Un autre monde

L’énigme Sanders : la drôle de rencontre avec Obama

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Par Pierrick Tillet

Autant vous dire tout net : la prochaine présidentielle américaine ne me concerne pas. Pour une bonne raison : je ne suis pas électeur américain. Mais les drôles de choses qui sont en train de s’y passer interpellent l’observateur étonné que je suis.

 

Jeudi 9 juin, Bernie Sanders, l’adversaire “socialiste” de la “démocrate” Hillary Clinton, était reçu officiellement par le président Barack Obama. C’est entendu, Bernie Sanders a perdu les primaires démocrates contre sa rivale. Entendu aussi, il a promis au président en exercice de « travailler avec Clinton pour battre Trump ». Mais des choses demeurent bien opaques, après cet entretien, sur les suites à venir. Bernie Sanders assortit sa proposition d’aide d’un sacré préalable :

- « Je suis impatient de la rencontrer prochainement pour voir comment nous pouvons travailler ensemble afin de vaincre Donald Trump et créer un gouvernement qui nous représente tous. »
- Pire encore, Bernie Sanders maintient envers et contre tout sa candidature pour les dernières primaires qui auront lieu le 14 juin.
- Barack Obama, chose peu commune pour ce bavard intarissable, n’a pas jugé utile de commenter sa rencontre avec Bernie Sanders, faute sans doute de pouvoir annoncer ce qu’il souhaitait par-dessus tout : un ralliement inconditionnel de Sanders à la candidature Clinton.
- Au contraire, l’actuel président américain a immédiatement et précipitamment annoncé, dans la foulée, son soutien à son ex-malheureuse rivale, avec à la clé un grand meeting de campagne commun mercredi prochain dans le Wisconsin.

On voudrait faire plus clivant qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Certaines mauvaises langues hasardent même que Sanders pourrait maintenir une candidature indépendante face à Clinton, fort de sondages qui le donneraient vainqueur devant les deux challengers officiels en cas de triangulaire. Nous n’en sommes pas là et nous nous garderons bien de toute anticipation hasardeuse sur un scrutin qui, encore une fois, ne nous concerne pas directement, n’en déplaise à nos médias américanolâtres.

La seule chose qui semble assurée, c’est qu’il pourrait bien y avoir comme un vilain caillou dans la godasse trop bien huilée de la “démocratie” américaine.

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