Urbanisme

70 hectares, mais la concertation ?

70 hectares, un simulacre de concertation

Par Xavier BLOT

Ce 10 octobre 2012 à 19h à la mairie de Bondy avait lieu une « concertation » sur le projet de la ZAC écoquartier du canal de l’Ourcq , espace Chauzy (trop petit, il fallait s’y attendre).

Avec Antoine Grumbach, architecte, Gérard Cosme, maire du Pré Saint-Gervais et accessoirement chocolatier (excellent paraît-il) et Sylvine Thomassin qu’on ne présente plus.



Première question d’un Bondynois depuis 20 ans sur les impôts locaux et le centre ville en travaux continuels depuis 10 ans.

Sur les travaux : la maire répondra en substance « une ville ça vit ». Elle sera beaucoup plus évasive sur la fiscalité locale… Rappelons que Bondy se classe 4ème sur les 100 villes de plus de 50 000 habitants selon le montant d’impôts locaux (magazine Capital de novembre 2011). Bondy sera-t-elle sur le podium cette année ?..

A mon tour. J’illustre le singulier concept de démocratie telle qu’elle est pratiquée à Est Ensemble en rappelant le hold-up commis sur la gestion de l’eau : aucune concertation, aucun débat. Bien au contraire puisqu’une cinquantaine de vigiles avaient été recrutés pour assurer le vote de notre communauté d’agglomération pour la multinationale Veolia.

Car la gauche d’Est Ensemble, qui truste 95% des sièges (!), vota contre toutes ses promesses d’un service public de l’eau. Passer en régie publique nous ferait pourtant économiser 200 à 300 € par foyer et par an, notamment.

Paradoxe : les agissements illégaux de ces vigiles zélés ont récemment permis de faire annuler ce vote par la justice. La paranoïa des édiles PS pressés de confier l’eau au géant Veolia nous accorde un sursis.

Mais maintenant ? Mme Thomassin, y aura-t-il cette fois un référendum local à Bondy sur la question de l’eau ?

Elle répondra par cette phrase qui surpasse les fameuses Raffarinades : «  Il n’y aura pas de référendum local sur l’eau car j’aurai trop peur que les Bondynois disent non à la régie publique même si je suis sûr qu’ils voteraient oui  ». A relire plusieurs fois…

Les projets sur papier glacé c’est bien beau mais comment être sûr que le résultat soit conforme ? Exemple du Millénaire à Aubervilliers : ouvert en 2010 dans un no man’s land de transports en communs le centre commercial prévu pour 18 millions de clients par an plafonne à 6 millions. Il était prévu un musée du cinéma, deux chaînes de télévision, un cinéma multiplexe MK2. Ils n’ont jamais vu le jour. La FNAC ferme dans deux jours après 17 mois de fréquentation insuffisante. Les milliers de salariés du site mettent des heures à rejoindre leur lieu de travail et maudissent matin et soir les responsables de ce fiasco.

Devant tant d’écarts, qu’est ce qui nous garantit que ce qu’on nous a montré ce soir ne suivra pas le même sort ? Réponse : aucune réponse.

En fin de réunion, Antoine Grumbach, l’architecte coordonnateur du Millénaire reconnaîtra amèrement ces difficultés et rejettera la faute sur les élus politiques locaux qui n’auraient tenu aucun de leurs engagements d’infrastructures de transports. On veut bien le croire…

Troisième question : ce projet présenté ce soir est-il soumis à la Commission Nationale du Débat Public ? Car l’exemple du projet CDG Express conçu par un GIE comprenant RFF, SNCF et ADP est révélateur. Le projet alternatif des associations de citoyens Vivre sans CDG Express et la FNAUT conçu à partir des données rendues publiques et des véritables débats où les responsables sont tenus de répondre aux questions avait surclassé celui des « experts ». Lire ici.

Preuve que lorsqu’on ne fait pas sembler de consulter les citoyens ça marche : ils participent et leurs propositions plus économiques et plus réalistes, même sur des sujets aussi techniques qu’une liaison ferroviaire. Alors pourquoi ne pas le faire pour un projet d’urbanisme et de transports ?

Il faudra relancer cette question, pourtant cette fois pas très polémique, « ce projet est-il soumis à la Commission Nationale du Débat Public ? » pour s’entendre répondre « non », sans aucune autre explication.

Enfin, comment qualifier la présentation de ce soir de « concertation » alors que le seul choix laissé aux habitants sera de voter, un jour, pour le nom du quartier ? Arnaque, simulacre, ersatz, placebo ou carrément provocation ?

Sylvine Thomassin évacuera mes autres questions de son habituel « encore une fois Bondy autrement montre qu’ils manquent de modération ».

Vous avez remarqué ? Les gens qui sont en retard sont de bien meilleure humeur que ceux qui ont dû les attendre.

Un Bondynois prendra la parole pour regretter le taux trop faible de 30 % de logements sociaux.

Il n’est pas difficile de deviner qu’il ne doit pas être le seul.... Mais est-il déjà trop tard pour augmenter ce taux ? Si tous les Bondynois viennent déposer ce souhait par écrit seront-ils entendus et le projet intégralement revu ? Pour quel coût ? Ne devrait-on pas commencer par là, avant de finaliser un projet ?

Ces questions ne seront même pas posées…

21h30 : merci d’être venus, la démocratie réelle est en marche.

Mme Thomassin introduit le débat en déclarant être venue entendre les Bondynois. Bien, encore faudrait-il les écouter… Elle annonce fièrement que la concertation se limitera, prochainement, au choix … du nom de ce nouveau quartier.

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