Une autre gauche

Le piège, les menaces et l’espoir

 

Par Raoul Marc Jennar

À la différence des craintes légitimes qu’inspire l’élection de Mme Le Pen, dont on nous abreuve de manière apocalyptique, rien n’est dit par la presse dominante des dangers majeurs qu’apporte l’élection de Macron. Rien de plus naturel quand on sait quels sont les intérêts que sert cette presse. Et pourtant, la dictature qui vient n’est pas nécessairement celle redoutée par les médias.

2002 : pour repousser le père Le Pen, ce nostalgique de Vichy, de l’Indochine et de l’Algérie françaises, ce négationniste des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par la barbarie nazie, des millions de Françaises et de Français ont voté pour un Jacques Chirac dont ils ne partageaient pas les choix politiques. Nombreux sont ceux qui, cette année-là, se sont fait violence en votant contre leurs convictions. Rien n’est plus malsain dans une démocratie. Mais c’est de là qu’est née la stratégie du vote utile. Le scénario parfait pour les tenants du système. La garantie de l’élection systématique d’un des leurs. Ils ne furent pas obligés d’y recourir lors du scrutin de 2007 puisque ni Ségolène Royal, ni a fortiori Nicolas Sarkozy ne remettait en cause l’ordre établi, celui du "il n’y a pas d’alternative". Sarkozy devenu à juste titre un épouvantail pour une majorité du peuple, c’est contre lui qu’on invoqua le vote utile. Ce fut l’opération menée à bien en 2012. Au premier, comme au deuxième tour, il fallait donner toutes ses chances au disciple du social-libéral Delors et ne prendre en aucun cas le risque que Sarkozy puisse être réélu. Sarkozy évacué par son propre camp en vue de l’élection de 2017, la nouvelle menace surgit d’une opération bien menée depuis des années par la presse dominante, Le Monde en tête : la dédiabolisation du FN. Tout au long des dix années écoulées que n’a-t-on lu dans la presse dominante qui contribuait à faire du FN un parti comme un autre ? Que n’a-t-on entendu dans la bouche d’un Sarkozy ou d’un Valls des propos qui flirtaient avec la xénophobie et le racisme du FN ?

Cette dédiabolisation fut une réussite. Elle s’est traduite par une montée en puissance dans les sondages et lors des scrutins intermédiaires. Ainsi, normalisée, et donc plus proche d’une éventuelle victoire, la dirigeante du FN pouvait, pour les présidentielles, être présentée comme une candidature aussi répugnante que celle de son père en 2002. Il suffisait qu’à l’approche des élections, les médias dominants oublient la dédiabolisation et insistent sur les sondages pour ressusciter le discours de la peur, appeler au vote utile et ainsi écarter, au premier tour, une candidature vraiment de gauche. Avec en prime, pour le deuxième tour, en face de Mme Le Pen reconfigurée en repoussoir, un pur produit du monde de la finance et du Medef, mais beau gosse, belle gueule, une sorte de Lecanuet un tantinet inspiré avec, parfois, des phrases qui sonnent bien, à la Kennedy, et souvent, des propos qui sonnent creux. Parfait produit marketing ! Et sans qu’aucun de ces soi-disant observateurs avertis ne s’en étonne, dans une urgence dramatisée, en un chœur quasi unanime le 23 avril au soir, où la moindre voix hésitante fut montrée du doigt, la droite classique, le centre et la droite solférinienne entonnent le pieu verset "Macron président". Et tout aussitôt se joint à ce chœur un des artisans de cette opération, un des premiers responsables du succès actuel du FN, Hollande. Mais qui ne voit que cet empressement est destiné à emprisonner l’électorat de gauche, une nouvelle fois, dans un choix qui n’est pas le sien ? Avec, à la clé, et ça c’est neuf, en face, d’une part une demande d’un vote d’adhésion et d’autre part un engagement ferme de pratiquer la pire politique de la plus brutale des manières. Ce qui signifie que les gens qu’on presse aujourd’hui de voter Macron vomercredi 3 mai 2017
par  Raoul Marc Jennar
popularité : 94% nt voter pour quelqu’un qui non seulement brime leurs convictions, mais surtout menace leurs intérêts personnels. Car les intérêts de la finance et du Medef, dont Macron est le bras politique, n’ont jamais été ceux du peuple. Ne convient-il pas, en présence d’un tel piège, de se poser la question, dans chacun des cas, en quoi consiste le danger ?

