Urbanisme

Travaux de l’avenue Carnot : nuls !

Travaux de l’avenue Carnot à Bondy : nuls !

Par Laurent (encore un excellent article pris du site www.expression93.fr).

L’avenue Carnot est en travaux depuis un an environ. La première tranche est « presque » finie (entre la rue de la Liberté et la rue Edouard Vaillant, et entre la rue Blanqui et la rue Jules Guesde). Ces travaux étaient indispensables, la rue étant à la limite de l’impraticable tellement la chaussée était défoncée et les nids de poules profonds et nombreux. Les trottoirs étaient également dans un état pathétique.

Mais il apparaît qu’aucun bilan ni aucun enseignement n’est manifestement tiré de cette première tranche, alors que la conduite de ces travaux est hautement contestable.


Accessibilité ? Mon oeil !

Un objectif affiché par la mairie était de mettre la rue aux normes « Personnes à Mobilité Réduite » (PMR). Il n’y a évidemment aucun problème pour approuver cet objectif et faciliter l’intégration des personnes à mobilité réduite dans la ville et améliorer la circulation piétonne.

Qu’en est-il de cet objectif ?

Aux angles de la rue Carnot avec la rue Edouard Vaillant et avec la rue Blanqui, aucun dénivelé ne permet la traversée pour des fauteuils ou même des poussettes. Le trottoir est à pleine hauteur au niveau des passages pour piétons. Mettons donc Gilbert Roger dans un fauteuil roulant et défions-le de traverser à ces endroits. On rigolera...

Le dénivelé est tout aussi absent en bout de pistes cyclables. Alors que ces voies réservées aux vélos prennent un tiers de la chaussée après travaux, les cyclistes vont endurer une dure chute d’une vingtaine de centimètres aux croisements.

Soit il est prévu de laisser les rues dans ces états, soit il est prévu de corriger ça en fin de travaux... et donc de défoncer à nouveau les trottoirs ! Une aberration technique, économique et environnementale.

Une approche dogmatique de l’éco-transport

Comme indiqué, un tiers de la chaussée est réservé aux pistes cyclables. Or, la circulation des vélos dans cette partie de Bondy est aujourd’hui quasiment nulle. Cette utilisation de la chaussée ne répond à aucun besoin réel. Ce besoin a peu de chance d’évoluer, étant donnée l’absence de parcs à vélos dans toute la ville.

Au contraire, les bus, réellement utilisés, eux, sont confrontés à des difficultés réelles de circulation. Une alternative intéressante aurait été d’envisager une voie réservée aux bus. Au contraire, la réduction des dégagements, désormais pris par les pistes cyclables va sans aucun doute détériorer encore les conditions de circulation des bus. Non seulement ces pistes cyclables sont assez inutile, mais elles sont probablement nuisibles du point de vue des éco-transports.

Il est évident que la réflexion sur les éco-transports sur cet axe a été indigente. Elle privilégie le transport individuel au détriment du transport collectif.

Allégeance aux automobilistes

Ce dogmatisme individualiste ne s’arrête pas là.

Ainsi, le plan de circulation pendant les travaux passe par la mise en double sens de la rue de la République. Mais sur une bonne partie de cette rue (entre la rue Vaillant et la rue Blanqui au moins), cette circulation se fait en réalité sur une seule voie, car les voitures en stationnement prennent la moitié de la place ! Le courage de Gilbert Roger s’arrête là où la grogne des automobilistes pourrait commencer. Pour ne pas contrarier les inconscients qui ont l’habitude de se garer n’importe où et n’importe comment, de façon gênante et souvent dangereuse, la mairie accepte de créer un foutoir sans nom au niveau de la circulation.

De la même manière, la réglementation de la circulation sur l’avenue Carnot sur la partie actuellement en travaux (entre Edouard Vaillant et Auguste Blanqui) est une aberration totale. La rue a été mise en double sens, mais en impasse (fermeture à l’angle d’Edouard Vaillant).

Or cette rue n’est pas prévue pour une circulation en double sens. Elle l’est d’autant moins qu’elle est défoncée ! La circulation, par le temps sec actuel, y soulève un nuage de poussière permanent et asphyxiant. Il ne fait pas bon être asthmatique dans le fief de Gilbert Roger. A ce demander s’il ne faut pas exiger la mise en place d’un suivi médical des riverains par un organisme indépendant !

En fait, la rue est largement transformée en parking sauvage et incontrôlé. La plupart des véhicules qui viennent soulever de la poussière n’appartiennent manifestement pas à des riverains. Par exemple, dimanche 8 en fin d’après-midi, sur 46 véhicules garés sur la partie en travaux de l’avenue Carnot, 16, soit plus du tiers, n’étaient même pas immatriculés dans le 93 !

Mais le maire n’a pas le courage d’interdire, ou au moins de réglementer sérieusement, la circulation durant les travaux.

Un service public dégradé

Si les poubelles sont trimballées tout le long de la rue pour être ramassée, il n’en va pas de même d’autres services publics. Ainsi, le ramassage des encombrants est purement et simplement supprimés pour les résidents de la partie en travaux. Le prétexte ? « Le camion ne peut pas passer ». Les tractopelles peuvent passer, mais pas le camion des encombrants ?

Et ce refus est maintenu même lorsque vous proposez d’aller déposer vos encombrants à l’angle de la rue, dans une zone « accessible » au camion de ramassage.

Une autre voirie est possible

Il ne s’agit pas de hurler avec les requins ultralibéraux et poujadistes de l’Association des contribuables bondynois. Par contre, il s’agit de dire que sur la méthode comme sur le fond, d’autres choix étaient possibles.

Sur la méthode, la concertation ne peut pas se résumer à une ou deux réunions d’information publique. Une information régulière aurait été possible et souhaitable. Des choix entre des alternatives auraient pu être proposées, qui auraient pu éviter le choix aberrant de la piste cyclable.

Pour quelqu’un qui prônait il n’y a pas si longtemps la « démocratie participative », Gilbert Roger ne donne pas trop l’exemple !

Informations supplémentaires