par Nolwenn Weiler

Après Fukushima, EDF a décidé de construire des moteurs diesel « d’ultime secours » pour parer au pire scénario catastrophe au sein d’un réacteur nucléaire. Mais les incidents et problèmes techniques s’accumulent.

Les « diesels d’ultime secours », dont la construction vient d’être achevée dans les 18 centrales nucléaires françaises, seront-ils à la hauteur en cas de catastrophe ? Certains salariés du secteur en doutent, à cause des nombreux déboires techniques rencontrés au cours du chantier ; et parce que la mise en route de ces systèmes risque d’être longue et fastidieuse.

Dotés de réserves de plusieurs milliers de litres de carburant, les « diesels d’ultime secours » (DUS) doivent alimenter en électricité les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires en cas de panne généralisée. Leur construction a été décidée au lendemain de l’accident de Fukushima où les cœurs des réacteurs, non refroidis, avaient fini par fondre, entraînant une libération massive de radioactivité et l’évacuation de 160 000 personnes dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Les systèmes de refroidissement de secours des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima, qui s’étaient mis en route suite au séisme, ont été endommagés par le tsunami qui a submergé la centrale. La coupure de courant généralisée qui a suivi a entraîné l’arrêt de l’éclairage, et la perte des instruments de commande. Les trois réacteurs sont ensuite entrés en fusion et ont percé leurs cuves de protection. Ils sont, aujourd’hui encore, inaccessibles.

Des problèmes sur le dimensionnement des plots antiséismes

Pour pallier ce risque de perte totale des systèmes de refroidissement, les 56 DUS – un par réacteur – sont installés dans des bâtiments de 300 m² et de 25 mètres de hauteur (l’équivalent d’un immeuble de sept étages), eux-mêmes posés sur des plots parasismiques. Ces structures sont censées résister à des situations extrêmes (séisme, inondation, tornade). « Il y a eu des soucis sur le dimensionnement de ces plots parasismiques, confie un ingénieur EDF souhaitant conserver l’anonymat. Le collègue qui a fait les calculs n’avait pas de connaissances en sismologie. Il a procédé comme si les sols étaient tous les mêmes sur le territoire. Il y a au moins une dizaine de bâtiments qui ont du être revus. À chaque fois, il faut soulever le bâtiment avec des vérins, casser les plots, et les refaire. » De menus travaux qui ont dû alourdir la note – déjà élevée – du chantier DUS, évalué à un milliard d’euros, soit 17 millions par groupe électrogène et leur bâtiment de protection.

Lire la suite en cliquant ICI.

Informations supplémentaires