Les sages-femmes, symbole de l’invisibilité du travail féminin

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En grève depuis mi-octobre, les sages-femmes  veulent être reconnues. 5 ans d’études, des compétences étendues, de lourdes responsabilités... obtiendront-elles enfin le statut de « praticien hospitalier » comme les dentistes ou les pharmaciens ?

 « On vous a vu tout nu... » Face aux CRS et passants qui entourent leur manifestation, les sages-femmes chantent et gardent le sens de l'humour. Sans elles, ils seraient encore tout nus, eux et tous ceux qui se prennent au sérieux et considèrent les sages-femmes comme de petites mains.


Cela fait une bonne dizaine d’années qu’elles demandent juste d’être reconnues comme "praticien de premier recours". "Praticien hospitalier", comme les dentistes ou les pharmaciens qui, comme elles ont fait cinq ans d’études. Seulement voilà, « nous sommes des femmes, nous aidons des femmes et notre société patriarcale a l’habitude de considérer que c’est une vocation, pas un métier. Nous sommes considérées comme des petites mains », observe Sylvie Bonnefont, cadre sage-femme au centre hospitalier de Vichy, qui a fait le déplacement ce 7 novembre. « Ce que nous vivons est un résumé de la situation des femmes dans notre pays. »

Vaste entreprise que cette demande de reconnaissance. Les sages-femmes doivent obtenir du soutien ailleurs que dans leurs propres rangs. L’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF) a dénoncé à Bruxelles le 18 juin dernier dans un « appel », « les discriminations genrées dont les sages-femmes françaises font l'objet, et par extension, les femmes de France. »

Mikael Gustafsson, Président de la Commission des droits des femmes et de l'égalité des genres a pris acte et répondu que « les parlementaires ont pleinement conscience des problèmes majeurs que cette discrimination représente pour la prise en charge optimale de la santé génésique des femmes.» En effet, «le dernier rapport des données européennes de périnatalité classe la France dans une position préoccupante ! »,  ajoute l'ONSSF.

Elles ne portent pas de bonnets rouges, ne cassent rien... seront-elles entendues ?

Les sages-femmes ont aussi obtenu le soutien des députées UMP, siégeant enfin au Parlement par la grâce des lois sur la parité.

Et cette fois-ci, le mouvement est organisé et décidé à se faire entendre. Dès 11 heures, elles étaient très bruyantes sur la place Denfert-Rochereau à Paris, lieu du rassemblement avant le départ de la manifestation qui devait être reçue au ministère de la Santé à 15 heures. Reçues « par la Ministre », exigeaient les manifestantes qui ont vu il y a quelques jours les patrons du foot être reçus par le Président de la République en personne... Elles ne portent pas de bonnets rouges, ne cassent rien mais sont déterminées. Elles voulaient remettre « en mains propres » à la ministre une pétition signée par plus de 50 000 personnes... Et elles ont obtenu cette entrevue.

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