à La Courneuve puis orienté vers le Lycée professionnel hôtelier Rabelais à Dugny. C’est là qu’il révèle ses talents et son goût du travail bien fait. Il termine sa 1ère année de CAP avec des félicitations et de très belles appréciations de tous ses patrons de stage.

C’est au cours de cette 1ère année de CAP qu’il demande sa régularisation en tant que « élève-étudiant ». Mais sa situation, examinée par le Préfet de Seine saint Denis au regard d’une demande de carte -vie privée et familiale- ou -salarié- ne peut bien sûr qu’être rejetée, assortie d’une obligation de quitter le territoire !

Actuellement en 2ème année de CAP, son recours en annulation d’OQTF sera jugé devant le Tribunal administratif de Montreuil le vendredi 17 novembre à 11h45.

Soyons nombreux à signer cette pétition et à accompagner Bakary au Tribunal.

De l’Europe aux Etats-Unis, ces villes qui s’opposent à leurs gouvernements pour mieux accueillir les migrants

 

par Rachel Knaebel

 

Aux Etats-Unis, des centaines de municipalités ont fait le choix de ne pas contribuer à la chasse aux sans-papiers lancée par Donald Trump. En Europe, des communes s’engagent pour un accueil digne des migrants. « Villes sanctuaires », « villes refuges »... De l’Italie à la Grande-Bretagne, de Barcelone à Grande-Synthe, ces communes tentent de se constituer en véritables contre-pouvoirs face aux politiques indignes et xénophobes.

A peine élu président des États-Unis, Donald Trump adoptait un décret pour couper les fonds fédéraux aux centaines de municipalités qui ont critiqué sa politique anti-migrants. Face au programme de Trump, à sa volonté d’expulser manu militari les sans-papiers quel que soit le nombre d’années de résidence, et à son souhait d’ériger un mur à la frontière mexicaine, de nombreuses villes se sont rapidement déclarées « villes sanctuaires ». Ces municipalités « ont adopté des politiques qui promettent de protéger et de servir tous leurs résidents, quel que soit leur statut migratoire », explique la puissante association American Civil Liberties Union (l’Union américaine pour les libertés civiles, ACLU).

Dans les faits, ces villes refusent de coopérer avec les forces de l’ordre fédérales, lorsque celles-ci leur demandent de mettre des sans-papier en détention. Elles n’exigent pas forcément de leurs habitants de produire un certificat de naissance ou de séjourner légalement pour accéder aux services publics locaux. Certaines municipalités sanctuaires décident même de reconnaître comme valables sur leur territoire des papiers d’identité non états-uniens ou de distribuer leurs propres papiers d’identité municipaux à tous leurs résidents, quelle que soit leur nationalité.

De New York à Milan, en passant par Barcelone

Les métropoles parmi les plus importantes des États-Unis, comme New York, Los Angeles, Chicago, Boston ou Washington, ont adopté cette position. Et n’ont pas perdu la bataille face à Donald Trump, puisqu’un juge fédéral a bloqué en avril dernier le décret du président qui voulait leur couper les vivres [1].

En Europe aussi, confrontée à une crise historique de la gestion des migrations, des collectivités locales prennent le contrepied de la politique de fermeture menées par les États de l’Union européenne. Quand la plupart des gouvernements européens misent sur une gestion sécuritaire et des accords avec des pays aussi peu démocratiques que la Libye et la Turquie, (lire notre article Les envoyer en détention ou les livrer à une dictature : voilà comment l’Europe « délocalise » ses réfugiés), à Milan, le 20 mai dernier, 100 000 personnes ont manifesté à l’initiative du maire de gauche de la ville pour promouvoir l’accueil des migrants.

En février, c’était la maire de Barcelone Ada Colau, alliée du parti Podemos, qui appelait à une manifestation pour l’accueil des migrants. Là aussi, plus de 100 000 personnes ont répondu présentes. La capitale catalane a aussi initié un réseau international de villes engagées dans l’aide et l’accueil des migrants, Solidarity Cities (villes solidaires). Une impulsion également destinée à pousser le gouvernement espagnol à accélérer l’accueil des réfugiés arrivés en Europe, et qui devaient être relocalisés vers l’Espagne.

Crise du modèle d’accueil italien

« Il faut faire la différence entre les réseaux de villes solidaires en Europe et le mouvement de villes sanctuaires aux États-Unis, souligne cependant Filippo Furri, cherchceur membre du réseau Migreurop et doctorant à l’université de Montréal. En Europe, les municipalités se constituent en ville-refuge sur la question de l’asile. Aux États-Unis, le mouvement s’est plutôt construit pour protéger des personnes qui retombent dans l’irrégularité administrative après avoir déjà vécu un moment dans le pays. »

Filippo Furri connaît bien le cas italien, en particulier celui de Venise : « Avec les guerre des Balkans dans les années 1990, il y a eu une vague de réfugiés. À Venise, un élan de solidarité citoyenne et associative s’est joint à une volonté politique pour organiser un accueil digne. Un système d’accueil organisé s’y est mis en place dans la foulée, au début des années 2000. Venise est devenue une sorte de prototype du système d’asile qui s’est développé ensuite en Italie, et qui est en train de péricliter avec la situation d’urgence actuelle. »

