Une autre gauche

Sur les partis politiques

 

Ce n’est pas parce qu’une idée est fausse qu’il ne faut pas en parler.

Ainsi, lors d’un conseil municipal, la maire et un de ses adjoints ont repris le préjugé selon lequel les partis politiques sont le fondement de la démocratie.

Evidemment « démocratie » signifie « pouvoir du peuple », pas « pouvoir des partis politiques ».

Mais quel rôle jouent les partis dans la démocratie ?

Est-ce que se détourner des partis politiques aujourd’hui, c’est être contre la démocratie ?

A Bondy autrement, nous sommes favorables à une démocratie très puissante, mais nous sommes très opposés au poids des partis politiques.

Pourquoi ?

D’abord, nous constatons que les partis fournissent à certains des emplois et des rémunérations : ce sont les élus et les permanents. Ces gens tiennent à garder leur statut et parasitent le système politique pour se maintenir à leur poste. Ils en viennent souvent à vivre mieux que nos concitoyens et se désintéressent des problèmes vécus (logement, emplois, places en crèche, manque de démocratie, etc.).

D’autre part, qu’est-ce qui mine la démocratie aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait que la plupart des Français sont dégoûtés de la « politique » ? Sans doute le fait que l’on nous a mis dans le crâne depuis des décennies que la politique ne pouvait rien changer . Alors à quoi bon s’y intéresser, n’est-ce pas ? Mais qui a imposé cette idée ? Mitterrand, en faisant son « tournant de la rigueur », passant à une politique de droite. Jospin, qui a expliqué que la politique « ne pouvait pas tout » pour convaincre qu’elle ne pouvait pas grand chose. Sarkozy qui nous avait dit qu’ensemble tout serait possible alors que nous avons vu que c’était surtout le pire. Et Hollande qui prétendait que son ennemi était la finance et qui est devenu son meilleur ami. Et si la France ne suffisait pas, ils ont même prouvé aux Grecs que la politique ne pouvait rien : le peuple a voté non au paiement de la dette injuste, mais le gouvernement et la Troïka européenne leur ont imposé quand même.

D’où viennent tous ces choix ? Des partis politiques.

Sont-ils le fondement de la démocratie, alors ?

Non, ils ont plutôt été le facteur de son pourrissement, c’est-à-dire qu’ils ont oeuvré à prouver au peuple que rien n’était possible, que le peuple ne pouvait rien, que la démocratie était donc impossible, puisque le pouvoir est ailleurs, à l’économie, au G7, à la Troïka.

Par ailleurs, qu’est-ce qui empêche les habitants de décider des mesures, des décisions qui auront une incidence sur la réalité ? C’est que le peuple dans notre « démocratie » n’exerce jamais le pouvoir directement, ne prend jamais de décisions, il élit des représentants qui ont alors le pouvoir. Il élit des représentants des partis politiques, qui décident à la place du peuple.

Alors, non, les partis politiques ne sont pas le fondement de la démocratie, ils en sont aujourd’hui un élément nuisible, ils empêchent la « démocratie », ils ont même réussi à dégoûter le peuple de prendre des décisions, ils lui ont fait croire qu’il ne pouvait rien décider, et ils agissent pour l’en empêcher.

Construire la démocratie passe par l’intervention directe des citoyens, par leur capacité à agir, y compris en montant des projets alternatifs qui n’ont pas besoin de l’accord ou du financement des politiciens. Plus globalement, au-delà du cadre local, cette mise en commun de tous, c’est la politique telle que nous la voyons, la démocratie, on n’y parviendra pas sans se libérer des partis politiques actuels.

Pour autant toutes les initiatives citoyennes n’aboutissent pas non plus, nous le savons à Bondy avec les listes qui ont précédé « Bondy autrement » : elles ont été en partie digérées par les partis comme nombre d’initiatives citoyennes. Continuer à favoriser l’intervention des habitants et des salariés en dehors des élections, voilà tout l’enjeu de ces initiatives.

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