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L’unité médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy, prend en charge les victimes de violence. Son travail, à la qualité reconnue, est menacé par une restructuration hospitalière. La situation s’envenime entre la direction et l’unité, en grande souffrance.

 

Bondy (Seine-Saint-Denis).– Les locaux de l’unité médico-judiciaire (UMJ) de l’hôpital Jean-Verdier tiennent dans moins de 100 mètres carrés : un étroit couloir dessert l’accueil, où se serrent deux agents à toute heure du jour et de la nuit, week-end compris, puis cinq salles de consultation. Les médecins, les infirmières et les psychologues de l’unité y reçoivent les victimes de violence, une majorité de femmes et d’enfants.

Quatre salles de consultation sur cinq n’ont pas de fenêtres, les peintures sont usées, mais il y a aux murs de jolis tableaux, une petite table où les enfants peuvent dessiner, lire, jouer. Pendant les fêtes, il y avait un sapin posé là où le couloir s’élargit un peu, et, au pied de l’arbre, de petits cadeaux pour les enfants, des guirlandes et des boules aux portes et aux fenêtres qui ne donnent sur rien.

« Les personnes que l’on reçoit ici ont vécu des choses inimaginables. Parfois, on a l’impression de bien les prendre en charge, d’autres fois, on se dit qu’ils ne se relèveront jamais », dit une infirmière. « Travailler ici a bouleversé ma vie. On est face à des situations dramatiques, inimaginables, un concentré de violence. On ne peut pas s’empêcher de se projeter. Je vis désormais dans un stress chronique, pour mes proches, pour moi-même », renchérit une agente d’accueil.

À l’exception du professeur de médecine légale Patrick Chariot, chef de cette unité menacée par une restructuration hospitalière, les huit membres de ce service qui ont témoigné pour cette enquête ont réclamé l’anonymat. Tous, sans exception, craignent des sanctions individuelles, en plus de leurs difficultés collectives.

Ils décrivent, unanimes, le « mépris total » de leur travail de la part de la direction de l’hôpital, qui cherche même à « l’abîmer », le « dégrader ». « On croule sous le travail, et on doit se battre pour continuer à le faire correctement. On est malmenés », dit par exemple un psychologue. Le professeur Patrick Chariot dénonce, lui, « une maltraitance institutionnelle de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris [AP-HP – ndlr] depuis plus d’un an ». L’hôpital Jean-Verdier appartient en effet à ce groupe de trente-neuf hôpitaux, le plus grand de France.

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