Aux côtés de la Grèce, l’Italie est l’un des deux principaux pays d’arrivée pour des centaines de milliers de personnes qui débarquent chaque année en Europe par la mer, pour y chercher l’asile et la sécurité. Plus de 360 000 personnes sont arrivées par la mer Méditerranée en Europe en 2016. Plus de 98 000 depuis le début de l’année 2017 (plus de 2000 personnes migrantes sont déjà mortes en mer Méditerranée cette année [2]). L’Italie est donc l’un des pays qui doit gérer en urgence et en grand nombre l’accueil des migrants, en plus des sauvetages en mer. Début juillet, son gouvernement a appelé à l’aide les autres pays européens pour faire face aux nécessité de prise en charge des nouveaux arrivants. Mais loin de prendre le parti de l’hospitalité, Rome a aussi menacé dans le même temps de fermer ses ports aux migrants.

Aide au développement face à des États défaillants

« L’Italie, comme la Grèce, est en train de devenir un véritable territoire de rétention, déplore Filippo Furri. Il y existe des formes d’hospitalité et d’accueil dans la société civile. C’est une réponse face à une gestion de la part des États qui vise avant tout à contrôler les flux, à trier les gens, et à disperser les centres d’accueil en les imposant aux collectivités locales. Il y a conflit entre l’accueil local des municipalités, et le contrôle étatique. » De la même manière que des ONG prennent le relais des États et des autorités européennes pour sauver des vies en mer Méditerranée, des communes italiennes s’organisent pour faire ce que l’État italien refuse : organiser un accueil digne, et favoriser les échanges entre la population locale et les nouveaux arrivants.

Le réseau des « Communes de la terre pour le monde », fondé en 2003 en Italie, réunit aujourd’hui plus de 300 municipalités de tout le pays. L’association organise par exemple un festival interculturel à Riace, village de Calabre devenu l’un des points d’entrée de nombreux migrants dans l’UE (voir notre article Ces villages qui choisissent tant bien que mal d’accueillir les migrants). L’association de communes mène aussi des projets de solidarité internationale, comme un projet de développement de l’énergie solaire au Sahel. « Le réseau Recosol est organisé sur une logique de solidarité qui dépasse la question des migrations, précise Filippo Furri. C’est un réseau d’entraide entre communautés locales. »

Se constituer en associations de solidarité, au delà du seul objectif de gérer l’urgence, voilà ce qui fait sûrement la spécificité des réseaux des villes-refuges face aux politiques migratoire des États. « L’État laisse en partie seules les municipalités italiennes pour l’organisation de l’accueil des migrants. Ce sont les municipalités qui organisent le logement, les cours de langue et l’intégration locale, expliquent les coordinateurs du réseau de communes Recosol. La politique du gouvernement italien souffre de l’absence d’une vision globale et d’un plan national pour l’accueil et l’intégration des migrants. Ce sont donc les associations et les citoyens, sur le territoire, qui font la différence. »

City of Sanctuary au Royaume-Uni

En Grande-Bretagne aussi, des citoyens et des communes prennent le contrepied de la politique xénophobe du gouvernement conservateur. « Le réseau City of Sanctuary a été créé à Sheffield, en 2005, par un petit groupe de personnes qui voulaient mieux accueillir les réfugiés », explique Forward Maisokwadzo, porte-parole de ce réseau britannique. Le maire de cette ville de 500 000 habitants du nord de l’Angleterre avait pleinement soutenu l’initiative, et pris l’engagement public d’accueillir les demandeurs d’asile et réfugiés dans sa ville. « Puis le mouvement est devenu très important, en terme de nombre de personnes et de communes impliquées. Il compte aujourd’hui une centaine de municipalités. L’idée est de travailler avec tout le monde : les citoyens, les associations, les autorités locales. »

Pour le mouvement City of Sanctuary, la clé de l’accueil est dans ce travail collectif. « Les actions menées par le mouvement varient selon les endroits. Elles peuvent par exemple consister à sensibiliser les gens à la question de l’accueil des demandeurs d’asile, précise Forward Maisokwadzo. À Bristol, la ville s’est attaquée au problème du dénuement des demandeurs d’asile, qui reçoivent très peu de soutien financier et n’ont pas le droit de travailler pendant l’étude de leur demande. Une douzaine d’autres villes se sont engagées sur la question. Leur travail est aussi de pousser le gouvernement à se pencher sur ce problème. »

« La France n’est pas dans une démarche d’accueil »

Et en France ? Il y a bien l’exemple de Grande-Synthe, une ville du Nord de 20 000 habitants, où la municipalité a pris le parti de l’accueil des migrants en route vers l’Angleterre (voir notre article Conjuguer accueil des migrants, écologie et émancipation sociale : l’étonnant exemple de Grande-Synthe), notamment en construisant avec Médecin sans frontières un centre d’accueil permettant des conditions de vie décentes (repris en main par la préfecture, le centre a été détruit par un incendie en avril dernier). Des citoyens s’engagent aussi évidemment, de Calais à la frontière italienne, et se trouvent parfois traîné en justice pour « délit de solidarité » (lire notre article À la frontière franco-italienne, les habitants de la vallée de la Roya risquent la prison pour avoir aidé les migrants).

