Bondy, après les élections, la citoyenneté continue...

Article qui doit paraître dans la presse alternative et qui nous concerne...

 

A Bondy (93), pour la deuxième fois notre association citoyenne, Bondy autrement, se présentait aux municipales. Avec 1 300 voix et 12 % au premier tour, nous progressons de 150 voix et 1,5%, et maintenons deux élus au Conseil municipal. Se présentaient contre nous une liste de droite (UMP, UDI, MODEM) et une liste de notables que nous avons du mal à classer à gauche (PS, PC, EELV), une liste Emergence n'a pas atteint les 5% à l'issu du premier tour.

 

Professionnels contre amateurs

Les appareils de l'UMP et du PS ont mené des campagnes à l'américaine (blouson rouge pour les uns, bleu pour les autres, photo en gros plan du candidat seul pour chacun d'eux), occupant tous les lieux publics ensemble pendant la campagne. Quant à nous, nous avons continué à creuser nos thèmes, à informer les personnes qui nous suivent, et à actualiser notre programme. La politique politicienne est tellement banalisée que personne aujourd'hui n'est étonné de voir les marchés désertés, les tracts quotidiens disparus, l'omniprésence de trois mois transformée en une absence prévisible de 6 ans... Le temps des citoyens est revenu, les politiciens ont disparu.

 

Un nouveau conseil aux ordres, comme il y a 6 ans

Malgré la perte de 10 points et 1 300 voix, le PS, le PCF et EELV n'ont pas varié : les pleins pouvoirs ont été votés à la maire par sa majorité. Le discours méprisant systématique de la maire à l'égard de nos propositions n'a pas non plus changé, même si nos élus ne sont plus les mêmes. Par exemple, nos élus viennent de faire une révélation : entre le budget primitif et le budget réel de 2013, il y a une différence de... 40 millions (30% du total) ! Ca n'a pas étonné un seul élu de la majorité.

Les mêmes ont voté à l'unanimité contre un bilan de la réforme locale des rythmes scolaires (appliquée dès septembre 2013 chez nous), ou contre le fait que le conseil soit filmé par la mairie... Nous sommes rassurés : nous pourrons continuer à dénoncer comme par le passé la compromission éclatante des élus de la maire.

 

Quand on fonctionne autrement...

Avant la campagne, nous avions consensuellement désigné une nouvelle tête de liste, puis nous avons classé nos candidats à bulletin secret en assemblée générale. Pas de phénomène de cour pour être bien placé, d'autant que nos candidats aspiraient plutôt à ne pas être en haut de la liste.

Aujourd'hui, nous continuons à travailler les dossiers du conseil municipal en réunion publique.

Nous organisons une rencontre-débat sur l'école au mois de juin autour des questions : Contenus, pédagogie, horaires... Les élèves, les parents et les enseignants peuvent-ils devenir co-auteurs de l'école ? Comment les associer ? Quelles propositions peut-on faire ?

 

Limites et perspectives

La courte durée de vie des expériences citoyennes peut inquiéter, les Motivé-e-s en 2001, ou les collectifs anti-libéraux n'ont pas d'héritage. La rage des partis à supprimer ces expériences explique en partie ces échecs.

Le premier risque est le localisme. Ignorer l'impact des politiques nationale ou européenne serait absurde : les salaires, la santé, l'école, l'emploi ne dépendent pas essentiellement des villes.

Le deuxième risque est l'apolitisme : si nous ne sommes pas affiliés à un parti, et si nous critiquons le principe d'obéissance qui y prévaut, cela ne signifie pas de ne pas avoir d'idées sur l'organisation sociale, et laisser justement aux politiciens notre destin collectif.

Réfléchir et agir avec les habitants pour reprendre la ville, c'est à quoi nous devons nous attacher. Nous ne convaincrons pas les petits seigneurs de la féodalité locale, ni leur clientèle. Mais quand on constate que la première liste a « réuni » 5 500 voix sur 54 000 habitants, la marge existe pour que les citoyens interviennent et prennent en main leurs affaires...

 

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