Le pouvoir d'achat a bel et bien augmenté pour les cadres et les actionnaires du nouveau capitalisme.

Le Medef ne cesse de proclamer que la baisse du pouvoir d'achat est « ressentie »et non pas réelle, chiffres de l'Insee à l'appui. Parce qu'il représente une moyenne, l'indicateur de pouvoir d'achat du revenu disponible de l'Insee ne rend en effet pas compte de la déqradation subie par l'immense majorité de la population. Or, la répartition des revenus est devenue de plus en plus inégalitaire. Le revenu «déclaré»(sic !) des 10 % de foyers les plus riches s'est élevé de 32 % entre 1998 et 2005, alors que celui des 90 % restants n'augmentait que de 4,6 % (1). Pour le 1 % supérieur, l'augmentation a été de 42,6 %. Le revenu médian, proche de 1 480 euros mensuels, n'évoluait, quant à lui, que de 0,6 %. En bas de l'échelle, 7,1 millions de pauvres survivent désormais en France avec un revenu inférieur à 817 euros (correspondant au seuil de pauvreté de 60 % du revenu médian).

Le revenu réel de la grande majorité des Français a donc baissé, en raison d'une inflation de 2 % par an.

Entre 1998 et 2005, le salaire de 90 % de la population ne s'accroissait que de 4 % quand l'inflation progressait de 13 % au total. Au cours de la même période, les 10 % des salariés les mieux rémunérés voyaient leurs salaires augmenter de 29 %. Le 1 % des plus hauts salaires bénéficiait d'une hausse de 41 %.

Un gouvernement sait, « techniquement », comment procéder pour accroître la part des salaires dans la valeur ajoutée. Il peut augmenter les fonctionnaires pour indiquer le chemin a suivre dans le secteur privé, revaloriser le Smic, organiser le relèvement des minima de branche pour provoquer une hausse pour tous les niveaux dans les grilles salariales. Pour relancer le pouvoir d'achat, il peut aussi baisser la TVA : le coût de la baisse d'un point est de 6 milliards d'euros, soit 2,5 fois moins que le paquet fiscal...

Liêm Hoang-Ngoc,

Maître de conférences à l'Université de Paris-l,

dans Politis du jeudi 6 décembre 2007.

Informations supplémentaires