À Paris, où des milliers de migrants débarqués dans la capitale se retrouvent à la rue sans aucune prise en charge et harcelés par la police, la maire Anne Hidalgo a annoncé l’ouverture d’un premier centre d’accueil en mai. Le centre a ouvert six mois plus tard. Prévu pour 500 personnes, il est pourtant sous-dimensionné et saturé en permanence. Selon l’association France Terre d’asile, plus de 1000 personnes migrantes dormaient encore à la rue début juillet à proximité du centre d’accueil. L’association Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés) a aussi dénoncé les violences policières dont sont victimes les migrants dans les files d’attentes du centre. Malgré des initiatives bien réelles mais dispersées (lire ici notre article), « la France n’est pas dans une démarche d’accueil », regrette Filippo Furri. Les villes française prendront-elles le relais d’un État défaillant ?

Rachel Knaebel

Photo : Manifestation LGBT de solidarité avec les réfugiés à Londres, en juin 2016 / CC Alisdare Hickson

Notes

[1] Voir la carte établie par le Immigrant Legal Ressources Center des municipalités des Etats-Unis qui ne collaborent pas avec les services fédéraux de l’immigration.

[2] Voir les données du Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU.

Il y a "migrant" et "migrant"

Appel à un « Grenelle » de l’hospitalité

 La société civile appelle à un « Grenelle » de l’hospitalité et de l’accueil des étrangers en France

par Rédaction 24 juillet 2017

 

Trente-cinq bébés et leurs parents demandeurs d’asile dormant dans la rue à Strasbourg ; des réfugiés empêchés de demander l’asile à la frontière franco-italienne ; des campements sauvages à Paris faute de centre d’accueil ; des bénévoles harcelés par la police pour avoir distribué de l’aide alimentaire à Calais ; un « plan migrants » vertement critiqué par le Défenseur des droits... Le gouvernement semble incapable de répondre dignement aux défis que pose l’accueil de migrants et de réfugiés en France. 450 collectifs et organisations appellent à la tenue d’une grande conférence sur le sujet. Voici leur appel.

Lire la suite : Appel à un « Grenelle » de l’hospitalité

Rassemblement Réseau Education Sans Frontières le mercredi 7 juin 2017 à 14h 30 devant la Préfecture

3 juin 2017 / Communiqué de presse du Réseau Education Sans Frontières

Avec le soutien de la Ligue des droits de l'Homme 93

Dépôts de dossier, renouvellements de titres, naturalisations...

La préfecture numérise ses procédures,

les étrangers trinquent !

 

Toutes les relations entre les étrangers et les services de l'Etat passent désormais exclusivement par des procédures internet (prises de rendez-vous pour les dépôts de dossier, les renouvellements de titre, l'accès à la nationalité , etc).

Comme par magie, les files d'attente ont partiellement disparu. Mais la situation des étrangers, elle s'est aggravée, sans que cela émeuve désormais l'opinion et les médias.

Pages internet le plus souvent inaccessibles, refus de dossiers, délais de plusieurs mois pour les RV, puis pour le traitement des dossiers... Ces procédures révèlent la volonté de limiter l'accès au service public et le mépris de fait des droits des étrangers :

  • Trouver la page rendez-vous ouverte avec des rendez-vous disponibles relève de la course de fond ou de la loterie : il faut parfois plusieurs semaines pour obtenir le RV attendu, et celui-ci est de plus en plus déporté dans le temps.

  • En ce qui concerne l'admission exceptionnelle au séjour, un système de double rendez-vous (« pré-accueil » puis nouveau RV éventuel pour le dépôt de dossier proprement dit)institue un double contrôle bien inutile et provoque des refus de dossiers en toute illégalité. Sans examen de leur dossier et sans réponse écrite, des personnes sont privées de toute possibilité de recours.

  • Le délai d'examen des dossiers est démesuré : 4 mois pour un pré-accueil + 4mois pour un dépôt de dossier et souvent plus de 4 mois encore pour la décision = les procédures s’étalent actuellement sur plus d’unan...

  • Même pour les renouvellements de titre, les services de l'Etat ne tiennent plus les délais : il faudrait presque demander le titre suivant dès qu'on a obtenu le précédent, sous peine de rester de longues semaines sans titre de séjour et risquer par exemple de perdre son emploi.

Pour réclamer un accueil décent


et la régularisation de toutes et tous,

 

RESF 93 organise un rassemblement


le mercredi 7 juin 2017 à 14h 30

Devant la préfecture Esplanade Jean Moulin à Bobigny

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / 06 89 30 86 15

Informations supplémentaires