Il y a 12 ans, des habitants de la clinique Michelet commençaient à solliciter de l'aide à l'extérieur face à leurs conditions d'habitat. 150 personnes vivaient à l'intérieur, enfants ou adultes. La moitié étaient sans-papiers.

Une résidente avait vu sa porte changée par le propriétaire pendant un week-end où elle était partie voir de la famille. Expulsion illégale. Elle a porté plainte. Pas de nouvelle depuis. Cela doit faire dix ans.

Ensuite, il y a eu ces réunions organisées par les résidents, ces délégués par étage, avec les débats, parfois la nuit, pour que tout le monde puissent y assister. L'envoyée du propriétaire a même voulu assister à l'une de ses réunions, et s'est fait jeter par l'assemblée.

Au début la mairie a tenté de jouer les voisins contre les résidents, cela semblait évident  : des Noirs dans un quartier pavillonnaire. Et l'action a permis de renverser la situation : les voisins se sont solidarisés avec les résidents et la mairie a... finalement soutenu les résidents. Il y a même eu une présidente éphémère de l'association des résidents que la mairie mettait en avant pour qu'elle serve « d'interface » avec les autres résidents, l'assemblée des résidents l'a vite remplacée : être bien vue par la mairie n'était pas une qualité.

Qui étaient ces résidents ? Sans doute vus comme des victimes dociles par le propriétaire et la mairie, ils avaient pour beaucoup une expérience politique ou associative, en particulier au Mali pour un certain nombre d'entre eux. Plusieurs étaient même capables de s'organiser mieux que la propriétaire ou sa gérante.

Le propriétaire, condamné comme marchand de sommeil, présente un profil assez surprenant : ancien médecin, ayant perdu l'habilitation pour sa clinique, il n'hésite pas à expliquer devant une caméra qu'il coupe l'électricité aux familles pour les contraindre à payer ; et il prétend agir par humanité. Un personnage qui vit à côté de la clinique et louait même une partie de son pavillon. Un mélange d'appât du gain maladif et d'inconscience.

 

Aujourd'hui, tous ont été régularisés et une partie est relogée ailleurs dans des conditions dignes. 12 ans de lutte continue, ça paie.

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