La menace Le Pen

Le Pen élue, c’est incontestablement une image totalement défigurée de la France. Une raciste, une xénophobe à la tête du pays, cela réduirait la France au niveau d’une Hongrie, d’une Pologne, d’une Ukraine, qui au moins peuvent expliquer qu’elles n’ont jamais connu la démocratie avant 1991. Le Pen élue, nombreux aujourd’hui redoutent un passage légal vers une dictature fasciste (certains, les plus effrayés, parlent même de national socialisme et invoquent l’arrivée d’Hitler au pouvoir par la voie démocratique) par application de l’article 16 de la Constitution, ce qui permettrait la fin des libertés fondamentales, un "Vel d’Hiv pour les migrants", l’épuration idéologique et culturelle. Le Pen élue, ce serait aussi un désastre social et économique dont les gens modestes qui votent pour elle seraient les premières victimes. Je respecte ces craintes, surtout lorsqu’elles sont le résultat d’une confrontation directe avec le fascisme, d’une lucidité démocratique ou d’une exigence éthique (exigence que je dénie aux gens du PS et de LR qui ont tant fait pour le succès du FN avec les politiques initiées et soutenues). Et j’en partage certaines. Même si je tente de raison garder. D’abord, parce qu’il y a la manipulation médiatique dont l’intérêt est de pousser au paroxysme de la peur pour favoriser le poulain du patronat. Mais aussi, parce que je me méfie des analogies historiques. Nous ne sommes ni dans l’Italie de 1922, ni dans l’Allemagne de 1933, ni dans la France de 1940. Et, si répugnant soit-il, le FN ne dispose ni de SA, ni de SS, ni de la Milice et il n’est pas en mesure de dicter sa loi par la violence, sauf à surévaluer quelques groupuscules. Il faut se garder des références historiques qui n’ont qu’un faible rapport avec la réalité d’aujourd’hui. Ce qui n’enlève rien à la critique impitoyable dont le parti de Mme Le Pen doit faire l’objet et à la vigilance qui doit s’exercer de la part de tous les démocrates.

Nous sommes dans un régime présidentiel que, de Mitterrand à Hollande, on s’est bien gardé de tempérer ou de supprimer. Le peuple en est aujourd’hui largement victime. Les pouvoirs de la présidence sont grands. Mais ils ne sont pas absolus. Un président français a besoin d’une majorité parlementaire. Sur la base des voix obtenues par le FN le 23 avril, celui-ci n’a aucune chance d’obtenir une majorité parlementaire. Ce serait un premier barrage au pouvoir de Mme Le Pen si elle était élue. Certains objectent que dans ce cas, en justifiant sa démarche par les manifestations et les grèves suite à son élection, situation qu’elle qualifiera de chaos, Mme Le Pen pourra se servir des dispositions de l’État d’urgence et de l’article 16 pour s’arroger les pleins pouvoirs. La question revient dans les débats et il faut l’aborder. Relisons cet article dont nombreux sont ceux qui le citent dans sa version de 1958 en oubliant le dernier paragraphe ajouté en 2008 : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. Il en informe la Nation par un message. Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet. Le Parlement se réunit de plein droit. L’Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels. Après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d’examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. »

Cet article est effrayant. Au point qu’on doit d’abord s’interroger. Pourquoi ceux qui crient aujourd’hui au loup ne l’ont-ils pas fait disparaître quand ils en avaient le pouvoir ? Certes, cet article contient quelques garde-fous intégrés dans le dernier paragraphe. Mais en trente jours, bien des abus de pouvoir peuvent être commis. Je me demande d’ailleurs pourquoi les journalistes ne posent pas aux deux candidats la question du recours éventuel à cet article. Car Macron, autant que Le Pen, pourrait aussi s’en servir si son mépris du peuple provoque grèves et manifestations. D’aucuns évoquent la possibilité de recourir à l’article 36 de la Constitution relatif à l’État de siège. Mais le pouvoir exécutif ne peut le prolonger au-delà de douze jours sans l’accord du Parlement. Demeure la quatrième possibilité "dictatoriale" de l’éventuelle élue FN : les ordonnances. Relisons l’article 38 de la Constitution : « Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse. À l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

On le constate immédiatement, l’accord du Parlement est indispensable. Il n’y a donc aucune possibilité pour Mme Le Pen de pouvoir y recourir. Par contre, Macron, lui, pourra. Puisqu’il disposera, lui, d’une majorité parlementaire comme on va le voir. Ainsi est évaluée à sa juste proportion, me semble-t-il, la menace FN. Mais je respecte totalement celles et ceux qui font une autre appréciation. Dans l’évaluation d’un risque, il n’y a jamais de certitude absolue. Et cela vaut aussi pour ce qui va suivre.

