Une réunion avec des parents d'élèves pour réfléchir à l'école. Intéressant ! Nous reproduisons cet article du site Expression93.fr. (pour voir l'original, cliquez sur le lien suivant : http://www.expression93.fr/spip.php?article362). Précisons que cela n'a pas eu lieu à Bondy, mais à Pantin. De quoi réfléchir au débat du mardi 17 juin sur le thème de l'école...

 

Le 4 juin, à Pantin, j’ai assisté à une drôle de réunion.

L’Education Nationale du 93, qui s’appelle désormais du nom barbare de DSDEN, et la mairie de Pantin, invitaient les parents d’élèves de Pantin à réfléchir à l’école. Les ateliers avaient lieu au Théâtre du fil de l’eau.

C’était une drôle de réunion parce que les mairies et l’éducation nationale sont bien rarement intéressées à entendre les usagers et surtout à tenir compte de leur avis.

 

Du coup, en arrivant, ça m’a fait bizarre, parce que ce n’était pas une conférence mais des ateliers où il fallait s’inscrire. Je n’allais pas écouter en m’endormant au fond, il faudrait que je cause, comme tout le monde.

Ca m’a rappelé les réunions d’une liste citoyenne aux municipales qui sollicitait la réflexion des habitants pour élaborer son programme. Un truc de dingue : tu viens pour assister au spectacle et tu deviens acteur.

La tenue de ces ateliers n’était pas décevante. Parce qu’on en a connu des fausses réunions où on vous demande votre avis pour rien. Mais non. J’étais à celui qui s’intitulait « Je souhaite accompagner mon enfant dans sa scolarité ». Le principal du collège Jean Jaurès, Pascal Fourestier, était attentif, il essayait vraiment de comprendre les parents, de répondre quand c’était des questions, et d’en tirer des propositions quand ça pouvait l’être. Il respectait même les silences, parce que les idées demandent parfois du temps pour sortir.

L’école retrouvait le sens de la belle expression de service au public.

Et ça marche ? Plutôt. Par exemple, l’idée que les parents puissent assister à l’aide aux devoirs, pour faire entrer les parents à l’école, ceux qui le peuvent, ce serait déjà plus que les seuls parents sur-investis membres de la FCPE. Et l’idée aussi que la communication avec l’école se fasse par des réunions pour se rencontrer, plutôt que par des mots collés dans le carnet. Instructif aussi d’entendre ces parents qui aimeraient pouvoir suivre les devoirs de leur enfant sur internet mais comprennent que les professeurs n’ont pas le temps de remplir ces cahiers de textes électroniques. Révélateur aussi quand les parents expliquent qu’ils attendent de l’école que leur enfant sortent en ayant compris... L’école, ou plutôt le collège, n’imaginent-ils pas que ce qui n’est pas compris en classe peut être achevé à la maison ? Mais quand les parents ne sont pas enseignants, comment l’élève s’améliorera-t-il ?

Tout l’enjeu de cette réunion est évidemment dans la suite réservée aux propositions issues des ateliers : associer dans l’école personnels et usagers est une condition à la réussite de tous, mais de nombreuses déceptions sont nées des « concertations » passées où les uns réfléchissaient tandis que les autres décidaient... C’est ce qu’on a pu connaître sur l’éducation prioritaire où les enseignants ont fait beaucoup de propositions, notamment sur les moyens, et où le rectorat mettait systématiquement en avant les revendications qui allaient dans le sens du pré-projet du ministère...

Nous sommes si habitués à être traités en sujets que la simple existence de cette initiative montre déjà une alternative !

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