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Un contrat de fourniture en eau potable devrait bientôt être signé entre Eau de Paris et le territoire de Seine-Saint-Denis, définitivement sorti du Sedif le 1er janvier 2021. Un soulagement pour Est Ensemble, encore en pleines négociations avec le Sedif sur ses modalités de sortie du syndicat.

 

Entre 50 000 et 80 000 m³ par jour : tel est le volume maximal d’eau potable qu’Eau de Paris devrait s’engager à fournir, à terme, au territoire d’Est Ensemble, soit la quasi-totalité des besoins de ce territoire. La mise en place d’un partenariat sur la gestion publique de l’eau potable fait en effet partie intégrante de la convention de coopération qui a été, cette semaine, votée tout à la fois par le
conseil territorial d’Est Ensemble et par le Conseil de Paris.

Le sujet est l’un des quatre points du deuxième chapitre de la convention, intitulé « Agir face à l’urgence climatique et environnementale ». Les deux territoires s’y engagent à partager leur expertise sur la gestion publique de l’eau, à étudier les mutualisations possibles, mais aussi à coopérer pour mettre en place le futur service public de l’eau du Territoire séquano-dionysien. « Nous avons repris en régie publique la gestion de l’eau potable il y a désormais une dizaine d’années, et nous sommes engagés à partager notre expérience sur les avantages, mais aussi les difficultés du retour en gestion publique avec toutes les collectivités qui le souhaitent », commente Dan Lert, président d’Eau de Paris.

Le partenariat avec Est Ensemble ira toutefois encore plus loin puisque les deux partenaires envisagent de signer, dès la fin 2021, un contrat de vente en gros d’eau potable produite par la régie publique de la ville de Paris, Eau de Paris, et dont bénéficierait Est Ensemble.

L’usine d’eau de Pantin, actuellement propriété du Sedif, devrait rentrer dans le patrimoine d’Est Ensemble. © DR

Le volume journalier maximal que pourrait fournir Eau de Paris pourrait être compris, en fonction des périodes, entre 50 000 m3/j et 80 000 m3/j en moyenne, soit entre 18 et 29 millions de m³ par an, alors que la consommation actuelle d’Est Ensemble atteint environ 22 à 23 millions de m³ chaque année. « Cet accord permet d’anticiper la croissance démographique prévisible de notre territoire », commente Jean-Claude Oliva, vice-président d’Est Ensemble en charge de l’eau et de l’assainissement.

Son établissement public territorial s’engage en contrepartie à acheter au minimum 2 millions de m³ par an à la régie parisienne. Le président de cette dernière l’assure : cet accord ne mettra nullement en danger la sécurité d’approvisionnement des Parisiens. « Nous pouvons produire, en pointe, jusqu’à environ 750 000 m3 pour jour, quand la consommation moyenne de Paris atteint 500 000 m3/jour », détaille Dan Lert. Les volumes promis à Est Ensemble ne représentent donc qu’une dizaine de pourcent de la production de la régie.

Une diversification des approvisionnements

Le prix de vente en gros reste à préciser, mais il serait, assure Est Ensemble, sensiblement inférieur à celui facturé par le Sedif. Le territoire séquano-dionysien n’entend cependant pas rompre les ponts avec son ancien syndicat. En effet, l’approvisionnement en provenance d’Eau de Paris pourra fluctuer selon les besoins, et les travaux de maintenance, de cette dernière. « Nous fournirons sans doute à Est Ensemble à peu près la moitié de sa consommation », précise Dan Lert. Il faut, en outre, réaliser des travaux pour permettre aux deux réseaux d’eau de communiquer.

Dès 2024, environ 30 000 m3/jour pourront être injectés sur le réseau d’eau d’Est Ensemble par le biais de l’interconnexion de secours entre Eau de Paris et le Sedif qui se trouve à Bagnolet. Pour obtenir les dizaines de milliers de m³ restants, des travaux seront nécessaires, qui devraient être achevés à la fin de la décennie.

Outre les fournitures d’eau potable venant d’Eau de Paris et du Sedif, Est Ensemble sera également approvisionné par l’usine de Pantin, qui produit environ 1,5 million de m³ par an. Cette dernière appartient aujourd’hui au syndicat des Eaux d’Ile-de-France, mais devrait être rétrocédée au territoire dans le cadre du protocole de
sortie que négocient actuellement les deux parties.

Un accord avec le Sedif en cours de finalisation

Un accord global de partage semble en effet être en cours de finalisation entre le Sedif et l’EPT : outre l’usine de Pantin, Est Ensemble hériterait des canalisations de transport et de distribution se trouvant sur son territoire, ainsi que des deux réservoirs de 45 000 m³ situés à Montreuil, le Sedif conservant celui de 90 000 m³. La façon dont ces infrastructures, aujourd’hui connectées, seraient à l’avenir gérées doit par ailleurs être précisée.

Reste à voir si les derniers détails seront finalisés avant le conseil territorial d’Est Ensemble le 14 décembre et le comité du Sedif le 16 décembre 2021.

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