L'état d'urgence :

Inefficace et dangereux

 

L'état d'urgence a été adopté immédiatement après les attentats du 13 novembre 2015.

Il permet aux préfets et à la police d'agir sans l'autorité du juge judiciaire, qui est le garant des libertés individuelles. Sous le choc à l'époque, peu ont émis des doutes.

Il est temps de réfléchir aux conséquences de cette nouvelle politique gouvernementale.

 

L'état d'urgence est inefficace

 

Les moyens d'agir existaient déjà

 

En matière de lutte antiterroriste, les lois sécuritaires se sont multipliées et donnent aux juges et aux policiers des pouvoirs d'enquête et d'intervention très importants (perquisitions, gardes à vue prolongées, écoutes, etc.). L'infraction d'  «association de malfaiteurs en vue d'entreprise terroriste» permet déjà d'agir en amont, avant tout passage à l'acte. La preuve : l'intervention de Saint-Denis s'est faite à l'initiative d'un juge et non dans le cadre de l'état d'urgence. A quoi sert l’état d’urgence ?

Pratiques arbitraires,

dérives sécuritaires

Les 3 000 perquisitions et 400 assignations réalisées en 3 mois n'ont mis en évidence que 25 infractions liées au terrorisme et n'ont donné lieu qu'à une seule mise en examen  ! Mais on ne compte plus les portes défoncées, les appartements détériorés, les familles et voisins traumatisés, les personnes empêchées de travailler pendant des semaines...

Tous ceux qui ont été perquisitionnés à tort peuvent en témoigner, comme les écologistes assignés à résidence pendant la COP21 à cause de l'état d'urgence, les 300 manifestants arrêtés, pour la plupart des militants du Droit au logement ou des syndicats...

Ils ne sont ni terroristes, ni djihadistes, mais ce sont bien eux qui ont été visés.

 

L'état d'urgence est dangereux

 

 

Et demain,

à qui le tour  ?

 

Si l'on se rassemble en soutien aux Kurdes, la manifestation est interdite ; en soutien aux salariés de Goodyear qui veulent garder leur emploi, la manifestation est interdite ; en soutien aux demandeurs de logements, la manifestation est interdite. Le gouvernement profite de la panique pour faire taire toute contestation. Ça n'empêchera aucun attentat, mais ça fait reculer les droits de tous les citoyens. Et cela donne des gages aux terroristes qui veulent affaiblir la démocratie.

La démocratie

mise entre parenthèses  ?

 

L'état d'urgence met à mal la séparation des pouvoirs et amoindrit le contrôle des juges et du parlement. La déchéance de nationalité, sans efficacité sur des terroristes suicidaires, remet en cause l'égalité entre les citoyens et stigmatise une partie de la population. Les libertés de réunion, de manifestation sont menacées.

Ces dispositions sont inspirées de l’extrême droite et on voit trop bien comment elles pourraient être utilisées demain par un pouvoir autoritaire.

 

 

 

 

Que faire face au terrorisme  ?

 

L'arrestation des coupables demande des enquêteurs spécialisés, un travail de terrain, pas un couvre-feu général. Mais la réponse sécuritaire ne peut suffire : il faut agir sur l’état de notre société.

 

 

Répondre

à l'urgence sociale

 

L'état d'urgence ne sera d'aucune utilité face au désespoir social. Pour couper l'herbe sous les pieds des recruteurs djihadistes, il faut une société où chacun puisse être reconnu et respecté  : de l'école à l'entreprise, dans sa ville et en France, où les droits au logement, à la santé et à l'éducation soient assurés. Ce sont les vraies urgences à résoudre pour éviter que de jeunes Français aillent mourir en Syrie ou chez nous.

 

Et à notre niveau,

que pouvons-nous faire  ?

 

Il nous faut retisser du lien social alors que la société exclut et divise.

Il nous faut aussi nous défendre ensemble, défendre nos droits et nos libertés, le droit de manifester, de revendiquer des améliorations.

Il nous faut agir au quotidien et redonner du sens à la démocratie  : nous occuper des choix qui sont pris sans nous, en notre nom.

 

Pour cela nous vous appelons à un débat

le vendredi 11 mars 2016 à 19h, avec

 

 

Patrick Henriot

 

Syndicat de la Magistrature

 

Mohamed Ben Saïd

FTCR (Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)

Dominique Noguères

Avocate, membre du Comité central de la Ligue des droits de l’Homme

 

Ecole La Noue Caillet

31 rue Jean Moulin à Bondy

 

 

Observatoire local de l'état d'urgence, pour la défense des droits et libertés

L'observatoire rassemble des citoyens et des organisations : Alternative Libertaire, Amicale CNL des locataires LBM de la Noue (Bondy Nord), Bondy autrement, Collectif des demandeurs de logements, Europe Ecologie Les Verts, Ligue des Droits de l'Homme, Parti Communiste Français, Union nationale lycéenne.

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