Près de 3000 personnes ont rallié le rassemblement d’opposition aux méga-bassines ce week-end en Poitou-Charentes, ainsi que 500 « pro-bassines ». Si les premiers ont dû contourner des zones interdites par le préfet, les seconds ont pu y accéder.

 

Ya-t-il eu un passe-droit de l’État ce week-end pour des agriculteurs manifestant dans le Marais poitevin en vue de contrer un rassemblement d’opposants à des projets de méga-bassines ? Réunis à l’appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA), ces manifestants ont pu accéder au chantier d’une retenue d’eau géante sans heurts avec les forces de l’ordre. Le site était pourtant situé au cœur des zones interdites par le préfet dans un arrêté publié deux jours plus tôt.

 

Zones interdites par la préfecture

Prévue depuis plusieurs semaines à Mauzé-sur-le-Mignon dans les Deux-Sèvres, une manifestation d’opposants aux méga-bassines - ces réservoirs d’eau géants destinés à irriguer les grandes cultures, maïs en tête (lire notre reportage) - a dû changer de trajectoire au dernier moment. « On s’est entretenus avec la préfecture le mercredi 3 novembre, explique Julien Le Guet, porte-parole de Bassines Non Merci [1]. Ils ne voulaient pas que l’on s’approche du chantier. Le lendemain, on a proposé un tracé alternatif à celui prévu, en restant à distance de la bassine. Mais en fin d’après midi la préfecture a publié un arrêté annonçant que la zone pressentie serait interdite d’accès. »

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Raisons de ces interdictions : la crainte de « graves troubles à l’ordre public » ; et notamment d’ « affrontements entre les parties opposées ». Car entre-temps, la FNSEA a fait savoir qu’elle comptait venir sur le chantier de la bassine de Mauzé pour empêcher toute tentative d’intrusion. « Le 6 novembre prochain, les "anti-tout" ont pour ambition de stopper à nouveau le chantier de la réserve de Mauzé-sur-le-Mignon. Il est hors de question que le travail de concertation effectué par les parties prenantes pour la construction d’un vrai projet de territoire soit anéanti par une minorité d’ayatollah, peut-on lire sur l’appel publié mercredi 3 novembre par le syndicat agricole. Cette mobilisation est bien plus qu’une simple mobilisation départementale, c’est un enjeu national. Ces projets prometteurs doivent pouvoir voir le jour sur le sol français. »

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