La menace Macron

S’il ne faut pas que Mme Le Pen soit élue, il ne faut pas davantage que l’élection de Macron ressemble, par l’ampleur des voix obtenues, à une sorte de chèque en blanc qui lui permettrait de réaliser le projet qu’il porte. Car la menace Macron est bien réelle. Convenons d’abord, qu’à la différence de Mme Le Pen, avec les ralliements nombreux qu’il a déjà obtenus y compris à droite, avec le renouvellement que va provoquer le fait qu’un tiers au moins des parlementaires sortants ne vont pas se représenter, un boulevard s’offre aux candidats d’En Marche. Même s’il ne réunit pas à lui seul une majorité absolue, il ne sera guère difficile à Macron d’obtenir le ralliement d’autres libéraux de droite ou de gauche. Il disposera d’une majorité au Parlement. C’est à retenir pour apprécier les moyens dont il va disposer pour imposer sa politique. Et cette majorité pourrait, si la violence des réformes Macron provoque grèves et manifestations, justifier un recours à l’article 16 qui, soyons en certain, ne poserait aucun problème à ces élus-là. De toutes façons, Macron pourra gouverner par ordonnances. Souvenons-nous qu’il a clairement répété à de multiples reprises qu’il ne "cèdera rien" de son programme. Dès cet été, comme il l’a annoncé. C’est, en pire, la violence sociale et la brutalité antidémocratique pratiquées par Valls et annoncées par Fillon. C’est cela le "de gauche et de droite" dont se réclame Macron. Macron élu pourra, dès cet été, provoquer le démantèlement du Droit du travail et l’ubérisation de la société. Agissant par ordonnances, il abandonnera le dialogue social tant vanté quand il se pratique en Allemagne.

Macron élu, cela veut dire l’austérité généralisée, une précarisation massive des emplois et dès lors un appauvrissement généralisé de la population et une réduction de l’espérance de vie. Comme en Allemagne. Macron élu, c’est la dictature de la finance et du monde des affaires. Le soutien aux groupes bancaires les moins éthiques comme BPCE, BNP-Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale ; le soutien à des entreprises comme Bayer, Monsanto, Sanofi, qui font passer le profit avant la santé et la biodiversité ; le soutien à l’agro-business, ses pesticides et ses fermes de mille vaches et de dix mille porcs ; le soutien à Vinci, ses autoroutes onéreuses et ses travaux inutiles, coûteux et destructeurs du cadre de vie (Notre-Dame des Landes) ; le rejet de la relocalisation de l’économie. Le programme de Macron, c’est ce que l’organe patronal Le Monde appelle de ses vœux depuis tant d’années : réduire le périmètre de l’État, l’éternel attente des conservateurs de tous les temps et sous tous les cieux. Il y a toujours trop d’État pour ceux qui refusent une équitable redistribution de la richesse produite, c’est-à-dire, aujourd’hui, pour ceux qui rejettent la démocratie politique et la démocratie sociale ainsi que la transition écologique. Macron élu, avec son soutien au TAFTA, au CETA à l’ACS et à cette pratique nouvelle du libre-échange qui s’en prend à la souveraineté des peuples, c’est le rêve de ses mentors qui se réalisera : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » (David Rockefeller, Newsweek, 1 février 1999).

Macron élu, sa politique se résume en quelques mots : le démantèlement progressif et irréversible de l’État. Macron élu, c’est une mutation irréversible de la société française. L’impossibilité, observée chaque jour, de remettre en question les avancées néo-libérales, les accords de l’OMC, les Traités européens, les directives européennes, tous textes transcrits dans la législation nationale, doit nous convaincre du caractère irréversible de la révolution conservatrice que Macron mettra en oeuvre. On ne reviendra pas sur les bouleversements Macron, il faut en être conscient. À la différence des craintes légitimes qu’inspire l’élection de Mme Le Pen, dont on nous abreuve de manière apocalyptique, rien n’est dit par la presse dominante des dangers majeurs qu’apporte l’élection de Macron. Rien de plus naturel quand on sait quels sont les intérêts que sert cette presse. Et pourtant, la dictature qui vient n’est pas nécessairement celle redoutée par les médias.

