Cinquante personnes étaient présentes au débat organisé par l'Observatoire de l'état d'urgence, où se trouve Bondy autrement, le 11 mars 2016.

 

Patrick Henriot (Syndicat de la Magistrature) rappelle les caractéristiques de l'état d'urgence :

- Le ministre de l'intérieur et les préfets peuvent commander des perquisitions, des assignations à résidence, des zones de couvre-feu, des fermetures de salles de spectacle et de salles de réunions, les blocages de site internet.

- Les critères pour appliquer ces mesures sont extrêmement flous (il suffit que ça « laisse penser » à une menace pour prendre la décision).

- Les seuls contrôles de ces mesures par les juges se fait après-coup, et sur la base de « notes blanches » qui peuvent être anonymes, sans preuve.

 

Quelle est l'utilité de l'état d'urgence ? 3 497 perquisitions... ont donné lieu à l'ouverture de 5 procédures ! Et l'on ne sait même pas si ces procédures prouveront un délit.

 

L'état d'urgence a d'abord servi à faire de l’esbroufe.

 

On imagine ce que ces lois produiraient dans d'autres mains, comme celles du FN s'il accédait au pouvoir.

 

Mohamed Ben Saïd, de la Fédération Tunisienne pour une Citoyenneté des Deux rives, explique à quel point la déchéance de nationalité est dangereuse : même si elle ne passe pas, elle salit des millions de personnes, elle accuse indirectement tous les musulmans ou les maghrébins. Il n'y a que les collectifs, comme celui de Bondy, qui peuvent faire le travail pour une société de fraternité et d'égalité.

 

Dominique Noguères, avocate de la Ligue des Droits de l'Homme : Les lois liberticides se développent depuis une trentaine d'années, mais chacun ne se sent pas forcément victime parce que ces lois touchent surtout certaines personnes : les habitants des quartiers populaires par exemple. On a entendu en Corse des cris comme « les Arabes dehors », ces vieux démons qui ressurgissent sont malheureusement poussés par les plus hautes autorités de l'Etat.

 

Pourquoi le gouvernement veut-il aller aussi loin sur le sécuritaire ?

Il y a un phénomène de boule de neige, le gouvernement nourrit l'opinion qui demande plus de sécuritaire, et le gouvernement en rajoute, ce qui nourrit une nouvelle demande de lois sécuritaires. S'il ne propose une société de liens sociaux, de services publics, le gouvernement n'a plus que la voie du sécuritaire et de la répression. C'est le choix politique qui est fait actuellement. Il y a une fuite en avant parce qu'il refuse de répondre aux problèmes sociaux, comme il le montre avec sa loi El Khomri contre les salariés.

 

 

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