ICADE : réaction des personnels  

Les syndicats disent NON au dépeçage et au démantèlement d’ICADE qui doit rester dans le groupe Caisse des dépôts !

Communiqué à la presse 


C'est avec stupéfaction et inquiétude que les personnels d'ICADE ont appris, par la presse, la décision du Conseil d'administration de cette filiale "stratégique" du groupe Caisse des dépôts, d'engager la cession en bloc de  la totalité de son  patrimoine immobilier résidentiel, soit près de 35 000 logements. Celui-ci constitue plus de 40 % des actifs et l'essentiel de  "l'héritage" de l'ancienne Société de Construction Immobilière de la Caisse des dépôts (SCIC), créée à l'initiative de la CDC, pour permettre la construction rapide, sur ses fonds propres, de dizaines de milliers de logements à vocation sociale, en réponse à l'immense besoin d'alors , dénoncé notamment par l'abbé Pierre durant l'hiver 54.

Stupéfaction, parce que cette annonce n'a fait l'objet d'aucune information ni d'aucune concertation préalable des représentants du personnels et ce, alors même qu'un comité du groupe Caisse des dépôts où la situation d'ICADE a été longuement abordée, s'est tenu le 5 décembre dernier en présence d'Augustin de ROMANET (Directeur général de la CDC) et de Serge GRZYBOWSKI (Pdg d'ICADE). Stupéfaction parce qu'actuellement le comité d'entreprise d'ICADE est encore en phase d'information-consultation sur le projet de cession des activités d'administration de biens.

Inquiétude, parce que cette décision  du conseil d'administration d'ICADE, s'inscrit dans une série rapide d'évolutions  et de bouleversements dont il est difficile de cerner la cohérence et le sens stratégique : déconventionnement et multiplication des ventes en bloc ou à l'unité; introduction en bourse d'ICADE en 2006; transformation en société d'investissement immobilière cotée (SIIC) fin 2007; cession des activités de services et d'administration de biens (dont certaines ont été achetées il y a moins de 4 ans !!!)... Inquiétude également parce que cette cession précéderait le transfert de la totalité de la participation de la CDC dans ICADE (61%) dans la corbeille des apports constitutifs du fonds stratégique d'investissement (FSI), future société anonyme, filiale à 51 % de la CDC. Comment ne pas considérer que le produit de la vente de ce patrimoine est en fait destiné à fournir  les liquidités nécessaires au démarrage du FSI et qu'ensuite les arbitrages qui orienteront l'avenir d'ICADE échapperont  globalement aux règles de protection, de contrôle et d'intérêt public attachées au groupe public Caisse des dépôts et au législateur  sous l'autorité duquel   il est placé ? Inquiétude enfin bien sûr parce que cette vente pourrait menacer des centaines d'emplois supplémentaires (notamment tous ceux liés aux fonctions transversales non concernées par un éventuel transfert de type L122-12)  alors que la cession des activités d’administration de biens concerne déjà près de 1000 emplois. Que restera-t-il d’ ICADE après cette série de mutations alors même que l'activité de promotion immobilière (ICADE CAPRI) est également menacée par les conséquences de la crise financière et immobilière actuelle ?

 

Ces questions préoccupent solidairement l'ensemble des salariés du groupe public Caisse des dépôts et leurs organisations syndicales.

 

Nous ne considérons pas que cet avenir soit inéluctable et demandons à être associés à la définition de ces évolutions dont les motivations ne peuvent reposer sur les seuls intérêts des actionnaires, des dirigeants et du gouvernement, au mépris de ceux des locataires et des personnels. D'autres solutions adaptées aux objectifs d'intérêt public sont possibles, tant pour ICADE que pour la mise en place du FSI que pour le développement du parc de logements sociaux. En tout état de cause, une stratégie d'accompagnement social de ces mutations doit  être définie et négociée avec les représentants syndicaux à l'échelle d'ICADE comme à l'échelle du groupe Caisse des dépôts.

 

C'est pourquoi nos organisations ont demandé :

 

- la convocation d'un CMIC (comité de groupe Caisse des dépôts) extraordinaire sur cette question dès le début janvier.

- une rencontre avec la Commission de surveillance de la CDC ainsi qu'avec les Commissions des Finances des deux  Assemblées.

 

Les dirigeants et actionnaires d'ICADE tout comme  les dirigeants du groupe  CDC doivent savoir que les organisations syndicales du groupe ne laisseront pas les salariés d'ICADE, seuls face à ces mutations très préoccupantes et que toute tentative de « passage en force » sur ce dossier déclenchera de notre part un appel à une mobilisation massive dès le début janvier.

 

Paris, le 18 décembre 2008.

 

 

Contact : Jean Philippe GASPAROTTO  (tel 06 07 94 11 20)

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