Allons un peu plus loin dans la réflexion et tentons d’imaginer la situation en cas de victoire de l’un ou de l’autre. Le Pen élue, le choc provoqué peut créer le désarroi ou le sursaut ou les deux consécutivement. Le désarroi, c’est une classe politique déboussolée avec des élus de droite se ralliant au FN afin d’être réélus, avec le marais des indécis, avec un Parti Socialiste en pleine décomposition ne sachant plus à quel libéral se vouer. Je suis d’avis qu’il n’y a pas grand chose à attendre des politiciens professionnels. Mais il n’est pas interdit d’espérer en même temps, face au désarroi, le sursaut. Il peut venir du peuple lui même, de ceux qui se sont abstenus, qui ont voté blanc et de ceux qui ont voté non pas pour Macron mais contre le FN. Ce sursaut, il viendra surtout de ceux qui se sont employés à offrir une alternative au FN. Une alternative qui n’est pas nourrie par les politiques qui accroissent l’influence du FN. Bref, Mme Le Pen élue, c’est la crise. Une crise extrêmement grave. Mais une crise, c’est toujours la transition d’un État vers un autre. En France, il a toujours fallu des circonstances extrêmes pour passer d’un État vers un autre. Peut-être certains ont-ils besoin d’un tel choc pour permettre l’indispensable mutation du système politique français ? Pour conclure, Le Pen élue, c’est un moment très dangereux à surmonter dans des délais relativement courts. Donc, cette analyse qui s’efforce à l’honnêteté intellectuelle, ne peut, pour ce qui me concerne, conduire qu’à une seule décision : pas une voix pour le FN !

Macron élu, sa marge de manœuvre va être conditionnée par deux facteurs : son résultat et le taux d’abstentions et de votes blancs qui l’accompagnera d’une part et la majorité parlementaire dont il disposera pour gouverner d’autre part. Si le 7 mai au soir, il y a davantage d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui que les voix qu’il aura obtenues pour être élu, Macron saura qu’il ne pourra pas imposer à la majorité des Françaises et des Français qui lui sont hostiles - car cette majorité existera bel et bien - les politiques antidémocratiques, antisociales et anti écologiques que son programme et ses soutiens annoncent. On me rétorquera que le monde qu’il représente se soucie peu de tels scrupules. J’en conviens. Mais j’observe que Macron demande un "vote d’adhésion" et que se multiplient, de la part des libéraux ralliés à lui, des appels à ce que sa victoire "soit large". C’est donc que cela a de l’importance vu le massacre social qui s’annonce. Sa légitimité sera fonction de son score. À chacun d’apprécier l’utilité, pour la suite, d’un Macron en dessous de 60 % le 7 mai. Macron devra aussi obtenir une majorité parlementaire qui lui donnera les mains libres pour ramener le peuple de France au sort qui était le sien au 19ème siècle. Au nom, bien entendu de la modernité et de la lutte contre les archaïsmes. Discours classique qui était déjà celui des patriciens contre les plébéiens dans la Rome républicaine. On a vu qu’il peut réunir cette majorité parlementaire.

L’espoir

L’empêcher d’obtenir cette majorité doit donc être, dès à présent, l’objectif prioritaire de celles et de ceux qui veulent, pour tout le peuple de France, des "jours heureux". C’est possible. Si les 7 millions de voix obtenues sur le nom de Jean-Luc Mélenchon et sur le projet "L’Avenir en commun" ne se dispersent pas et se transforment en autant de sièges à l’Assemblée Nationale. Le boulevard évoqué plus haut profitera de la même manière à La France Insoumise. Si elle reste rassemblée.

Ces 7 millions peuvent même devenir neuf ou dix, si s’opère autour de ce projet authentiquement alternatif un rassemblement non pas d’appareils discrédités, mais de femmes et d’hommes pour qui résister, c’est beaucoup plus que faire barrage. C’est construire.

Raoul Marc Jennar

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