par Rachel Knaebel

Depuis son putsch, l’armée birmane continue de réprimer violemment la population qui se mobilise pour la démocratie. Des entreprises étrangères ont quitté le pays pour ne pas collaborer avec la junte. Pas Total, qui y exploite du gaz.

L’entreprise française Total vient d’annoncer qu’elle va suspendre son vaste projet gazier au large du Mozambique, dans le sud-est de l’Afrique. Raison invoquée : la menace de groupes armés. Début avril, la province de Cabo, où Total exploite un site gazier, a été la cible d’une attaque revendiquée par l’organisation État islamique. « Cette situation conduit Total, en tant qu’opérateur du projet Mozambique LNG, à déclarer la force majeure », a indiqué l’entreprise française dans un communiqué, avant d’annoncer le retrait de l’ensemble du personnel du projet mozambicain [1].

Il y a deux mois, Total n’a pas déclaré la « force majeure » pour ses activités en Birmanie après le coup d’État militaire du 1er février. La junte birmane a repris le pouvoir du jour au lendemain, l’état d’urgence a été déclaré pour un an, et la dirigeante et ex-opposante Aung San Suu Kyi a été arrêtée, un peu plus de dix ans après sa libération, en 2010, qui avait marqué l’ouverture vers la démocratisation. Depuis ce nouveau coup d’État militaire, les manifestations de la population birmane pour la démocratie sont réprimées au quotidien, des centaines de personnes ont été tuées.

Interpellée par des ONG françaises et internationales, le PDG de Total a confirmé que le groupe restera en Birmanie redevenue une dictature militaire et y poursuivra sa production de gaz, même s’il y suspend ses forages. « Nous continuons de produire du gaz. Non pas pour maintenir nos profits ni pour continuer à verser des taxes ou impôts à la junte militaire. Mais pour garantir la sécurité de nos personnels, employés et responsables, leur éviter la prison ou le travail forcé, et surtout éviter d’aggraver encore les conditions de vie de ces populations en coupant l’électricité de millions de personnes », a justifié le PDG Patrick Pouyanné dans le Journal du Dimanche.

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