Manifestation pour obtenir l'ouverture de rendez-vous par les préfectures.

par Thalia Creac’h

À Aurillac, dans le Cantal, tout un Ehpad se mobilise pour empêcher l’expulsion de Ronaldo Mbumba. Cet assistant de vie dans l’établissement s’est vu refuser la prolongation de son titre de séjour par la préfecture du Cantal.

Il est aimé par tous les résidents de la maison de retraite dans laquelle il se forme. Lors du premier confinement, Ronaldo Mbumba s’était fait connaître sur les réseaux sociaux avec une vidéo le montrant en train de jouer sur son temps libre de la guitare pour les résidents de l’Ehpad de la Louvière, à Aurillac (Cantal), où il travaille. « Ronaldo est une personne que j’apprécie énormément, témoigne une des résidentes [1]. Il a en lui toutes les qualités nécessaires et indispensables au métier de soignant qu’il exerce auprès de nous. […] C’est impensable qu’il puisse nous quitter, il doit rester à Aurillac ! » Ronaldo est en effet sous le coup d’une menace d’expulsion vers la République démocratique du Congo, prévue le 15 mars. Le pays n’est pourtant pas considéré comme sûr par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui y relève « de nombreuses entraves à la liberté de réunion, de manifester et des incidents graves contre la société civile imputables aux autorités en place ».

Le jeune homme est arrivé en 2014 en France. Seul, sans papiers, il était alors âgé de seulement 15 ans. Aujourd’hui, il arrive presque au terme de sa formation d’accompagnant éducatif et social, un métier en sous-effectif. Il travaille en parallèle comme assistant de vie dans un Ehpad à Aurillac. Le jeune homme fait l’unanimité auprès de ses collègues, de ses amis et des résidents de l’établissement. Ces derniers ont créé un collectif pour contester la décision de son expulsion. Ils ont aussi lancé une pétition en ligne qui interpelle directement le préfet du Cantal et demande la régularisation du jeune employé.

« Je ne comprends pas la décision d’expulser quelqu’un qui essaie de travailler au milieu des personnes âgées »

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par Pierre Isnard-Dupuy

Ce 27 mai, sept militants solidaires des migrants passeront devant le tribunal de Grenoble. Dans les montagnes, malgré la répression quotidienne, la solidarité continue à s’organiser. Basta ! a accompagné des bénévoles de l’entraide.

Une voiture estampillée Médecins du monde gravit les lacets du col de Montgenèvre (1850 m), au-dessus de Briançon, à la tombée de la nuit. A bord, Camille, trentenaire et infirmière marseillaise. Depuis bientôt un an, elle participe aux « maraudes », deux weekends par mois. A l’instar de leurs homologues qui parcourent les rues des agglomérations pour aider sans abris et familles en quête de nourritures et d’un toit, ces maraudes en montagne visent à mettre à l’abri les exilés en difficulté, souvent perdus et parfois frigorifiés. La conductrice du véhicule ce soir-là est Tahnee. Scénariste de BD, elle a quitté Nantes pour s’installer à Briançon depuis le début de l’année, intéressée par la montagne et par la dynamique du territoire autour de l’exil. « J’ai rencontré plein de gens passionnants. Ce qu’il se passe ici est un cercle vertueux infini », se réjouit-elle. Ce cercle vertueux de la solidarité a pourtant une face sombre dans cette zone frontalière entre l’Italie et la France, de plus en plus militarisée.

Camille a découvert tout un monde de tensions, qu’elle ne soupçonnait pas. « Avant de venir ici, je croyais que la pression ne s’exerçait que sur les exilés », dit-elle. Comme les autres bénévoles, Camille et Tahnee subissent le harcèlement des gendarmes et des agents de la la police aux frontières (PAF). « Tout l’hiver ils ont mis des amendes à 135 euros pour non-respect du couvre-feu, pour des attestations dérogatoires soit disant non conformes », expose l’infirmière.

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Non à la fermeture invisible des voies de régularisation !

La dématérialisation est de plus en plus remise en cause par les tribunaux. Continuons le combat !

RASSEMBLEMENT VENDREDI 12 MARS A 14 H. (Devant la préfecture de police de Paris M° Cite)

A l'occasion de notre 4ème dépôt collectif de référés.

NOUS COMPTONS SUR VOUS !

Ligue des Droits de l'Homme - Réseau Education Sans Frontières 93

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